lundi 28 décembre 2015

T'as vu mon cadeau ?

Les cadeaux DIY 

 Chaque année c’est la même chose… On retrouve les cadeaux de Noël en vente quelques jours après sur Internet. Mais sachez que certains de ces cadeaux ont été confectionnés avec amour et passion et que ces cadeaux sont uniques.
Des cadeaux faits-main (avec la mode du #DIY) qui sont les meilleurs et que l’on doit les garder… n’est-ce pas Monsieur Pierre (alias Thierry Lhermitte dans le cultissime Le Père Noël est une ordure évidemment) !

 Envoyé par creapassion.com

lundi 21 décembre 2015

Anti conte

Drôle de consigne, au dernier atelier ! Ecrire un anti conte, commençant par "Il était une fois"... Pas de problème ! Mais tout à coup, celle qui mène la danse nous dit de terminer la phrase débutée, et de nous arrêter !
Cette dernière phrase, et elle seule, est alors réécrite sur une feuille passée à son voisin qui doit écrire un paragraphe de suite de ce qu'il croit deviner, en incluant un dialogue rimé, avant de rendre la feuille à celui qui la lui a donnée, mais en ne laissant apparaître que la dernière phrase qu'il vient d'écrire.
On doit alors terminer le texte qu'on avait commencé, en tenant compte de cette unique phrase. On ne découvrira le texte intermédiaire qu'à la lecture du tout !
Et ça marche !... Voici mon anti conte :

"Il était une fois"... et gnan, gnan, gnan... Non mais y a encore des mômes qui lisent ce genre d'histoires ? Y sont pas finis, sans doute ! Remarque, des sorcières, j'en connais un paquet dans le quartier, à commencer par la taulière de mes parents. Sûr que le Disney, y devait avoir sa photo quand il a pondu les siennes ! La même tronche, j'te dis, avec le gros bouton plein de poils sur la joue ! Quand j'étais gosse, elle voulait toujours me faire la bise, et ça finissait par une torgnole parce que je lui bavais dessus ! Maintenant j'ai dix ans et je cours vite, et elle, avec ses quilles en cerceaux, elle peut pas m'attraper !
Avec ma bande de potes, on invente des tas de trucs pour l'embêter. Je crois bien qu'on a réussi à la faire devenir chèvre parce que, quand elle sait plus quoi dire - c'est quand même rare - elle fait ; "Bê - bê - bê..." Comme personne l'écoute, on sait pas si y a une suite.
 De toutes les vieilles du coin, c'est de loin la plus moche et celle qui sent le plus mauvais. Elle doit mettre le même parfum que celui qui sort du tuyau crevé des chiottes, au fond de la cour, que je peux jamais ouvrir la fenêtre de la pièce où on habite. Sept qu'on est là-dedans. Ca sent pas la rose, mais c'est mieux que d'ouvrir le carreau ! L'assistante sociale, elle veut même plus venir, elle dit que c'est un trou à rats.
Moi je voudrais bien être un rat : ça fait peur à tout le monde, ça a peur de rien, et c'est super intelligent. Tiens, c'est ça que je vais demander à Noël. Pour un peu que ça s'rait une vraie sorcière, la Mère Grimaud, elle se f'rait un plaisir d'exaucer mon voeu !

J'ai bien vu que la nuit, elle s'en va souvent avec une petite valise noire et un balai. Une fois je l'ai même entendue qui parlait avec une chouette, et d'ailleurs celle-ci lui répondait :

- Dis-moi, jolie chouette,
qu'as-tu vu dans la forêt ?

- J'ai vu des trompettes
de la mort et des bolets.

- Y avait-il aussi des rennes
et le traineau du Père Noël ?

- Je n'ai vu qu'une vieille Citroën
et une remorque pleine de poubelles.

Mon neveu m'a suggéré l'autre jour de lui demander de venir passer un coup de balai chez moi, il a appelé ça un "test sorcière", j'hésite...

Depuis qu'on habite là, elle est jamais entrée. Elle tape juste à la porte pour réclamer ses sous et, comme on répond pas, elle part en beuglant !
Mais je veux très fort devenir un rat ! Y a qu'à mon neveu que je l'ai dit. Je l'appelle comme ça parce que quand quelque chose l'épate, il répète : "Ben mon n'veu..." En vrai, c'est Martin qui s'appelle, mon poteau qu'est autant dans la mouise que moi. Il voudrait être un aigle, lui.
Finalement, quand on est pauvre, on tient pas vraiment à devenir un homme qui sera encore plus pauvre et qui regardera les autres se goinfrer à Noël, et qui verra des gosses sur les genoux de leur mère, qui lisent des histoires à la con qui commencent par : "Il était une fois".
Alors oui, je vais lui ouvrir, à la Mère Grimaud. Elle nous dira un truc du genre : "Du balai !" et je serai transformé, et Martin aussi, et il me prendra dans ses serres et on partira tous les deux, loin, très loin de la Cour des Miracles !

mardi 15 décembre 2015

La faute d'Internet


Sujet semaine 51





Mil et Une
Semaine 51
















- Moi j’dis, ça devrait être réquisitoire ! assène Jules, avec un grand coup de poing sur le comptoir.

- Rédhibitoire ! le reprend Alexandre, pour qui la lecture du dictionnaire est source de joie et de réflexion.

- Ouais… Si tu veux… concède Jules, solidement accroché au pied de son galopin de blanc.

- Un peu que je veux ! Mais c’est pas en gueulant comme un âne que tu vas changer les choses ! C’est le progrès, mon vieux. Maintenant, on n’a plus besoin de sortir pour faire ses courses, on regarde sur Internet si ça existe, s’il y en a encore, on commande et on attend le facteur ! Et les gamins, c’est comme ça aussi qu’ils font leur liste au Père Noël ! enfin, à leurs parents, parce qu’ils sont pas cons, les mômes, après que la télé leur a bien bourré le mou avec les réclames.

