dimanche 29 mars 2015

Une touche de scrap

J'avais réussi à trouver quelques photos de mes aïeux  paternels et maternels, pour les insérer dans mon logiciel de généalogie. Certaines sont déjà encadrées à la maison, et mes petits enfants demandent toujours "qui est qui ?". Alors j'ai décidé d'en faire un album, édité en ligne, expliquant les liens entre eux... et moi.
Et j'ai reçu ceci, qui est un raccourci de mon histoire :

 
Bien que ce soit la formule la moins chère, je n'ai pas été déçue, mais j'ai décidé d'apporter un petit plus à la présentation :

 
La dernière page portait le nom de la société et un code-barre. Je me suis autorisée à les cacher !
 
 
Ainsi, j'ai pu concilier plusieurs passe-temps, et ce fut bien agréable.

Ruban : Stampin'Up
Fleurs : Kesi'art et Florilèges design
Charms et brads perle : Marianne design (Kippers)
Bouton bois : Prima (Kippers)
Dies : Tim Holtz (Kippers) et Kesi'art
Transferts : Tendance Créa
Galon papier et tag : Graphic 45


mardi 24 mars 2015

Q, comme... quintette

O, P, et maintenant...


Mon cœur et mon esprit ont chaviré un soir de mes treize ans. Cela faisait presque trois ans que je prenais des cours de flûte, d’abord avec Madame Dubois, qui ne connaissait que ce qui était nécessaire à l’approche d’un instrument en primaire, puis avec Monsieur Rivière, le notaire, dont personne, à part l’institutrice, ne connaissait les talents de musicien. Elle connaissait d’ailleurs beaucoup plus que cela, je le sais aujourd’hui, bien que rien dans leur comportement en ma présence ne l’indiquât. Tous deux avaient été sensibles à ma détermination, et avaient pris sur leur temps libre ces moments d’apprentissage que je trouvais toujours trop courts. Je tenais à évoluer pour montrer à mon père que ce n’était pas en vain qu’il m’avait accordé sa confiance.

Arrivé au collège, j’ai dû être pensionnaire, mais mes parents, aidés par Monsieur Rivière, m’ont trouvé un professeur de musique officiel, chez qui j’avais le droit de me rendre chaque jeudi après-midi. Ils m’avaient acheté une flûte à bec d’occasion, pour laquelle Maman avait confectionné un bel étui de velours grenat. Lorsque je rentrais à la ferme, en fin de semaine, je jouais pour ceux de ma famille qui étaient là. Ronan était scolarisé dans un collège agricole, assez loin de chez nous, et ne revenait pas souvent ; Hervé était apprenti mécanicien dans le garage du bourg et Mona, elle aussi, était en pension, dans une Maison Familiale Rurale des environs où elle espérait mener à bien des études de gestion et comptabilité, si utiles pour la conduite d’une exploitation. Lisig se sentait seule. Je jouais, donc, mais seulement après avoir aidé à la maison, fidèle à mes engagements. Á condition, toutefois, que mes devoirs soient faits et mes leçons sues, mon père y veillait ! J’allais aussi régulièrement faire écouter mes progrès à mes mentors, ce qui décida un beau jour le notaire mélomane à m’inviter à un concert dans la ville voisine. Malgré les mises en garde paternelles et les recommandations  maternelles, j’étais une vraie pile électrique en descendant de voiture devant le théâtre municipal où se produisait un quintette à vent de bonne renommée, à ce qu’en disait Monsieur Rivière. Puis le grand escalier de marbre, les sièges de velours rouge et les lourds rideaux frangés d’or fané, de chaque côté de la scène éclairée, m’ont intimidé, et je suis resté sagement assis, serrant mes mains moites et croisées entre mes genoux. Le brouhaha des voix, les toussotements, les froissements de programmes, les bruits de coulisses, tout se gravait dans ma mémoire, à jamais…

