vendredi 30 janvier 2015

Adieu janvier

Comme ce mois est passé vite... Aujourd'hui, je ramasse les quelques cartes de vœux traditionnellement exposées sur le manteau de la cheminée. Il n'en arrivera plus d'autres. Je vais aussi jeter cette jolie petite branche que j'avais "pshittée" de blanc et qui est la toute dernière déco de Noël. Finalement, en janvier, on est encore un peu dans les fêtes, l'année n'est pas vraiment commencée...
 
C'est peut-être pour ça que j'ai tardé à présenter mon "pousse les jours" de 2015 ! Il a été réalisé en atelier, au début du mois, et je vais l'égrener sur les onze restant.
Il est donc grand temps de vous montrer ce que j'ai sous le nez depuis un bout de temps :
 

 
Pour chaque mois, j'ai sélectionné une photo prise à date équivalente en 2014. Quand les souvenirs sont beaux, pourquoi s'en priver ?!

lundi 26 janvier 2015

Créativité

Par le même canal que pour "le livre à boire" (info scrapbooking), je reçois ceci aujourd'hui :

Le doodling est toujours à la mode. Vous ne savez pas ce que c’est ? Un « doodle » en anglais est un griffonnage ou un gribouillage. Et aujourd’hui il s’affiche partout, tout est prétexte à la mode doodling.
Ainsi une américaine a décidé de relooker sa Nissan Skyline GTR avec des doodlings. Le résultat est surprenant après 100 heures de travail quand même !

car-art-sharpie-pen-drawing-7  Le doodling Doodling de voiture
 
Alors avez-vous la fibre artistique pour relooker votre voiture, votre vélo ou scooter en mode doodles ?!
 
C'est vrai, on a alors un véhicule facilement reconnaissable dans un parking et facilement repérable en cas de vol. Mais a-t-on songé au coût des reprises de peinture  en cas d'accrochage ?!!!  Ah, que ne ferait-on pas au nom de l'Art !
 
Le 6 septembre 2012, déjà, j'avais eu la chance de photographier, à Saint-Pierre de la Réunion, le Peugeot Partner  de Richard Riani, un artiste Réunionnais montant. Il se préparait à emmener son œuvre motorisée au Mondial de l'Auto de Paris (29-9 au 14-10-2012) :
 
 
 
 


dimanche 25 janvier 2015

Ephémère

J'ai passé ce beau dimanche après-midi de janvier à Plougastel, pour aller voir une artiste sicilienne jouer avec du sable sur une table lumineuse.

 
Sous ses doigts est née une belle histoire d'amour, pour un homme, d'abord, pour un enfant, ensuite. Scènes évoquées et aussitôt effacées...
Le clip ci-dessous, est un passage du spectacle, jamais le même puisque c'est un enfant sur une balançoire qui tremblait, tantôt, au bord de cet œil magnifique...


Et son talent lui a permis une jolie dédicace au lieu qui l'accueillait aujourd'hui : après une carte de l'Europe au-dessus de laquelle un pont réunissait un cœur à la pointe Bretagne avec un autre cœur en Sicile, elle a transformé cette passerelle en anse de panier de fraises ! Ont suivi un étal de marché, un couple en costume traditionnel, le superbe calvaire de la ville, les bateaux, bien sûr. Et son spectacle c'est achevé par un subtil agencement de tracés d'instruments de dessin, pour la liberté d'expression...
 
Ce fut un beau moment d'enchantement !

Programmation :
Avec une poignée de sable fin et un immense talent, la sicilienne Stéfania vous entraine dans son univers merveilleux inspiré des lieux, des rencontres et des émotions qu’elle traverse. Au gré des mouvements de ses mains sur le sable elle enchante nos imaginaires en donnant vie sous nos regards à des images mouvantes, éphémères. A l’occasion de sa venue à la pointe du Finistère, Stéfania vous livrera une performance artistique étonnante inspirée du patrimoine de Plougastel.
Performance tout public, durée 1h15

vendredi 23 janvier 2015

I, comme... Imaginer

Avec la lettre "I" se termine ma participation aux souvenirs de ce petit garçon découvert en "E-F-G-H". Je suis déjà en train de forger l'enfance d'un autre...