- Ouais, ben c’est pas normal. Les gosses, y doivent croire au bonhomme qui descend dans la cheminée. Sûr, c’est moins facile que d’not’temps, des cheminées y en a moins, mais si t’enlèves ça, t’as qu’à supprimer la fête qui va avec ! Les enfants, y sont pas tellement différents d’avant, tu sais. L’autre jour, à la sortie de l’école, y en avait une bande que parlait d’Orange. Moi, j’en avais une tout les ans pour Noël… Et puis y sont pas comme on entend dire, c’est des braves petits. Ceux de mon immeuble, y se retrouvent le soir dans les caves, pour prendre de la coque, de la poudre qu’y m’ont dit. Ah, cette manie qu’y ont de raccourcir les mots ! Nous, on disait de la poudre de coco ! Tu te rappelles les petites boîtes bleues, jaunes, ou rouges ? Ou alors c’est pour faire « américain », comme cette danse, tu sais… Ah oui ! le « mâche-potétose » y z’appelaient ça ! Bandes de patates, va ! L’autre nuit, quand je sortais le chien, y a même un loupiot qui m’a demandé si j’avais pas les boules. J’y ai dit que je les avais pas encore sorties, vu que j’avais pas acheté le sapin, mais qu’y devrait pas fumer déjà, à son âge…

Le vin le rend loquace, Jules, mais l’alcool le ramollit. Il s’étale de plus en plus sur le zinc et son bonnet de Père Noël tombe sur ses yeux. Son costume défraîchi annonce son repas du midi : ici la mayonnaise sans l’œuf, là le jus du poulet-frites et sur la manche qui a dû servir de serviette, une grande trace de crème caramel.

- En tout cas, l’engueulade de ta bourgeoise, elle sera pas virtuelle ! lui dit Alexandre, sans chercher à démêler ces propos décousus. Elle va te croire, quand tu vas lui annoncer que si on t’a viré de ton emploi de Père Noël, c’est à cause d’Internet ? Si tu mangeais moins d’ail et si tu levais moins le coude, les enfants monteraient plus volontiers sur tes genoux ! Tout de même, quinze jours de boulot assuré, c’était pas rien !

- M’en fiche, j’y crois, moi, au Père Noël… J’y ai envoyé tellement de lettres quand j’étais petiot que, maintenant que plus personne lui écrit, il va avoir tout le temps de les lire ! Allez, Patron, un dernier pour la route !


lundi 14 décembre 2015

La bonne idée à partager !

Dans les musées faites des dessins plutôt que des photos !


Depuis quelque temps, les photos, et notamment avec un téléphone portable et une perche, commencent à être bannies de certains endroits. Et le célèbre musée d’Amsterdam, le Rijks Museum, vient de créer la surprise d’interdire les photographies au sein de son musée ; mais il encourage ses visiteurs à dessiner les oeuvres !Musée de Rijks dessin dans les musées 
Cette opération originale baptisée Startdrawing, permet aux visiteurs de troquer leur téléphone et appareil photos contre des carnets et des crayons mis à disposition par le musée, mais également des chevalets, pour dessiner les oeuvres qu’ils découvrent.
Le musée propose même des cours de dessin. Ainsi le visiteur ne survole plus les oeuvres, mais en les regardant, en les observant, en prenant le temps, il les apprivoise.
les appareils photos sont interdits
Une idée créative géniale, alors tous avec vos carnets et crayons au Rijks Museum !

dimanche 6 décembre 2015

L'autre côté du mur




Le mur, au fond du jardin… Je n’en ai longtemps connu que les pierres usées par le temps, dorées par le soleil, contre lequel mon grand-père palissait des poiriers en espaliers. Dans l’angle de la maison, il abritait la floraison de somptueuses roses anciennes. A son pied, ma grand-mère faisait pousser des salades qui servaient de balançoires aux escargots. En bordure, elle avait mis un cordon d’œillets d’Inde. Ce mur était l’horizon de mes jeux quand je ne pouvais pas courir la campagne qui s’étendait loin devant la petite maison. Il arrêtait mes tirs de ballon et délimitait un espace de ciel bleu, comme une grande ardoise sur laquelle les avions traçaient des lignes blanches. Il faisait partie de mon décor, je ne cherchais pas à voir ce qu’il y avait derrière. Seul le pied de roses trémières le savait, qui balançait sa hampe fleurie quelques centimètres plus haut.
Je n’ai découvert l’envers du décor que ce triste jour où j’ai dû accompagner mes parents au cimetière. Grand-père avait depuis longtemps choisi sa place : au-dessus de sa tombe, les corolles des roses trémières lui adressaient un dernier signe, de l’autre côté d’un mur de pierres usées par le temps, dorées par le soleil.

(c'était une consigne du dernier atelier...) 

 

mercredi 2 décembre 2015

SLAM’FOUT L’BOURDON



J'ai trouvé le sujet de la semaine 49, chez Mil et Une, glaçant...


Homme inhumain,
Femme-robot,
Interchangeables,
Même pas beaux.
Tu fais quoi,
Tu vas où ?
Tu ne sais pas
Et tu t’en fous.
Tu n’es pas là pour réfléchir
Juste trimer, seul’ment servir.
Dans ton coeur, il y a un trou,
Ça tu le sais
Mais tu t’en fous.
Tu n’as pas d’idéal, pas de tentations,
Moutonner est ta seule mission.
Tu as des chaînes dans la tête,
Aucune envie que ça s’arrête.
Esclave libre
Des temps modernes,
Pour toi c’est vivre
Que d’être terne.
Moi, je suis là
Et je conteste :
Les cancrelats,
Je vous déteste !

dimanche 29 novembre 2015

mercredi 25 novembre 2015

Retiens la nuit



 Défi de la semaine 48, chez Mil et Une...


