mercredi 24 juin 2015

Voici la Saint Jean

     Je n'irai pas danser autour du feu, encore moins sauter par dessus, mais il m'est revenu cette chanson populaire que j'ai apprise au collège, ce devait être en 5ème, pour la fête de fin d'année, sous le sirocco... Le feu était dans l'air !
Jules Breton - La fête de la Saint Jean - 1875 - Musée des Beaux Arts de Philadelphie.

jeudi 11 juin 2015

Une journée au vert

Ce mercredi, j'ai participé, en famille et avec quelques copines de scrap, à la désormais traditionnelle balade annuelle en forêt, organisée par notre grand magasin suédois, en partenariat avec l'O.N.F.

Le technicien forestier qui nous accompagne depuis  maintenant quatre ans  nous a emmenés dans la forêt de Huelgoat, à la rencontre de Claude, un enfant du pays, qui a eu à coeur de nous faire découvrir ce qui fut le terrain de jeu de ses jeunes années, dans ce coin des Monts d'Arrée, dont il a même parlé sur une chaîne nationale :




Nous avons tourné autour du gigantesque bolet de granit dont on se demande comment il tient en équilibre et essayé de faire bouger la roche tremblante, ce qui n'est pas impossible,  on nous l'a démontré !

Parmi le chaos de roches qui semblent vomies par les entrailles de la terre, il est un endroit plus particulier où l'imagination populaire a trouvé des formes aux pierres : ici une cuillère, là un bol, là encore une bassine... Mais n'oublions pas que nous sommes en Bretagne, et là où il y a soupçon de malignité, on a tôt fait de s'assurer la protection divine. Aussi a-t-on nommé cette partie de la forêt : "le Ménage de la Vierge" !

C'est qu'il faut être prudent : pas loin de là s'ouvre entre les blocs l'entrée de la Grotte du Diable, qui invite les plus téméraires, ou les moins sujets au vertige, à une descente de 15 mètres entre et sous les éboulis...


Heureusement, le soleil a fait une joyeuse apparition pendant cette promenade ponctuée, tel était le but, d'informations sur les différentes essences de cette forêt particulière, sur la façon d'exploiter ce type de domaine, sur la biodiversité et la façon de protéger ce patrimoine fort et fragile à la fois.


Mais tout le long du parcours, nous savions que nous n'étions pas seuls : les Korrigans nous escortaient, invisibles la plupart du temps, mais bien décidés à intervenir au premier faux pas... L'un d'eux s'est pourtant laissé surprendre, au creux d'un talus ! L'auriez-vous vu ? Le voyez-vous ?


Vers 16 heures, nous sommes rentrés, car il n'est pas recommandé de trop traîner dans nos forêts enchantées... L'esprit et la vue finissent par s'y troubler, vous prendriez les ombelles pour  des dentelles de noces, vous entendriez parler les mouches, les chouettes entreprendraient de vous conter des histoires abracadabrantes de mariage,vous jureriez entendre et voir des choses qui n'existent que dans les livres... Du moins, c'est ce que la forêt essayerait de vous faire croire ...



vendredi 5 juin 2015

Un peu de douceur...

    Il y a assez longtemps, j'avais réalisé un porte-photos en atelier, chez Manue, et je m'étais dit que j'aurais bien l'occasion de faire plaisir à quelqu'un...
    Et voici qu'une de nos "Chouettes plumes" est devenue Mamy, pour la première fois ! Elle y mettra donc les photos d'Anna, qu'elle montrera fièrement à son entourage !


Maman est illustratrice jeunesse et Papa dessinateur de B.D. 
Anna sera-t-elle sage comme une image ?

*

jeudi 4 juin 2015

Commis d'office...

A l'Atelier, nous avons parfois l'humour grinçant... Et quand on nous sert la consigne qui suit, il y a beaucoup à redouter !
J'ai enfilé ma robe toute neuve pour ma première plaidoirie...

CONSIGNE :


ENCORE UN DRAME DE LA MISÈRE !


Hier, lundi 1er avril 1991, Monsieur X, pris d'un subit accès de folie, a assassiné à coups de carabine huit de ses onze enfants, son chien et un agent de l'institut de sondage IFOP qui avait le malheur de passer par là.

Après quoi, Monsieur X a retourné son arme contre lui, mais elle s’est enrayée. Il a été appréhendé par les forces de l'ordre sans opposer de résistance.

Aux policiers qui l’ont arrêté, il a déclaré : « Je n’ai jamais eu de veine dans la vie… Même mon suicide, je l’ai raté ! »

D'après les enquêteurs, Monsieur X, alcoolique comme son père, n'aurait pas supporté que sa femme le quitte, lui laissant onze enfants à élever, dont trois trisomiques et deux handicapés physiques, alors qu'il est au chômage depuis quinze ans... Drame de la pauvreté puisque la famille X vivait dans une vieille caravane abandonnée, sur un terrain vague de la banlieue parisienne, sans eau ni électricité.

Quant aux trois enfants rescapés de ce drame, ils ne doivent cette chance qu'à leur placement temporaire dans une Maison de Redressement, dont ils ne devraient pas sortir avant un an.


