vendredi 31 octobre 2014

Citrouille et sorcière

Lors de notre dernier atelier d'écriture, nous avons suivi une consigne très simple : écrire un court texte à partir de deux images tirées au sort ( un coucher de soleil et une jeune guitariste un peu gothique, pour moi) et insérer les mots "citrouille" et "sorcière", puisque c'est de saison !

Voici :

Le soleil se couchait sur un décor de rêve, baignant la plage de sable fin d’une lumière rouge orangé qui donnait à toutes choses une autre dimension, quasi féerique.
Assise sur le parapet, Julie arborait un air morne, comme toujours depuis plusieurs mois déjà. L’adolescence est un moment difficile à vivre, pour les parents !

« N’est-ce pas magnifique ? » demandai-je, pour meubler le silence autant que pour tenter une amorce de dialogue.

« Tu parles ! On croirait qu’on va se noyer dans une soupe à la citrouille ! » répliqua-t-elle.

« Hé bien ma vieille », pensai-je, « pour la minute poétique, tu repasseras ! »

Du coin de l’œil, je détaillais la tenue de ma fille, toute de noir vêtue, comme la plupart de ses copines. Dire qu’il avait été question de rétablir l’uniforme, dans son lycée, et que ça avait été un tollé général ! Quand je les regarde sortir, j’ai toujours un moment d’hésitation avant de reconnaître ma progéniture : même maquillage outrancier, mêmes cheveux embrouillés, et des clous un peu partout… Et quand tout ce petit monde se retrouve dans le garage pour faire chauffer les guitares, j’ai l’impression d’être conviée à un sabbat de sorcières !



lundi 27 octobre 2014

Les rêveries d'une mouche solitaire

Même si les Anthologie Ephémères gèrent parfaitement le planning du mariage qui doit faire de nombreux heureux, on ne peut pas empêcher Bztt de se faire du souci...


     Il faisait beau, et chaud, aujourd’hui… Un temps de curé, comme on dit par ici ! On aurait pu entendre voler une mouche, moi !… Oui, on aurait pu, à condition de faire taire toutes les tondeuses du voisinages qui n’en croyaient pas leurs roues de sortir ainsi, dans l’herbe sèche, si près de la Toussaint !
     Moi, ça m’a filé le bourdon (oui, j’ai parfois la grosse tête). Je suis partie à tire-d’aile vers la campagne, pour réfléchir au calme à tout ce qui aurait pu échapper aux uns et aux autres dans l’organisation (soit dit entre nous, assez anarchique) du mariage de Marie avec Clément. Comme je le faisais comprendre à  Lentille Rose, quand nous avons fait connaissance, je ne pense bien que posée.
     J’ai donc cherché le coin idoine (ça vous épate pas, une mouche qui a du vocabulaire ?), et près d’un petit ruisseau qui paressait entre les herbes folles, j’ai trouvé… j’ai trouvé… C’est tellement beau que j’en perds mes mots… Ceci : 
 

 
     J’en suis restée trompe-bée ! Je venais de trouver la plus magnifique des ombelles, éclatante de blancheur sous ce doux soleil d’automne, et une évidence s’est imposée : cette fleur, c’était l’exacte réplique (ou peut-être était-ce  le contraire, peu importe) de la guipure que Marie avait un temps envisagée pour le corsage de sa robe de mariée ! Bien sûr, elle n’avait pas encore arrêté son choix, ou alors on me cachait des informations, mais je réalisais là que c’était exactement ce qui lui convenait ! Il allait falloir que je m’arrange (comment ?) pour qu’elle vienne se promener par ici avec sa couturière, et pourquoi pas aussi avec Blanche, la fleuriste ? Un bouquet d’ombelles, voilà qui serait aussi inattendu que splendide ! D’autant plus que certaines, à côté, sont légèrement ourlées de rose, alors que d’autres ont encore un peu de vert, si tendre… Et peut-être que Mademoiselle Lentille Rose, qui doit couvrir la cérémonie, trouvera ça époustouflant, et qu’elle réalisera ce jour-là un de ses plus beaux clichés… Enfin, si elle n’oublie pas son matériel !
     Je vois d’ici la tête de M’ameÉglantine ! Et je l’entends, surtout : « Ça veut faire les fiers, et ça peut même pas payer des fleurs ! » Dans le fond, je la plains, la Pisse-Vinaigre, elle a oublié ce qui fait la poésie de la vie.
     Je suis si excitée que j’en vole en zigzag, fais trois loopings et un piqué, et stoppe net, battant désespérément des ailes pour rester en point fixe : y aura-t-il encore de fraîches ombelles, à la date du mariage ?