J’ai passé mon enfance à imaginer ma vie d’adulte. Je savais, sans trop vouloir m’arrêter à cette idée, que mon aïeule, un jour, ne serait plus là. Oncle Charles avait surmonté son chagrin et était chauffeur routier. Nous ne le voyions pas souvent, mais quand il était là, il nous racontait les grandes villes, les paysages traversés et les monuments croisés. Grand-mère laissait alors errer son regard bien au-delà des murs de la salle, et moi je me promettais qu’un jour, je découvrirai tout ce qui était plus loin que le chef-lieu de canton où j’allais, personne n’en doutais, bientôt obtenir mon Certificat d’études. C’est à partir de là ce ça devenait un peu compliqué : grâce à une bourse, je devais aller au collège, où je serais pensionnaire. Madame André nous avait expliqué la pension, à Colette et à moi, mais déjà, nous ne serions pas ensemble puisque j’irais dans un établissement pour garçons, loin de mes rares connaissances. Il était établi avec ma grand-mère que l’oncle et correspondant de Colette me recevrait chez lui, un dimanche par mois, pour déjeuner et rompre ma solitude. Comment me projeter dans un futur si différent de mon quotidien ? Il me fallait toute la force de mon imagination. J’étais devenu ce qu’il convenait d’appeler « un bon élève », j’avais acquis le goût de l’étude et exacerbé celui de la lecture. Certains caressaient pour moi le dessein de me voir instituteur, et l’idée ne me déplaisait pas, même si je tenais toujours à mon rêve. Tout me ramenait aux livres. Nous avions été quelques uns admis à visiter un atelier de typographe, pour un devoir, et j’avais du mal à penser qu’un ouvrage puisse naître de tout ce bruit, de toutes ces manipulations de caractères de plomb tachés d’encre, de ces mains noircies qui les agençaient en mots. Non, je ne serais pas ce type d’artisan. Mais qu’existait-il d’autre ? En ville, il y avait une grande bibliothèque. J’étais passé devant plusieurs fois, mais jamais je n’avais osé demander à y entrer. Je devinais que les pistes de ma destinée devraient passer par là, et je me mis à planter un décor à partir d’illustrations glanées ça et là dans les quelques livres à ma disposition : c’était un mélange de dédale médiéval où travaillaient des formes encapuchonnées, de lambris victoriens autour de portes finement grillagées, de refuge du Capitaine Némo, imaginé par Jules Verne, et de gravure de Gustave Doré. Ce devait être beau et impressionnant.

Chartreuse deValldemossa - Majorque - 2012

mercredi 21 janvier 2015

On peut dévorer un livre, mais connaissez-vous les livres "à boire" ?

Regardez plutôt :

Une belle initiative qui pourrait voir le jour en 2015… grâce à vousLe livre pour boire : le « Drinkable Book » ou livre à boire !
Imprimé sur du papier filtre,  ce livre purifie l’eau des bactéries dangereuses. Une page de ses pages donne ainsi de l’eau potable pendant 30 jours (les pages sont détachables et transformables en filtres) et le livre entier permet à une personne d’avoir de l’eau potable pendant 4 ans !
Une excellente idée d’une chimiste de l’Université de Virginie et des chercheurs de l’ONG « Water is Life« . Pour que plus d’exemplaires soient imprimés, il suffit de faire un don. Un beau projet autour d’un livre en papier !

 

lundi 19 janvier 2015

H, comme... Histoire

Mon petit héro "E-F-G" retrouve ici son insouciance enfantine pour continuer l'alphabet. Il me restera à vous montrer ce que cache son "I"...



Á l’école, j’ai appris à lire, et le plaisir qui en découle. Á l’époque, il y avait la distribution des prix, en fin d’année scolaire. Les trois premiers de chaque classe recevaient une pile de livres de taille proportionnelle à leur rang de classement, accompagnée d’un bulletin imprimé noir sur blanc, rempli au porte-plume et à l’encre violette par l’institutrice.