D'autre part, l'IFOP nous a annoncé que le décès tragique de son collaborateur retardera le sondage qu'il était en train d'effectuer. Ce que nous déplorons, car ce sondage sur "la qualité de vie dans les milieux défavorisés" nous semble de plus en plus nécessaire...


Le Temps, article daté du mardi 02/04/1991.



A vous de défendre cet homme, en essayant d'attendrir le jury. 

LA PAROLE EST A LA DEFENSE :

Mesdames, Messieurs les jurés, je voudrais vous montrer une autre facette de la vie de mon client, totalement différente de celle du monstre que s’est plu à vous décrire Monsieur l’Avocat Général.
Monsieur X, oui, continuons de le nommer ainsi, puisque la misère n’a pas de nom, et que c’est ici du procès de la misère dont il s’agit, Monsieur X, donc, n’est pas un assassin mais une victime : victime d’une vie qui se refuse à lui, tout comme la mort, d’ailleurs, victime de cette femme qui se prétendait épouse et mère, et qui l’a abandonné, victime de cette société qui n’a pas su lui venir en aide, et ce depuis sa plus tendre enfance, puisqu’il a grandi sans repères, né de la relation incestueuse d’une sœur avec son frère, et qu’il n’a jamais pu comprendre que ses parents soient en même temps ses oncle et tante alors que ses neveux et nièces étaient aussi ses frères et sœurs…
Comprenez, Mesdames et Messieurs les jurés, que mon client s’est jeté dans le mariage comme un noyé attrape une bouée. Ce qu’il ne savait pas c’est que sa femme était aussi sa sœur, née d’une histoire d’un soir de son père ! La boucle était bouclée, le malheur était verrouillé : la descendance de Monsieur X ne pouvait qu’être abâtardie, frappée de handicaps dus à une trop grande consanguinité.
C’est ce qu’a bientôt réalisé son épouse, malgré son QI improbable, et j’ose dire ici, devant ce tribunal, que c’est peut-être une des rares bonnes choses qui soit arrivée à mon client : sa femme l’a quitté.
 Mais restaient les enfants. Trois ont rapidement volé – veuillez excuser ce mauvais jeu de mots – de leurs propres ailes, et la Justice a été bienveillante en les dirigeant vers cette maison de redressement où ils apprennent à s’endurcir pour devenir des hommes capables d’exprimer leur violence avec leurs poings, ce que n’a jamais réussi à faire leur père.
Les autres, bien sûr, ont accaparé le temps et l’attention de leur géniteur. Certes, la tâche était rendue facile par l’exiguïté de leur lieu de vie. Á neuf dans une caravane, il est plus aisé de se surveiller les uns les autres et, de plus, l’union créant – si j’ose dire – la force, point n’était besoin à cette famille d’avoir ce luxe superflu qu’est l’électricité : serrés les uns contre les autres, ils avaient chaud. C’est cela, la famille, Mesdames et Messieurs les jurés.
 Et puis un jour, Monsieur X, lassé des rebuffades de Pôle Emploi qui martelait qu’il ne savait rien faire, de l’assistante sociale qui lui rabâchait de remplir son dossier de demande d’aide, lui qui ne sait ni lire ni écrire, des passants, même, qui s’écartaient ostensiblement de lui qui sentait si mauvais quand il mendiait… bref ! un jour mon client, ce malheureux, a eu ce geste qui l’amène aujourd’hui devant vous.
Regardez-le : a-t-il le profil d’un serial killer ? Non ! C’est la seule et unique fois qu’il a tué. Mais il a tué neuf personnes et un chien, direz-vous ! Il a tué l’aîné de ses enfants trisomiques qu’il savait promis à un avenir pire que le sien, oui, je vous l’accorde, mais je ne vois là que charité. Quant aux autres enfants, c’était pour leur éviter un traumatisme à vie : comment auraient-ils pu dormir paisiblement après avoir vu leur père tuer un de leurs frères ? Le chien également était malheureux, il hurlait à la mort, et dans le vide du terrain vague, c’était insoutenable. Pour ce qui est de l’agent… une balle qui a ricoché, ce n’est la faute de personne.
 Soyez cléments, Mesdames et Messieurs les jurés : si vous accordez à mon client des circonstances atténuantes, il ressortira un jour et se trouvera encore plus démuni qu’aujourd’hui. Je vous demande de reconnaître simplement que cet homme mérite un peu de paix et un minimum de chaleur humaine et de bien-être.
Et où, ailleurs de dans l’une de nos prestigieuses unités pénitentiaires, pourrait-il être plus heureux ? Il y sera nourri, logé, chauffé et blanchi, trouvera à s’employer et découvrira, enfin, les joies des jeux de société partagés avec des compagnons d’infortune, et même la télévision car, oui, Mesdames et Messieurs, cet homme n’a jamais vu la télévision…
 Alors, je vous en conjure au nom de mon client, laissez parler votre cœur, faites qu’enfin la Société assume ses responsabilités en mettant Monsieur X à l’abri, jusqu’à la fin de ses jours, sous l’aile protectrice de la Justice !
Ce faisant, vous permettrez à une autre famille dans le dénuement d’avoir un toit, dans la caravane désormais vide.

lundi 1 juin 2015