Et les musiciens sont entrés : quatre hommes en frac et une femme en longue robe noire, tenant une clarinette. Dans le demi-cercle qu’ils ont formé en s’asseyant, elle était suivie d’un hautbois, d’un cor, d’une seconde clarinette et, enfin, d’une flûte traversière argentée qui jetait des éclats de lumière sous les projecteurs. Le silence s’est fait dans la salle, et les notes se sont élevées. Je n’avais jamais rien entendu d’aussi beau et je découvrais Mendelssohn, Ligeti et ses « Six bagatelles », Gabriel Fauré et, en apothéose, Gershwin et l’éblouissante « Rhapsody in Blue », pour laquelle on avait amené un piano qui semblait provoquer les cinq concertistes et leur donnait la réplique. Pendant toute la représentation, j’avais été tendu comme un arc, mes yeux ne quittaient pas le flûtiste. Á l’entracte, j’avais décliné l’offre de me dégourdir les jambes, j’écoutais encore les morceaux qui résonnaient dans ma tête. Et lorsque, à la fin du concert, Monsieur Rivière m’a proposé d’aller féliciter les artistes, mon cœur a raté un battement, avant de s’emballer ! Je me suis laissé guider par cette main rassurante sur mon épaule jusqu’à ce musicien, le seul qui comptait pour moi : il m’a demandé si j’avais aimé, je n’ai pu que dire « oui » de la tête, je n’avais plus une goutte de salive ! Puis il a signé mon programme, celui qu’Herveline a fait encadrer pour mon anniversaire, il y a quelques années, et qui est accroché au mur de mon bureau, près d’une huile de maman qui représente la ferme, avec mon père au premier plan, au milieu de beaucoup d’autres photos où je figure.

De ce soir-là date mon choix de la flûte traversière.

* Pour écouter la musique, cliquez sur le nom du musicien...

Antoine Watteau, "Etude de flûtiste". Sanguine, pierre noire et rehauts de craie blanche, 17 x 17,3 cm. Cambridge, Fitzwilliam Museum












 

 

vendredi 20 mars 2015

P, comme... Pain


Aujourd’hui encore, j’ai la nostalgie du pain de mon enfance, de ces miches qui fleuraient la farine et le feu de bois, qui restaient souples longtemps dans le tiroir profond de la table de la salle, à côté du pot de confiture entamé et, parfois, d’une tablette de chocolat. Elles voisinaient avec le grand Opinel de papa et avec les serviettes, cerclées des ronds de bois gravés à nos prénoms, qu’elles parfumaient. Nous essayions de tailler des tartines épaisses, à la manière de notre père, le pain serré contre notre cœur, le bras entourant la grosse croûte ronde, la lame horizontale qui venait doucement vers nous dans son lent mouvement de va et vient.

J’y étalais le beurre presque blanc sur lequel maman avait tracé des croisillons, pour faire joli, ou j’y mettais de la confiture, en contournant les trous, « pour ne pas perdre ». Et je mordais dans ma tranche avec un plaisir indicible et chaque fois renouvelé. C’est ainsi que je matérialise, maintenant, l’expression : « Mordre dans le bonheur ».

S’il restait du pain rassis, nous le trempions avec la soupe, dans le fond d’un bol pansu, blanc à dessins rouge. Maman n’a jamais fait de « pain perdu ». Les miettes étaient soigneusement balayées du tranchant d’une main jusque dans la paume en coque de l’autre et jetées dehors, pour les poules, pour les oiseaux.

J’ai gardé ce respect du pain, jamais jeté, jamais posé à l’envers, entamé après une croix au couteau, en bénédiction machinale, presque inconsciente, et je continue à chercher, chez les meilleurs boulangers que les hasards de la vie me font croiser, le goût du pain de mon enfance.
 
Panier de pain - Salvador Dali - 1926

jeudi 19 mars 2015

O, comme... Objectif

Notre petit flûtiste n'a pas fini de se présenter...


J’avais dix ans. Je m’étais ouvert à ma mère de mon désir, de plus en plus lancinant, d’apprendre – vraiment – la musique. Elle en avait discuté, un soir, avec mon père, dans le huis clos de leur lit. Personne, jamais, dans notre famille, n’avait fait une telle demande, mais papa laissait maman peindre, j’étais confiant.