Le quatrième recevait un seul livre, en guise d’encouragement. Ce fut mon cas, une année très spéciale où une seule histoire nécessitait deux tomes. Si je me doute aujourd’hui que l’achat des lots était subordonné à des directives de lecture ministérielles ou académiques, j’ignore si le livre qui m’a été attribué ce jour-là relevait d’une intention précise : il s’agissait de « Sans famille », d’Hector Malot. Les livres jumeaux sont toujours dans ma bibliothèque, comme des objets précieux. J’ai lu et relu ce roman dans lequel j’ai découvert Capi. Certes, mon chien ne ressemblait en rien à celui de Vitalis, pas plus que je n’étais Rémi. Mais j’y retrouvais mes errances dans la campagne, la chaleur de la maison de « ma » Maman Barberin, mon désarroi d’orphelin. Ne me manquait que la joie de retrouver ma mère, au bout du voyage…

Ce fut aussi un livre-clé à cet instant de ma vie : je décidai que je serai écrivain ! Avec le temps, j’ai constaté que la vie a un parcours bien sinueux et que nos choix peuvent être différents de nos rêves. Mais les livres sont restés mes amis, ils sont mon cadre de vie, même si ce n’est pas moi qui en écris les histoires.


Les miens m'ont été offerts pour le Noël de mes 9 ans...

vendredi 16 janvier 2015

G, comme... Garce

Je continue à (de ?) tourner pour vous les pages de l'abécédaire des souvenirs de l'enfant "E" et "F"...

« Garce de guerre » disait ma grand-mère. Je ne connaissais pas le sens du qualificatif, mais je soupçonnais qu’il était lourd de rancœur et de chagrin, que c’était un de ces mots de haine qu’il m’était interdit, à moi, de prononcer. La guerre avait lourdement frappé tous et chacun. Chez nous, c’est mes parents qu’elle avait pris. Oh, elle avait bien manigancé son coup, elle ne les avait pas fauchés pendant le conflit, elle avait juste fait en sorte que mon père croise la route d’un obus qui lui avait arraché une jambe et haché une partie du visage. On l’avait alors porté « disparu », et l’étincelle de gaieté qui brillait dans les yeux de ma mère s’était éteinte. Puis on l’avait identifié, et rapatrié au plus près de sa famille, dans un hôpital où il recevait des soins très lourds, et ma mère, dont la peau avait aussi perdu son éclat, m’avait confié à ma grand-mère pour s’occuper de son mari. Elle avait aussi trouvé un emploi de caissière qui lui permettait de survivre. Et puis les médecins avaient déclaré qu’ils avaient fait le maximum, que mon père pouvait rentrer chez lui… Il est mort, et ma mère aussi. C’est tout ce que ma grand-mère m’a annoncé, en me prenant sur ses genoux avec une tendresse bourrue, un après-midi, après que le facteur lui a apporté un télégramme.

Je n’ai su que bien plus tard que son fils aîné n’avait pas pu supporter son infirmité et s’était défenestré pendant que sa femme était au travail. Elle, s’était endormie, le soir même, en laissant sur sa table de chevet un tube de comprimés vide.

« Garce de guerre », qui ricochait certains soirs entre les murs de la maison, dans sa version déformée par la fureur avinée de mon oncle qui hurlait : « Les femmes, toutes des garces ! » Grand-mère tentait de l’apaiser, il l’insultait alors, elle criait plus fort que lui, et dans le lourd silence revenu j’entendais oncle Charles pleurer dans le giron de sa mère, et du fond de ma cachette, je crois que cela m’effrayait bien plus encore que ses cris. Jeannot m’avait raconté que Charles était comme fiancé avec une fille de Normandie, quand il avait pris le maquis. Il était rentré en héros pour apprendre que sa promise avait été tondue. Si nous ne savions pas ce que cela représentait vraiment, nous comprenions que c’était grave, et qu’il ne fallait toujours pas en parler, des années après.

 

dimanche 11 janvier 2015

Il fallait juste...

Il fallait juste que je me prenne par la main, après en avoir pris le temps, pour coller dans ce mini les photos qui lui manquaient et qui vont avoir... un an !
 