Debout à côté du juke-box, Daniel se sent mal à l’aise, ridicule même quand il capte son reflet dans la glace bombée qui lui renvoie une image déformée de sa tronche surmontée d’un énorme cran qui retombe sur son front. Elle n’y a pas été de main morte, la coiffeuse, pour discipliner ses tifs ! Il a au moins un pot de gomina sur le crâne ! Et cette dégaine… Gâté par la costumière aussi : avec sa chemise noire largement ouverte et sa grosse veste tricotée, il est un improbable compromis entre Dick Rivers et Starsky ! Il sait au moins qu’Hutch n’est pas loin… Il doit sans doute s’estimer heureux, lui qui n’aime que les chaussettes noires, d’en avoir obtenu une paire de cette couleur. Encore que, avec des mocassins blancs… Enfin…
Allons, la séquence de ce remake des années 60’ va être courte, il n’aura droit qu’à une prise, il faut que ce soit la bonne. Le scénario et le dialogue réduit on été revus à la dernière minute pour les besoins de la cause, mais à part lui, personne ne sait pourquoi. Il doit se montrer à la hauteur de son personnage. Avant de faire face à l’appareil, il embrasse d’un dernier regard le décor : tous les garçons et les filles sont en place. Même ceux qui faisaient les charlots il y a quelques minutes se taisent, dans l’attente du moment magique. Juste quand il se retourne en se disant : « C’est un coin qui me rappelle… », le mot « ACTION » claque. Alors la musique explose, comme sortie du ventre de la machine qui lance des éclairs de lumières multicolores, et derrière lui tous se trémoussent en poussant des cris de chats sauvages. « Let’s twist again ! »
Comme convenu, Daniel passe et repasse sa main à l’arrière de sa tête, comme pour lisser ses cheveux, en listant les titres proposés à l’écoute. Il pose un doigt sur une touche, hésite, le pose sur une autre, ne se décide pas, se gratte le crâne de la main gauche puis, dubitatif, caresse le clavier à la recherche DU disque. Une jeune femme s’approche de lui, court vêtue et casquée de blond. Elle l’observe un instant puis lui adresse la parole :

- Alors, beau gosse, tu te décides, ou tu laisses la place ?
- Tu peux m’aider si tu veux, y a trop de choix !

Elle est fine comme une biche, elle a dessiné au crayon noir ses jolis yeux. En riant, elle le bouscule d’un coup de hanche en disant : « Vous permettez, Monsieur ? » Elle lève un index à l’ongle nacré, et appuie sans regarder sur un numéro :

- Celui-là, par exemple !

Elle ne peut s’empêcher d’essuyer son doigt collant de gomina sur sa jupe.

- Excellent choix ! approuve-t-il.

Alors que les premières notes du « Pénitencier » résonnent sur le plateau, il poursuit :

- Inspecteur Leblanc. Christine Sorel, je vous arrête pour le meurtre de votre amant, Michel Dulac. L’empreinte que vous venez si gracieusement de nous offrir sera la preuve formelle qui nous manquait. Emmenez-la ! dit-il en la conduisant vers deux des pseudos figurants présents.

Au passage, il a entendu quelqu’un murmurer à la fille : « N’avoue jamais… ». Il y a donc encore du boulot ici. Mais tandis que la blonde menottée s’éloigne, il ne peut s’empêcher de penser : « Elle était si jolie… »

mardi 24 novembre 2015

Découvrez la broderie à fleur de peau


"Je l'ai tellement dans la peau, j'en suis marteau !..."

Vous aimez la broderie ? Vous aimez les tatouages ? Alors vous avez peut-être aimé les tatouages broderie dans la veine des tatouages Pixel art..Eva-Krbdk-tattoos-2Eva-Krbdk-tattoos-10Les tatoueurs qui utilisent cette technique font en fait du point de croix sur votre peau comme on le ferait sur du tissu. Et c’est une tatoueuse turque, Eva, qui a aidé à promouvoir ces motifs sur Instagram.
D’autres tatoueurs développent cette technique comme Mariette à Nantes qui fait du point de croix décliné sous toutes ses formes et notamment en Bleu & Rouge à la Mariette !
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Cette tendance du tatouage point de croix a de quoi surprendre mais reflète le fait que la broderie revient à la mode sur des supports insoupçonnés ! Alors allez-vous céder à la mode de la broderie… ?

lundi 23 novembre 2015

Rien que des mots

La consigne du dernier atelier était d'écrire trois courts textes, qui seraient des extraits l'un, d'un roman policier, le second d'un roman d'amour, et le troisième d'un roman de science-fiction, en y insérant les mêmes mots imposés (tapis, persan, soucoupe, coeur) plus un que nous devions choisir avant de connaître le sujet du jour (tambour). Homophones admis.
J'ai choisi de garder les mêmes personnages pour les trois extraits.



Roman policier :

Tapi dans ce qui avait dû être le chœur de l’église, il entendait le sang cogner à ses tempes. La sueur coulait le long de son dos, ses mains, qui serraient le papier froissé, étaient moites.
Le cri perçant d’une corneille entrée par la rosace béante le fit sursauter. Il n’en pouvait plus de cette traque. Il en venait presque à souhaiter qu’on l’arrête, qu’on l’emmène dans un endroit où il serait à l’abri, au chaud. Il s’en foutait, Fred, qu’on croit ou non à son innocence, il avait assez de fric pour se payer un bavard qui saurait le défendre. Là, il voulait simplement pouvoir soigner cette saloperie de coupure au bras que lui avait faite Mado avec l’éclat de soucoupe qu’elle avait ramassé sur le carrelage, juste avant qu’il réussisse à s’engouffrer dans le tambour de la porte de l’immeuble.

Roman d’amour :

Allongée sur le piano, sa longue jupe fendue découvrant ses toujours superbes jambes gainées de soie, Mado chantait, de cette voix rauque qui avait séduit Fred.
Lui l’accompagnait, comme au bon vieux temps, quand il attendait qu’une rombière en mal d’amour vienne déposer un bifton dans sa soucoupe, histoire de l’inviter dans sa suite.
Mado n’était pas jalouse, elle avait aussi sa cour, et leurs extra mis en commun arrondissaient les fins de mois.
Mais les temps avaient changé, les années étaient passées et cette vie, qu’ils menaient tambour battant, s’était chargée de les assagir.
Pourtant, ce soir, il allait la surprendre : il voulait à nouveau voir flamber cette lueur toujours tapie dans ses yeux de chat persan… Il allait lui offrir son vieux cœur.