Jouer de la flûte en regardant une partition, en la gravant dans ma tête et dans mon cœur, c’était mon objectif. J’avais regardé ce mot dans le vieux dictionnaire que notre père avait eu pour avoir été reçu au Certificat d’Etudes. Il y était écrit deux définitions : que c’était ce qui existait en dehors de l’esprit, et que c’était un but. Je n’avais pas à choisir entre les deux. Je sentais que la musique était en moi, ce n’était pas une idée à laquelle j’avais besoin de réfléchir, et être musicien, c’était un rêve, mais j’étais sûr que si j’avançais vers lui doucement mais résolument, je l’apprivoiserais.

J’étais un élève moyen, ce fut là-dessus que mon père s’appuya : si j’améliorais mes notes d’ici la fin de l’année scolaire, et si je promettais de continuer à aider tous et chacun à la ferme, alors il s’arrangerait pour trouver quelqu’un, pas trop loin, qui me donnerait des cours pour pas trop cher. En fait, c’est lui, ce jour-là, qui me fixa un objectif.

Jean-Louis-Ernest Meissonier - Le joueur de flûte
 

lundi 16 mars 2015

Pratiquez-vous le Tsundoku ?

Tsundokoi !? C’est comme le Sudoku ? Et non le Tsundoku est en fait une expression japonaise, qui vient de « tsumu » empiler et « doku » lire. Ce terme désigne le fait d’acheter des livres, que l’on ne lit pas forcément, et qui finissent ainsi par s’empiler chez soi sur son bureau, sa bibliothèque, sa table de chevet, à même le sol… comme illustré sur ce dessin trouvé sur Internet.

tsundoku

Alors pratiquez-vous le Tsundoku ?

(article "Créa passions" du 16 mars 2015)

dimanche 15 mars 2015

Et si...

Oui, et si la Belle au Bois dormant ne s'était pas réveillée ? Comment le conte aurait-il fini ?
Je vous livre ici ma version, mais il y en a eu beaucoup d'autres, tout aussi déjantées, lors du dernier atelier d'écriture !
Inutile de préciser que la lecture de ce qui suit est complètement interdite aux moins de 12 ans...
 
 
Sûr de son charme, le prince se penche, écarte délicatement une mèche de cheveux sur le front de la belle, la contemple quelques instants et, enfin, pose ses lèvres sur les siennes.
Aucune réaction…
Un peu surpris, le prince fait une nouvelle tentative, tout aussi infructueuse.
Diantre ! Dame Fée, sa marraine, lui a pourtant dit que c’est ainsi qu’il faut procéder ! Mais peut-être le baiser a-t-il été trop chaste ?
Il se penche à nouveau, mais se relève vivement et reprend son souffle. La damoiselle sent quand même un peu le renfermé, depuis cent ans qu’elle pionce ! Et puis la marchandise n’est plus de première fraîcheur. Ce n’est pas parce qu’on est un Prince Charmant qu’il faut charmer à tout prix, et là, c’est le prix fort, se dit-il.
Il est respectueux des traditions, pourtant, et son devoir est de réveiller la princesse, c’est écrit partout, dans toutes les langues. Il ne peut pas y échapper, les enfants ne comprendraient pas et ne croiraient plus aux contes…
Il sent monter une vague nausée quand il se décide enfin pour une dernière tentative : en se pinçant le nez d’une main, il pose l’autre sur le bord du lit et se penche. C’est alors que le montant vermoulu se casse et que l’altesse s’aplatit dans un fatras de tissus poussiéreux et de coussins de plume crevés.
Inquiet pour la belle, il se redresse tant bien que mal, prend la main de la princesse, s’aperçoit avec horreur que le bras ne suit pas, que le corps qui gît au milieu du lit dévasté a une drôle de position, en équerre. Il tâte, pousse, tire ici une jambe, là un tronc, là encore une perruque filasse…
Damned ! Il s’est encore fait avoir par la publicité ! Il n’y a pas, il n’y a jamais eu de princesse ici. Juste une poupée de chiffon pour attirer les princes trop crédules et les forcer à dépenser quelques écus à l’auberge du coin, pour se remettre de leur déception !
Heureusement, il a entendu parler d’une autre princesse, dans les environs, qui a avalé un morceau de pomme de travers. Il a quelques notions de secourisme et une histoire à sauver. Sans perdre un instant, il saute sur son fier destrier et s’enfonce dans la forêt profonde…
 
 

samedi 14 mars 2015

N, comme... Naguère

Un nouvel enfant est venu s'accrocher à ma plume, et s'y balancer, juste le temps qu'il faut pour aller de "N" à "R".
Venez à sa rencontre...