L'après-midi était gris, c'était le temps idéal pour une scrapeuse (pour la phase découpe/collage uniquement !).
Bien sûr, ça n'a pas été long, et j'ai allégé la pile d'attente d'autant ! Mais il en reste...

samedi 10 janvier 2015

Malgré tout

Malgré la bêtise, l'obscurantisme, malgré une naissance endeuillée, une arrivée souillée, et pour espoir garder...

lundi 5 janvier 2015

F comme... Filles

Après "E"

Je n’ai pas échappé à la règle qui veut que les garçons, passé la toute petite enfance, trouvent les filles « gnan-gnan » ! Il y a toujours ce moment où, sans savoir pourquoi, les clans se forment, les jeux et les centres d’intérêt diffèrent. J’ai appris, depuis, que les filles ne sont pas en reste : les garçons, sans exception,  sont des brutes qui ne comprennent rien.

Mais toute règle a ses exceptions, et Colette en faisait partie. C’était la fille de Madame André, la maîtresse du Cours élémentaire. Elle était la seule à jouer indifféremment avec les unes et les autres, passant sans sourciller de la corde à sauter aux billes, des secrets partagés à deux ou trois en marchant dans la cour, bras croisés dans le dos en se tenant par la taille, à des parties endiablées de « chat perché ». Même si ses socquettes étaient toujours correctement tirées, ses tresses nouées avec des rubans assortis à sa tenue, ses genoux étaient aussi couronnés que ceux des garçons et les poches de son tablier souffraient souvent de nos jeux ! Pour elle, comme elle, j’ai commencé à collectionner les buvards de réclame que nous échangions, et elle me ramenait les images de chocolat qui manquaient à mon album. Nous étions devenus, en quelque sorte, les traducteurs de deux races au langage différent. Bien sûr, cette époque ne dure pas, et les filles continuent de tenir les garçons à l’écart, tout en les regardant par en dessous et en gloussant entre elles. Mais Colette est restée fidèle à elle-même. Notre amitié a failli me coûter celle de Jeannot, jaloux de notre complicité, même si je protestais : « Mais Colette, c’est pas une fille, c’est juste… Colette ! ». Il m’aura fallu du temps pour réaliser notre rivalité amoureuse !

Ma Colette…

 

samedi 3 janvier 2015

E comme... Escargots

Décembre était le mois de la rédaction du second "chapitre" de notre fil rouge, mais chaque histoire ayant changé de mains, j'ai laissé mon héros précédent pour un nouveau dont on sait dès la lettre "A" qu'il est orphelin et vit chez sa grand-mère. Je vais vous livrer ses souvenirs de "E" à "I"...


La chasse aux escargots était un de nos passe-temps favoris au printemps. Grand-mère me confiait un grand sac de jute et je battais lentement la campagne en regardant où je posais les pieds, en fouillant les touffes d’herbes du regard, attentif à ne ramasser que les plus gros, délicatement saisis entre le pouce et l’index. Je regardais le corps musculeux, variant du beige au gris, qui se relâchait et pendait une fraction de seconde, puis se rétractait très vite dans la coquille. C’est le genre d’animal dont la capture ne provoque aucun état d’âme, juste de la répulsion chez les filles.

Au retour, Grand-mère mettait les bestioles à jeûner dans une immense lessiveuse, dans la buanderie, en les aspergeant de farine, jusqu’à ce que leurs déjections soient blanches. Alors le moment de préparer les bocaux de conserves arrivait, et ce qui se passait dans la cuisine n’était plus de mon domaine.

Une fois, très fier de moi, après l’école, j’ai voulu montrer mon butin aux copains, pour le comparer au leur, et j’ai mal remis le couvercle de la lessiveuse… Le soir, alors que j’allais me coucher, j’ai entendu Grand-mère pousser un grand cri de stupeur, suivi immédiatement d’une injonction à la rejoindre : les escargots escaladaient les murs et arpentaient le plafond du réduit, laissant derrière eux un sillage gluant et argenté. Je n’ai regagné mon lit que tard dans la nuit, quand tous les fugitifs ont réintégré leur prison, et j’ai été privé de jeu avec mes camarades pendant une semaine. Qui a dit que les escargots avançaient lentement ?

Il me semble sentir encore l’odeur un peu âcre du court-bouillon de cuisson, et c’est toujours avec autant de gourmandise, et un brin de nostalgie, que je vois arriver sur ma table un plat d’escargots farcis, frémissants de beurre grésillant.