Roman de science-fiction :

Glissant sur le tapis roulant qui le menait au centre de contrôle, au cœur du vaisseau-mère, Fredix se posait d’étranges questions : ce tambour en bois, tendu d’une peau de chèvre, qu’il était chargé de remettre à Madox, avait appartenu à un prince persan, c’était ce que disait la puce qu’il avait scannée dans la soute. Il était aussi indiqué que ça servait à faire de la musique. Mais pourquoi se servir d’un objet, quand il suffit d’imaginer un bruit pour l’entendre ? Vraiment, les humains étaient des êtres bien attardés !...
Un peu plus tard, dans sa soucoupe, tandis qu’il regagnait sa base sur Terra 2500, il se dit que, quand même, il essaierait bien de produire des sons avec ses mains, juste pour savoir si ça lui procurerait ce, qu’avant, on appelait « une sensation ».


Jessica rabbit 
http://disney.wikia.com/wiki/Jessica_Rabbit

lundi 16 novembre 2015

Après...

Après la peur, la douleur, vient le temps des palabres pour les uns, de l'action pour les autres et de la haine, de la défiance qui se faufilent et s'infiltrent dans toutes les failles de notre raisonnement...

Et puis il y a l'Espoir, qui fait sourire les incrédules, mais sans lequel on ne peut pas continuer à vivre.
Alors, pour quelques minutes, perdez-vous dans ces regards d'enfants, et écoutez ce que fut écrit après un 11 Septembre tragique mais qui pourrait se chanter partout où, dans le monde, on assassine au nom d'une idéologie fumeuse et meurtrière...


"L'espoir a les yeux brillants" (Michel Bouthot)

mercredi 11 novembre 2015

Visages du Rajasthan

Un peu de scrap, aujourd'hui !
Venez, je vous emmène en voyage...

Je vous avais déjà montré le carnet de voyage que ma fille m'avait confectionné pour que je consigne mes impressions de ce voyage en Inde du nord.
Et puis je vous en avais parlé, sur mon autre blog.
J'ai encore la tête que résonne de tous ces bruits, la mémoire pleine de toutes ces sensations visuelles et olfactives, et j'ai pris beaucoup de photos, bien sûr ! Comment ne pas jouer au paparazzi...
Les gens sont d'une telle gentillesse que bien peu ont refusé d'être pris et très souvent, il m'ont demandé de poser avec eux, en retour, pour leurs propres clichés !
Qui sait, je suis peut-être dans l'album d'une scrapeuse quelque part, très loin...

Voici une petite galerie de portraits, qui sont autant de souvenirs pour moi, à voir ICI

Création de Manu'Elle

mardi 10 novembre 2015

Marcus

Semaine 46, nouveau défi chez Mil et Une !




Cela faisait plusieurs jours qu’on n’avait vu le vieux Marcus dans le quartier, mais personne ne s’en inquiétait. Ce vieux grognon n’attirait pas vraiment la sympathie : il chassait les chiens à coups de pierres, les enfants à coups de pieds, ne répondait pas au salut des rares passants qui ne le connaissaient pas et ne desserrait les dents que pour injurier Bonnie qui adorait vocaliser en étendant sa lessive sur la terrasse !
Ils étaient pourtant beaux, les chants de Bonnie, ils parlaient du ciel et de la mer, de liberté aussi, et quand les grands draps blancs claquaient au vent, le temps suspendait sa course et la voix nous emportait loin, très loin, vers ces pays d’où venaient nos ancêtres… jusqu’à ce que Marcus sorte de sa tanière pour saborder l’équipage !
Nul ne savait d’où il venait, ce qu’il avait fait, jamais il n’avait ouvert sa porte à quiconque, cette porte qu’il avait un jour peinte en jaune après avoir patiemment décoré sa façade de dessins malhabiles et touchants sans qu’un seul risque la moindre remarque, cette porte que je voyais de ma fenêtre, comme un soleil dans l’ombre de la ruelle sale. Comme beaucoup, sans doute, j’étais curieux de savoir ce qu’elle cachait…
Et puis, ce matin, à l’heure où les serins se réveillent, dans la grande cage posée sur une caisse devant l’échoppe de Matilda, en me levant j’ai vu ce qui était écrit sur la porte : « Sur la colline un banc le temps de s’arrêter et de contempler ». J’ai déchiffré les mots sans comprendre ce qu’ils voulaient dire, je ne suis pas savant, mais je ne sais pas pourquoi je suis aussitôt descendu, alerté. Il y avait encore autre chose écrit, plus bas, et Jonas qui partait vendre ses journaux là-bas, dans la grande ville, et qui sait mieux lire que moi, m’a dit que c’était un morceau d’autre chose. Mais il était pressé, il est parti.
Alors j’ai marché jusqu’à la porte et je l’ai ouverte, sans difficulté. Je suis entré dans une pièce unique, au sol de terre battue. Peu de meubles, un lit impeccablement fait, une table vide et deux chaises, une vieille commode avec deux cadres et au mur une grande affiche d’une belle femme au teint d’ébène qui était LE CHANT, par sa posture, par l’expression de son visage douloureux, de ses yeux pleins d’amour. La même femme qui souriait dans le cadre, sur la commode, à côté d’un homme jeune qui ressemblait un peu au vieux Marcus… Le couple était assis sur un banc, sur une colline qui dominait une ville… celle qui est de l’autre côté du fleuve, de l’autre côté de notre bidonville ! Dans l’autre cadre, un article de journal : « John Mitchell, le célèbre impresario et mécène, a épousé sa Perle noire ».
Dans le mouvement que j’ai fait pour me retourner, j’ai poussé du pied une boulette de papier, un article froissé annonçant la mort de Perle, il y a quelques jours…
Alors j’ai couru, couru jusqu’au sommet de la colline, couru à perdre haleine, le cœur douloureux des regrets plein la tête : il était là, sur le banc, le temps s’était vraiment arrêté, il semblait encore l’enlacer pour contempler la ville avec elle…  

lundi 2 novembre 2015

Apprendre à écrire, et à parler !