dimanche 26 octobre 2014

Attente

Voici quelques mots commis lors de nos élucubrations écrites bimensuelles... Une petite histoire en trois paragraphes rythmés par : "j'attends, tu attends, il ou elle attend"... Pour pimenter le jeu, il fallait d'abord une savate, puis du dentifrice, et enfin un alligator ! Rien de plus normal.


J’attends. J’attends et je commence à m’énerver ! Je devrais pourtant avoir l’habitude, mais je ne m’y fais pas…
Assise devant mon assiette, j’ai envie d’abattre mon poing sur le cône de toile blanche et amidonnée de la serviette. J’ai déjà émietté deux tranches de pain et bu un apéritif que je me suis sentie obligée de commander, après que le serveur m’ait demandé à trois reprises si je désirais consulter le menu… J’attends et l’heure tourne, déjà des tables se libèrent… Je sais que tu finiras par arriver. Je ma distrais en regardant deux gamins disputer une partie de savate, sur le trottoir d’en face ; ils ont provoqué un petit attroupement.
 
Tu attends sans doute qu’une voiture rouge passe, ou qu’une goutte d’eau se décide à lâcher le bec du robinet de la cuisine, que le voisin du dessus éternue, qu’il n’y ait plus une once de dentifrice dans le tube, ou que sais-je encore ?! Tu as le chic pour te lancer des défis aussi idiots qu’improbables, et puis tu viens me les raconter, toute rose d’excitation, sans même te rendre compte de l’énervement que tu provoques ! Toute petite, déjà, il fallait toujours attendre quelque chose avant que tu te décides à faire ce qu’on attendait de toi… Tocs disaient certains, lubies répondaient d’autres qui te qualifiaient de « farfelue ». Ah, petite sœur, faut-il t’aimer pour te supporter !
 
Il attend toujours, debout au fond de la salle, le serveur… Imperturbable, paupières mi-closes dans un visage ridé et buriné, il me fait penser à ces alligators qui restent à fleur d’eau pour guetter leur proie, immobiles. Il semble statufié. Et moi je me trémousse de plus en plus sur ma chaise. L’envie de me lever et de partir est de plus en plus forte. Je crois que je vais craquer… Je craque !
Et juste au moment où je recule mon siège, l’alligator s’anime, son regard vise la porte tandis qu’un sourire commercial étire sa grande bouche : Charlotte arrive enfin et s’écroule sur la banquette en face de moi en rigolant. « Devine, dit-elle, je m’étais dit que je sortirai de l’immeuble quand j’aurai vu passer trois chiens, et ils viennent d’arriver tous ensemble, avec une promeneuse !... Bon ! On mange quoi ? »


 

samedi 25 octobre 2014

Carte d'amitié

Elle est en route pour le Midi. J'espère qu'elle n'aura pas emporté d'humidité bretonne dans son enveloppe !


Une carte toute simple, pour aider une amie à souffler une nouvelle bougie...

- pochoir, tampon Kippers Creatif
- dies Sizzix et Tim Holtz pour Kippers
- Mist "gold" et poudre à embosser Artemio.

mercredi 15 octobre 2014

Si j'étais riche Marocain

Voilà, je l'ai retrouvé, cet autre texte surgi de mon enfance... Il fallait juste prendre le temps de feuilleter cette merveilleuse (et dangereuse...) encyclopédie qu'est la toile !
Il est du (des) même(s) auteur(s) que le précédent, et il dit ce que j'aurais voulu dire à l'une de ces bêtes que je rêverais d'avoir. Comment résister à leur regard ?...



"Ane charmant, toujours déçu, toujours frappé, toujours meurtri, et pourtant si résigné, si gracieux dans son martyre !...