« Naguère » était un mot qui me plaisait, il recelait sa part de brumes, il était moins galvaudé que « Avant », plus racé que « Dans le temps ». Il n’avait qu’un équivalent à sa taille : « Jadis ».

Ce mot et son synonyme étaient une source inépuisable de rêve pour moi : naguère, j’aurais été joueur de flûtiau pour des bergères aux pieds légers menant paître des troupeaux de moutons blancs et enrubannés, j’aurais été musicien de passage dans les banquets des châteaux, j’aurais pu, aussi, mi-ange, mi-démon, débarrasser une ville de ses rats au son de mon instrument. Dans le monde de Naguère, je n’étais plus le dernier né des garçons, ni l’avant-dernier de la fratrie, celui qui n’a pas de place particulière dans la hiérarchie des tâches, mais Adrian, le baladin, l’enchanteur, avec un atout majeur : ma flûte !

Si je partageais beaucoup de choses avec mes frères et sœurs, Naguère était mon secret. Je sais qu’ils se seraient moqués. Et je cherchais un équivalent pour me forger un avenir. « Plus tard » était trop loin, « Demain » n’avait aucun sens, je ne vieillirais pas de plusieurs années en une nuit. « Bientôt », peut-être, ferait l’affaire… Oui, « Bientôt » ouvrait tous les possibles, à moi de trouver le chemin qui y menait.
 
 
Hendrick ter Brugghen - Joueur de fifre, 1621 (Staatliche Museen, Cassel).

jeudi 12 mars 2015

L'Avent, après...

Si j'ai mis du temps à terminer cet album, j'ai aussi tardé à le présenter... Peut-être parce que je fais partie de cette minorité qui n'apprécie pas beaucoup les fêtes ?
Pourtant, comment aurais-je pu résister à réaliser ce joli projet, que nous proposait Manu'elle, en décembre dernier ?
Alors j'ai opté pour les préparatifs de la fête et le décor environnant. Mais les restrictions énergétiques sont là, et les lumières brillaient surtout par leur absence, dans notre petite ville.
Qu'importe, les enfants, eux, rayonnaient !
Donc, aujourd'hui, j'ai profité d'un timide rayon de soleil pour faire les photos que vous découvrirez ici, si le cœur vous en dit !

mercredi 4 mars 2015

Une pensée

La roue tourne, pour tout le monde, avec plus ou moins de bonheur(s)... La machine à remonter le temps, nous la possédons dans notre tête et dans notre cœur, et il est parfois bon d'y monter pour une petite balade en Pays de Souvenir !
 
Celle pour qui j'ai fait cette carte a de quoi voyager longtemps.



Tampon "Ecris moi -Petits moments à partager" de Kési'art.
Lift d'une carte de Manou.

M, comme... Maât

Avec le "M" se termine mon incursion dans l'enfance très imaginaire de ce personnage auquel je me suis attachée. J'espère que la suivante lui réservera encore quelques instants de bonheur...
 
Je fréquentais l’école du palais, alors que Ramsès, promis à la succession, était depuis longtemps parti à Memphis où il apprenait, avec les prêtres, tout ce qu’un futur pharaon doit connaître de la religion et des lois qui régissent le monde des hommes et celui des dieux. Il apprenait également les deux écritures. Seuls quelques enfants mâles de hauts dignitaires pouvaient partager cet enseignement avec lui.

Pourtant ce que j’apprenais des précepteurs n’était pas fondamentalement différent : tous ceux qui avaient le privilège d’apprendre devaient connaître les quarante deux lois de Maât, la déesse du principe de Vérité et de Justice. Nous étudiions aussi beaucoup d’autres textes, comme « L’enseignement de Ptahhotep », mais les préceptes de Maât étaient la base de notre apprentissage.