     Pour tous les amoureux de notre belle langue, voici un cours très "jouissif", que j'ai reçu récemment dans mon courrier, et je ne résiste pas au plaisir de le partager avec vous !



Graff sur film plastique - PAKONE - Lannilis 2011

dimanche 1 novembre 2015

Novembre



Telle Toussaint, tel Noël et Pâques pareil...

*

Respirer

A nouveau sujet, nouveau tableau, chez Mil et une !

John William Waterhouse



Mais qu’est-ce que je fiche dans cette galère ?... Cinq heures du mat’, à poil sous un déshabillé de dentelle et pieds nus dans la terre, tout ça parce que Machin a décrété que la luminosité est parfaite au lever du soleil… Si j’avais moins mal au crâne, j’aurais peut-être l’objectivité de reconnaître que cette lumière dorée et rasante sur les tuiles et les vieilles pierres, c’est plutôt sympa. Mais là, scotchée à mon mur depuis deux jours, à humer la même rose d’un air pénétré, j’en peux plus ! Enfin, la même rose, c’est vite dit… Parce qu’à force de la tripoter, la fleur, « à pleine main, non, du bout des doigts, non là on voit trop ton pouce c’est moche, un peu plus plié le petit doigt, et ta gauche, t’as de l’arthrose ou quoi… » ben la rose, au bout d’une demi-heure, c’était un artichaut après dégustation ! En plus, c’était la seule ! Alors Truc a pété les plombs, a menacé de me renvoyer, a balancé ses notes et nous a tous plantés là. Heureusement, Nina, sa bonne à tout faire, a dégoté des roses en soie dans une friperie, pas loin. Ça a ramené le calme et on a pu reprendre le travail. Seulement, avec la vraie, j’ai attrapé une rhinite allergique, mais c’était rien à côté de ce que j’encaisse comme poussière maintenant ! Et toujours avec le même air béat ! Au moins ça me permet de respirer par la bouche !
Tout ça pour un cachet de misère ! C’est pas avec cette pub que je vais réussir à me faire connaître, on ne voit même pas mon visage ! Et cette vache de Bidule qui m’a balancé que j’avais un cou de cygne et qu’il me verrait bien faire de la réclame pour des minerves ! M’énerve, oui !... Quand je pense à ce que cette affiche va faire vendre, et que moi, je pourrai même pas me le payer, leur parfum… « Renaissance… Des roses anciennes, la quintessence » !

dimanche 25 octobre 2015

Mal-Lettres...


                        Ron Mueck



Que dites-vous, Albert ? Je ne comprends rien ! Crachez donc les épingles que vous avez dans la bouche, et ne serrez pas si fort ! Pardon ?... « Tout est relatif » ? Mais qu’est-ce que vous savez de la relativité, Albert ! Vous êtes toujours dans la lune ! Ah, et ne me tirez pas la langue s’il vous plaît ! Vous croyez que je ne vous vois pas dans la glace de l’armoire ?
Et Michel, votre collègue chauve, toujours à flatter la clientèle ? « Mieux vaut une tête bien faite qu’une tête bien pleine »… Tu parles ! Donc les moches sont intelligentes ? Je ne suis quand même pas si mal que ça, dites-moi ?...
Remarquez, je ne suis pas vache : j’ai parlé de lui dans mon livre. Oui… De vous aussi, Albert, et même un peu plus longuement que ces lèche-bottes de Botero ou de Saint Phalle qui m’envoie des photos de leurs « grosses » en croyant me faire plaisir… Trois lignes en « B », trois lignes en « S » et passez muscade, ils jubilent de passer à la postérité ! Je ne ressemble pas du tout à leurs dondons. Moi, je suis proportionnée, j’ai simplement le poids de ma taille ! Vous dites ?... J’avais cru entendre « Un peu plus »… Ah, vous avez dit : « Un peu plus espacés, les bigoudis »… Je n’avais pas capté la fin !
Quelle plaie ces courbatures… Tout de même, être obligée de recevoir ce journaliste au lit… Oui, je sais, certains vont écrire que j’ai la grosse tête et que c’est pour ça qu’elle ne décolle pas de l’oreiller. Mais que voulez-vous, je n’ai pas choisi d’être si intelligente qu’on ne peut que se sentir petit à côté de moi… Vous savez, la connaissance n’apporte pas forcément le bonheur, et c’est fatigant de n’être sollicitée que parce qu’on a réponse à tout… Ça alourdit les relations…
Je voudrais qu’on m’aime, et qu’on me voie juste comme une femme…
S’il vous plaît, Albert, ne m’appelez plus « Madame Universalis », mon petit nom, c’est « Encyclopaedia » !

samedi 24 octobre 2015

Je ne suis qu'une pomme

     Un sac de pommes tombées, un bon couteau, une gousse de vanille (de la Réunion, s'il vous plaît !), de la cannelle, et puis quelques résolutions : un pot pour la congèle, un pour le fond de tarte... Résultat : orgie de compote !


Je ne suis qu'une pomme
Un peu rouge, un peu jaune
Je ne sais ce que pensent
Les centaines de pommes
Que le grand vent balance
Au milieu de l'automne.
Je m'accroche comme elles
En suppliant le ciel
De ne pas me laisser
Choir trop tôt sur le pré.
Je ne suis qu'une pomme
Un peu rouge, un peu jaune
Parmi beaucoup de pommes
Qui ne savent pourquoi
II leur faut être pomme
Dans un pommier d'automne
Et tomber comme moi.