 ... Si j'étais riche Marocain, je vou­drais avoir un âne, mais un âne pour ne rien faire, un âne qui n'irait pas au marché, un âne qui ne tournerait pas la noria, un âne qui ne connaîtrait pas la lourdeur des couffins chargés de bois, de chaux, de légumes ou de moellons; un âne que j'aban­donnerais à son caprice, à ses plaisirs, sultan la nuit d'une belle écurie, sultan le jour d'un beau pré vert; un âne enfin pour réparer en lui tout le malheur qui pèse sur les baudets d'Islam et pour qu'on puisse dire : « II y a quelque part, au Maroc, un âne qui n'est pas malheureux...»"

 

jeudi 9 octobre 2014

Souvenir, souvenirs

Je scrapais, cet après-midi, des photos de mon récent voyage au Maroc, quand l'une d'elle a fait surgir un très vieux et très doux souvenir : celui de Maman me récitant deux poèmes appris dans son enfance... Il y avait "L'âne marocain", mais surtout "Les cigognes". Et elle avait soin de toujours terminer par le nom des auteurs. Oui, car ils étaient deux pour un : Jean et Jérôme Tharaud. C'étaient des poèmes de circonstance, pour nous qui vivions "là-bas" ! Je ne sais pas pourquoi le second, surtout, m'a marquée au point que je le connaissais par cœur, du haut de mes six ans... Et puis, tout doucement, ces mots sont partis se cacher dans quelque recoin obscur de ma mémoire.
 
Pourquoi sont-ils revenus seulement aujourd'hui, simplement en voyant une image, alors qu'à l'instant précis où je prenais ces photos, je ne revoyais que la petite fille que j'étais, qui ne savait pas, à l'époque, que quelque part en France il y avait des villes qui ressemblaient étrangement à celle-ci, Ifrane, où j'ai découvert que la neige existait bel et bien !


Pour mettre des liens avec ce poème ici, aujourd'hui, je me suis penchée sur mon miroir magique, et j'ai découvert que ce qu'on avait fait apprendre à ma maman n'était que le début d'un chapitre d'un livre écrit par ces messieurs : " Rabat ou les heures marocaines" ! Surprise ! J'ai aussi appris des choses pas très sympathiques sur les auteurs, mais qu'importe... Mon souvenir est le plus fort !
 
"Je croyais qu'il n'y en avait qu'en Alsace ! Et je les trouve tout le long de cette côte marocaine, immobiles sur leurs longues pattes, avec leurs plumes blanches et noires, leur cou flexible et leur bec de corail qui fait un bruit de castagnettes... Je ne sais comment aucune image, aucun hasard de lecture ne m'avait préparé à les voir ici, ces cigognes. Et c'est pour moi un plaisir enfantin de rencontrer ces grands oiseaux, que j'imaginais seulement sur les cheminées de chez nous."

Dans la forêt de cèdres voisine, les singes s'ébattent en toute liberté. Les grillages ne sont là que pour protéger une zone particulièrement riche et sensible. Et ça, en Alsace, ça n'existe pas !!! Je parle des singes, bien sur !


Bref retour sur les cigognes : il y a celles des villes, contraintes de vivre en H.L.M, celles qui ont les moyens de s'offrir une résidence particulière, et les snobs, qui logent dans des lieux classés...

mardi 7 octobre 2014

Un mini tout mimi !

   Manue l'a proposé en atelier le mois dernier. Moi, je l'ai fait tranquillement à la maison et j'ai puisé dans mes embellissements, car je n'avais que les papiers, et le canvas de couverture.
 
   C'est un de ces tout petits albums, comme elle en propose chaque mois pour mettre en avant une nouvelle collection ou un nouveau produit, comme ce canvas, un tissu légèrement plastifié, à découper, coudre, coller, etc... et qui, là, décoré au pochoir, fait une couverture très sympa.
 
   Dedans, des photos de mes Stroumfs, prises dans le parc du Stang Alar, à Brest, l'an dernier, déjà... J'avais scrapé le décor, mais pas les acteurs !
 
https://www.youtube.com/watch?v=6R2Rhe0t3HQ
 
L'intérieur est accessible ici..
(le dos de l'album est venu se positionner au beau milieu du tout !)