D’esprit curieux, et ouvert très tôt à deux cultures, j’avais du mal à comprendre comment la déesse pouvait être, à la fois, mère, épouse et sœur de Rê, trois personnes en une seule. Mais après tout, n’avais-je pas deux mères, dont l’une était aussi la sœur aînée de son fils ? Ce n’était pas la seule chose qui me posait problème. Maât était l’ordre et l’équilibre, mais son représentant, Pharaon, était souvent en guerre aux confins de son royaume et les intrigues étaient nombreuses. Maât était la Vérité, mais celle-ci n’était pas la même pour tous ceux qui vivaient sur notre terre. Maât était la Justice, et mon esprit, et tout mon être, se révoltait en voyant la pauvreté grouiller autour de moi et les esclaves servir de mortier de construction.

Où étaient la Justice et la Vérité ? Ces grands principes n’étaient donc pas universels ? Qui se lèverait un jour pour décider d’une seule et unique Loi pour tous les hommes ?

Au crépuscule de ma vie me revient un vieil enseignement : puisse mon cœur être plus léger que la plume d’autruche de Maât au jour de la pesée des âmes.
 
 

 

lundi 2 mars 2015

La créativité, c'est la vie

J'ai eu connaissance de cet article par un blog de travaux créatifs, et je suis ici parce que je m'essaie à l'écriture et au scrap, et vous venez ici parce que vous partagez un de mes hobbies, que vous en avez un qui vous est spécifique, que vous avez, en tout cas, la curiosité minimum nécessaire pour sourire à la vie.

 Le magazine Pyschologies a réalisé un article fort intéressant sur la créativité. Il démontre que la créativité n’est pas réservée aux artistes, et qu’elle est enfouie en chacun d’entre nous, il suffit juste d’une étincelle pour qu’elle se révèle.
 9721aa478821149e97a09a743777b08a
« La créativité c’est la cerise sur le gâteau, la huitième couleur de l’arc-en-ciel, le supplément d’âme qui change tout. » Comme le lirait dans cet article, être créatif c’est donc un état d’esprit, et que l’on doit faire une seule chose : oublier tout ce que l’on a appris à l’école ! Et vivre en étant tout simplement créatif…

L, comme... Lévi

Mon "petit" héros continue son chemin de lettres...
 
Lorsque j’eu atteint ma quatrième année, ma mère secrète cessa de m’allaiter. Mon autre mère aurait dû la renvoyer alors, mais elle ne le fit pas, elle la garda au nombre de ses servantes et je pus ainsi continuer à la voir et à apprendre d’elle les traditions d’un autre peuple pourtant si semblable à celui où je m’épanouissais.

J’ouvrais mon esprit et mes yeux à ce qui m’entourait et, déjà, des questions se bousculaient à la barrière de mes lèvres mais Yokheved m’apprenait aussi à ne pas les ouvrir sur ce qui devait rester notre secret.

Je suis persuadé, maintenant, que Bithia le savait, mais elle n’en a jamais rien dit. Elle me chérissait et ce qui me faisait plaisir la réjouissait, il en a toujours été ainsi, même alors que sa vie basculait avec la mienne.

Elle a ainsi préservé les dix premières années de ma vie, mais au-delà, plus aucune raison ne pouvait nécessiter dans la maison des femmes la présence d’une qui ne soit pas esclave ou nourrice, et d’autres, depuis longtemps déjà, se chargeaient de mon éducation.

C’est d’un œil sec que je dû voir, un matin, une forme voilée se fondre dans le lointain désertique pour rejoindre sa tribu, celle des Levi. Ma mère lui avait promis de toujours lui faire parvenir de mes nouvelles – elle l’a fait – et j’avais glissé dans son baluchon des ostraca où je lui disais mon amour, dans une écriture qu’elle ne savait pas déchiffrer.

Petrie Museum - Ostracon portant un extrait de la Prophétie de Néfertiti.

dimanche 1 mars 2015

Mars



Quand mars bien mouillé sera,
Beaucoup de fruits tu cueilleras.
 
*