Maurice Carême

dimanche 18 octobre 2015

Il était là...

     Il était là, avec son regard triste d'enfant perdu, avec l'air étonné de nous voir de si près, avec cette innocence qui l'a fait s'arrêter et revenir sans cesse en un lent ballet marin, avec son souffle tiède sur ma main...
J'espère que sa curiosité ne trouvera en retour qu'une autre curiosité et beaucoup de respect, j'espère qu'il reprendra sa route, son monde n'est pas ici, même si ce fut une belle rencontre !




Salon d'Automne

Mil et Une - Semaine 43

John Emms



Á Messieurs les Membres de l’Académie Royale des Arts,

Plaise à vos Seigneuries d’accepter ce tableau pour le Salon d’Automne.

Quand il paraîtra devant vous, je ne serai déjà plus de ce monde ingrat où la faim a rongé mon corps comme la paille humide de ma couche a rongé mes os. Il y a sans doute plus de barbouilleurs et de peintres obscurs comme moi que de portraitistes de cour au talent incertain et à la bourse pleine. Ici-bas, les courbettes plaisent et leur seul art est de travestir la laideur en une apparence banale mais plus flatteuse. Je ne suis pas de ceux-là.
Aussi, ne vous y trompez pas, ceci n’est pas le portrait de trois chiens – pour qui j’ai bien trop de respect – mais celui d’une famille de votre aristocratie qui devrait se sentir honorée d’être ainsi sublimée…
Regardez-les : ils ont indéniablement de la prestance, sont racés, et en même temps exposés à ces tares rampantes qui atteignent tous ceux qui, échappant à la surveillance du maître, s’obstinent à se croiser dans le même chenil.
Lui a ce plastron large et amidonné, fait pour recevoir médailles et décorations, alors que dessous ne palpite qu’un cœur étriqué, coincé dans une cage thoracique étroite où il ne se débat même pas. Il garde la tête droite, il faut bien paraître, et les oreilles dressées : entendre qui médit de vous et capter la médisance à rapporter servilement, c’est un art où ce cabot excelle.
Elle, qui n’a rien choisi mais qui se satisfait de sa position de femelle dominante, a ces mêmes petits yeux ronds et rapprochés, si attendrissants chez les bêtes, signes de vice et de curiosité malsaine chez mes semblables. Leur nez est pareillement long, pour mieux aller se fourrer dans les affaires des autres et leur truffe perpétuellement humide de médisance capte les moindres relents de scandale juteux. Regardez ses mains – que dis-je, ses pattes – longues, avec des doigts épais faits pour porter les bagues les plus grosses. Elle sait tenir sa place, juste assez basse pour ne pas faire d’ombre à son époux, mais suffisamment proche pour qu’il n’oublie jamais qu’elle est là, même s’il lui arrive parfois d’aller courir d’autres chiennes, rarement dans les salons, souvent dans les cours de fermes…
Regardez le dédain affiché par leurs bajoues flasques et leur lippe pendante. Si vous ne vous reconnaissez pas, vous ne nierez pas y retrouver l’une ou l’autre de vos connaissances ?
Il y a enfin ce chiot, si jeune mais déjà à bonne école, qui, bien sûr, suivra les traces de ses parents. Il se contente, pour l’heure, de les imiter, de leur ressembler au maximum, et déjà il lui faut usurper le bien d’autrui pour se vautrer, sa panse grasse ne saurait se contenter de la terre battue. Serait-il un bâtard qu’il conviendrait de sauver les apparences et de le faire paraître sur le tableau de famille. Sinon, à qui irait l’héritage ?
Ne vous apitoyez pas sur leur maigre pitance, les reliefs des riches tables sont toujours plus nourrissants que les pauvres pots du commun.

Allons, Messieurs, je ne vais pas d’avantage détailler ce tableau. Si vous ne l’avez pas apprécié au premier coup d’œil, la lecture de ma lettre vous aura à tout jamais dissuadé de l’exposer. Le faire serait pourtant faire preuve de votre intelligence ou, du moins de votre croyance que l’humain ne peut pas voir au-delà des apparences. Moi, je me laisse glisser dans les brumes d’un mauvais alcool qui va m’aider à partir loin, très loin de vous.

mardi 13 octobre 2015

Déprime en prime...

Finalement très inspirant, le sujet de cette semaine chez Mil et Une...
Alors, je vous en ressert une petite tranche !




 - Allez, Flibuste, viens mon chien ! On va profiter de cette accalmie après l’orage de grêle pour faire quelques courses… Regarde, le plafond est bien bas… Ca m’étonnerait pas qu’on ait de la neige cette nuit et avec la nouvelle lune, il va faire noir comme dans un four. Déjà que c’est le désert dans ce patelin, en plein jour… Je vais acheter des bougies, on ne sait jamais, et puis aussi des œufs. On se fera une omelette ce soir ? Dire que je m’étais offert un nouveau chapeau et des chaussures vernies, pour mon anniversaire… Je ne suis pas près de les étrenner, avec ce temps… Allez, ouste, on sort avant que je devienne marteau, et que j’essaie de retrouver le parfum des acacias en fleurs dans le fond de mon verre…

dimanche 11 octobre 2015

Casse-tête

Une nuit est passée,
l'idée m'a visitée
d'une autre interprétation
 
 
- Chef, Chef ! Je crois que ce coup-là on a mis la main sur quelque chose de gros ! Regardez…

- Qu’est-ce que c’est que ça ? Un tableau d’apprentissage pour les maternelles ? Un rébus ? Un truc pour une réclame ? Vous l’avez trouvé où ?

- C’est la B.R.B. qui a serré la bande à la Flibuste au moment où ils rencontraient les Russes… Dans le fourgon, ils ont trouvé cette toile et ils pensent que c’est un message codé qui devait passer à l’Est. On est chargé de déchiffrer, mais je sais pas par où commencer !

- Demandez à Jacob et Delafon de vous aider. Et tenez-moi au courant.

………

- Alors, les gars, cette croûte, vous l’avez faite parler ?

- Ben… Jacob a trouvé : « Il faut marcher sur des œufs, il risque d’y avoir de la casse si le boss n’a pas une idée lumineuse » mais y’avait pas besoin de coder pour dire ça, non ? Moi, je pense plutôt : « Assommer le type au chapeau qui fait l’œuf et brûler les pieds de la copine avec qui il a bu un verre ». Là, déjà, ça se tient mieux ! Mais qui serait le type en question ?
Par contre, Delafon a une autre interprétation : « Quand le plafond sera dégagé, à la prochaine lune, l’Orage livrera la neige rue de l’Acacia dans un lieu désert ».

- Ouais… Une livraison de drogue… Je penche pour l’idée de Delafon… Je vais demander au Fichier s’il ont un type qui se fait appeler Orage, et je contacte Interpol pour recenser les villes où il y a une rue de l’Acacia. On commence à y voir plus clair !

- Ah, bonjour tout le monde ! Je vous apporte du café ! Tiens… ?  Y a des amateurs de peinture, ici ? Où vous avez trouvé cette repro de Magritte ? Il est dingue ce tableau, hein !

samedi 10 octobre 2015

Case Départ

Nouveau défi chez Mil et Une !





Pourquoi vouloir absolument tout mettre dans des cases ? Il faut être un peu marteau, ou vouloir trouver des poils sur un œuf pour agir de la sorte ! Si la vie ne devait être qu’une boîte où l’on s’enferme, un abécédaire d’idées reçues, où serait le plaisir ? Il faut oser le bonheur, le laisser s’approcher sans le brusquer, il peut être aussi fragile que la flamme d’une bougie, mais il éclaire et réchauffe tout autant dans la nuit de l’ennui…
Regardez, prenez exemple sur moi : sur la Mer du Bon Temps, je suis le roi de la flibuste ! Je connais toutes les îles où s’abriter en attendant que passent les orages, les coups de gueule, les coups de dents, je détourne des cargaisons de petites joies parfumées comme des fleurs d’acacia, légères comme des flocons de neige et je m’en repais sans complexes, les doigts de pieds en éventail, le chapeau sur le front, sous le soleil, exactement. Dans mes bouges de bonheur, celui qui entre est un ami. Ensemble nous chantons fort et les verres partagés font reculer des déserts d’indifférence. Fi des cravates qui vous étranglent, des costumes de convenances et des chaussures vernies, pensez différent, soyez fous, laissez la petite araignée que vous avez au plafond tisser gentiment la toile de vos rêves. « Vivez, si m’en croyez, n’attendez à demain. Cueillez dès aujourd’hui les roses de la vie ».

mardi 6 octobre 2015

Maestro

Quelques années, et un peu de rangement plus tard, je colle enfin la carte que j'avais achetée à Prague au texte qui lui va si bien, que j'avais publié en son temps, ailleurs sur le net...



Rémi hait les chats autant qu’il aime son rat.
Oh, Maestro est même plus que cela ! Il est son ami, son seul et unique ami. C’est un petit être chaud et curieux, vif et intelligent et Rémi jauge les gens qu’il côtoie à l’aune de leur capacité à accepter Maestro.
Dans son costume gris un peu élimé, il se dit que le bilan de sa vie se résume à peu de choses : un petit animal, une valise et une caisse d’outils qui doit déjà l’attendre dans la tribune, au-dessus du grand portail de Sainte Eulalie. A-t-il déjà eu des rêves, des envies ? Il ne s’en souvient pas. Des souvenirs ? Comme d’autres ont des palmiers dans la tête, des banquises dans les yeux ou des murmures de rivières dans les oreilles, lui n’a qu’une suite de voûtes, de piliers, de statues, une odeur de cire et d’encens qui lui colle au veston. Á soixante ans, il en paraît dix de plus, mais en a-t-il déjà fait dix de moins ?..
Facteur d’orgues. Il est un artisan reconnu et respecté. Mais c’est grâce à lui que l’organiste se fait virtuose, c’est l’artiste qu’on admire, pas le mécano. Et ça, Rémi, il a toujours eu du mal à le digérer.

Le parvis de Sainte Eulalie. En face, le Café de la Place. « Beaucoup d’imagination ! » note ironiquement le vieil homme qui revient aussitôt à ses ruminations.
Pourquoi toujours rester dans l’ombre, pourquoi ne jamais oser changer le cours des choses ? Il sent la hargne des petits, le venin de la révolte monter en lui. Après avoir longuement caressé Maestro repu d’un gros morceau de croissant, Maître Rémi Fassol pousse en soupirant la lourde porte de l’église et grimpe l’escalier grinçant.
C’est décidé, il va saboter l’orgue, placer les sifflets de travers ou dévisser quelques clés. Sa réputation est telle que personne ne le mettra en cause. Seules les capacités de l’organistes seront contestées.
Il se met à l’ouvrage, si l’on peut dire, et s’interrompt en entendant un léger raclement de gorge derrière lui.

- Bonjour Monsieur, dit un petit garçon blond, est-ce que je peux vous regarder travailler ? Je voudrais faire comme vous, quand je serai grand. C’est un beau métier !

- Oui… Si tu veux… Mais ne me gêne pas surtout, bougonne le bonhomme.

Finalement, ce sera, une fois de plus, un travail irréprochable, et l’assistance sera ravie.

Le cliché est de Jan ANDEL (bez nàzvu - 1974)

dimanche 4 octobre 2015

Tracer sa route...

Je suis devenue addict du blog de Mil et Une, et je participe à nouveau au défi hebdomadaire !






C’était un gars ordinaire qui menait une vie ordinaire dans laquelle il croisait des anonymes qui ne le voyaient pas, qui ne se voyaient pas. Il n’était qu’un grain de sable, même pas un de ceux capable d’enrayer une machine.
Alors il décida de tracer son chemin, tout seul, pour voir où cette route le mènerait, et il prit la clé des champs…
Il ne lui fut pas simple d’imprimer sa trace, de baliser son passage, d’ouvrir par sa volonté d’autres possibles pour qui voudrait le suivre, de persister à cheminer seul, pourtant, en continuant à tirer tout le poids de son passé qu’il ne souhaitait pas oublier. Il voulait mesurer la distance parcourue depuis qu’il avait pris sa décision, il était fier de voir que son regard pouvait se perdre au-delà de l’horizon où se noyait son « avant »… Il avançait malgré les obstacles, comme un bœuf ahanant sous le joug, enfonçant un pied après l’autre dans la terre grasse de l’avenir qu’il se traçait.
Et il finit par s’arrêter, au bout du rouleau. Il ne pouvait plus rien dévider, il avait tout donné. Mais comme la foi, ou la volonté, peut soulever des montagnes, dans un ultime effort il souleva le bitume pour voir ce que, peut-être, toute la route qu’il avait parcourue lui réservait encore de surprises. Dessous, il trouva des pavés et, sous les pavés, la plage…
Il fut émerveillé devant la multitude de grains de sable en apparence sans importance qui doraient la grève. Alors il s’allongea, se fondit en eux, se laissa rouler par la vague et entraîner pour un dernier voyage…

jeudi 1 octobre 2015

Octobre

La page est tournée...



Souvent la Sainte-Thérèse apporte un petit été, 
mais surtout, jardinier, ne va pas te déshabiller.

*

lundi 28 septembre 2015

Les fleurs du silence

     Parce que le texte est venu tout seul, je participe encore cette semaine (la 40) à l'atelier en ligne de Mil et une...


Il était là, comme chaque jour, depuis… depuis avant le bouquet. J’ignore tout de lui, sinon qu’il est déjà dans la rame quand j’y monte, en sortant du collège, et qu’il en descend deux stations avant moi. C’est dire que j’ai le temps de l’observer. Je ne l’ai jamais vu habillé autrement, mais il est toujours très propre, très droit et imperturbable. Peut-être un employé de banque, ou un commis dans un cabinet d’avocats, ou un de ces répétiteurs qui s’efforcent de faire entrer quelques bribes de savoir dans de jeunes crânes obtus ?... Ce doit être son nœud papillon qui fait vagabonder mon esprit ! A y regarder de plus près – et je suis bien placée – son col est élimé et ses chaussures ont avalé plus de kilomètres qu’elles n’auraient dû, mais elles sont toujours cirées et il prend soin de reculer ses pieds à chaque arrêt pour qu’on ne les écrase pas. Donc, au début, il se tenait bras ballants, essayant comme tout un chacun de rester stable malgré les tressautements métalliques du wagon. Et puis une fille est montée, belle comme une de ces starlettes des magazines que je regarde en cachette. Elle avait la taille fine, les jambes longues et ses pieds semblaient tous menus dans leurs escarpins vernis. Le garçon l’a regardée, juste assez pour tout enregistrer de sa blondeur, de ses yeux rieurs et de sa bouche ourlée de rouge cerise, et vite il a regardé droit devant lui, comme si elle n’était plus là, mais j’ai vu que de fines gouttelettes de sueur perlaient sur son front, juste à la racine des cheveux. La belle était accompagnée d’une amie, qui paraissait terne à côté d’elle, et qui semblait n’être là que pour écouter son bavardage, en souriant et en hochant la tête par moment, en signe d’acquiescement. Le jeune homme, parfois, les regardait, sans en avoir l’air, comme s’il essayait de capter son propre reflet dans les vitres noircies par les tunnels. Il n’avait pas fallu longtemps à une oreille attentive, et à peine indiscrète, pour entendre de la jolie bouche carmin que ces demoiselles fraîchement arrivées en ville prendraient désormais le métro de 18h45. Elles se sont envolées trois stations avant la mienne et j’ai perçu le relâchement de tous les muscles de mon voisin, qui a semblé tout mou tout d’un coup ! Le lendemain, effectivement, elles étaient là à l’heure dite et j’ai à nouveau perçu les ondes qui passaient entre le garçon et la fille qui pérorait toujours à l’adresse de sa compagne, que je surnommait aussitôt « la discrète », comme j’avais déjà nommé « l’absent », à qui il allait falloir donner un autre qualificatif… A partir de là je le vis chaque jour avec des fleurs à la main, de modestes fleurs sans doute cueillies dans le coin reculé d’un square : d’abord une, puis deux, puis trois… Le nombre augmentait chaque fin d’après-midi, jusqu’à faire des bouquets, jusqu’à celui-ci qui donnait la mesure du temps  passé. Mais jamais l’homme ne disait rien. La fille, par contre, s’amusait franchement et ne ratait jamais l’occasion de perdre l’équilibre dans une courbe pour se laisser aller contre le torse de son voisin ou se retenir à la manche de sa veste. Alors elle s’excusait en riant, accusant ses escarpins, puis adressait un clin d’œil à son amie.
Pourtant, aujourd'hui, le jeune homme a pris une grande inspiration, a baissé la tête en me souriant, comme pour me montrer qu’il savait que je l’observais, et a relevé les yeux pour regarder la jeune fille. Lentement, il a baissé le bras, l’a tendu dans sa direction. Mais alors qu’elle tendait ses mains, doigts écartés, pour recevoir l’offrande en minaudant, le bouquet est passé devant son visage et s’est posé dans les bras de la discrète qui a rougi, blêmi et empourprée à nouveau quand l’absent lui a dit : « Accepteriez-vous de descendre au prochain arrêt avec moi ? » Et comme si le temps était complice, la rame s’est arrêtée et le couple est descendu, lui et elle se frôlant sans se toucher, elle serrant un gros bouquet sur son cœur, lui imperceptiblement penché vers elle.
Dans le métro qui repart, une fille ne comprend pas très bien se qui vient de se passer, et je me dis qu’il va peut-être falloir trouver un autre sujet de distraction sur mon trajet.