dimanche 29 novembre 2015

mercredi 25 novembre 2015

Retiens la nuit



 Défi de la semaine 48, chez Mil et Une...


Debout à côté du juke-box, Daniel se sent mal à l’aise, ridicule même quand il capte son reflet dans la glace bombée qui lui renvoie une image déformée de sa tronche surmontée d’un énorme cran qui retombe sur son front. Elle n’y a pas été de main morte, la coiffeuse, pour discipliner ses tifs ! Il a au moins un pot de gomina sur le crâne ! Et cette dégaine… Gâté par la costumière aussi : avec sa chemise noire largement ouverte et sa grosse veste tricotée, il est un improbable compromis entre Dick Rivers et Starsky ! Il sait au moins qu’Hutch n’est pas loin… Il doit sans doute s’estimer heureux, lui qui n’aime que les chaussettes noires, d’en avoir obtenu une paire de cette couleur. Encore que, avec des mocassins blancs… Enfin…
Allons, la séquence de ce remake des années 60’ va être courte, il n’aura droit qu’à une prise, il faut que ce soit la bonne. Le scénario et le dialogue réduit on été revus à la dernière minute pour les besoins de la cause, mais à part lui, personne ne sait pourquoi. Il doit se montrer à la hauteur de son personnage. Avant de faire face à l’appareil, il embrasse d’un dernier regard le décor : tous les garçons et les filles sont en place. Même ceux qui faisaient les charlots il y a quelques minutes se taisent, dans l’attente du moment magique. Juste quand il se retourne en se disant : « C’est un coin qui me rappelle… », le mot « ACTION » claque. Alors la musique explose, comme sortie du ventre de la machine qui lance des éclairs de lumières multicolores, et derrière lui tous se trémoussent en poussant des cris de chats sauvages. « Let’s twist again ! »
Comme convenu, Daniel passe et repasse sa main à l’arrière de sa tête, comme pour lisser ses cheveux, en listant les titres proposés à l’écoute. Il pose un doigt sur une touche, hésite, le pose sur une autre, ne se décide pas, se gratte le crâne de la main gauche puis, dubitatif, caresse le clavier à la recherche DU disque. Une jeune femme s’approche de lui, court vêtue et casquée de blond. Elle l’observe un instant puis lui adresse la parole :

- Alors, beau gosse, tu te décides, ou tu laisses la place ?
- Tu peux m’aider si tu veux, y a trop de choix !

Elle est fine comme une biche, elle a dessiné au crayon noir ses jolis yeux. En riant, elle le bouscule d’un coup de hanche en disant : « Vous permettez, Monsieur ? » Elle lève un index à l’ongle nacré, et appuie sans regarder sur un numéro :

- Celui-là, par exemple !

Elle ne peut s’empêcher d’essuyer son doigt collant de gomina sur sa jupe.

- Excellent choix ! approuve-t-il.

Alors que les premières notes du « Pénitencier » résonnent sur le plateau, il poursuit :

- Inspecteur Leblanc. Christine Sorel, je vous arrête pour le meurtre de votre amant, Michel Dulac. L’empreinte que vous venez si gracieusement de nous offrir sera la preuve formelle qui nous manquait. Emmenez-la ! dit-il en la conduisant vers deux des pseudos figurants présents.

Au passage, il a entendu quelqu’un murmurer à la fille : « N’avoue jamais… ». Il y a donc encore du boulot ici. Mais tandis que la blonde menottée s’éloigne, il ne peut s’empêcher de penser : « Elle était si jolie… »

mardi 24 novembre 2015

Découvrez la broderie à fleur de peau


"Je l'ai tellement dans la peau, j'en suis marteau !..."

Vous aimez la broderie ? Vous aimez les tatouages ? Alors vous avez peut-être aimé les tatouages broderie dans la veine des tatouages Pixel art..Eva-Krbdk-tattoos-2Eva-Krbdk-tattoos-10Les tatoueurs qui utilisent cette technique font en fait du point de croix sur votre peau comme on le ferait sur du tissu. Et c’est une tatoueuse turque, Eva, qui a aidé à promouvoir ces motifs sur Instagram.
D’autres tatoueurs développent cette technique comme Mariette à Nantes qui fait du point de croix décliné sous toutes ses formes et notamment en Bleu & Rouge à la Mariette !
12141611_905927356108963_5837713322853051760_n12190029_911031392265226_7205747658939648911_n
Cette tendance du tatouage point de croix a de quoi surprendre mais reflète le fait que la broderie revient à la mode sur des supports insoupçonnés ! Alors allez-vous céder à la mode de la broderie… ?

lundi 23 novembre 2015

Rien que des mots

La consigne du dernier atelier était d'écrire trois courts textes, qui seraient des extraits l'un, d'un roman policier, le second d'un roman d'amour, et le troisième d'un roman de science-fiction, en y insérant les mêmes mots imposés (tapis, persan, soucoupe, coeur) plus un que nous devions choisir avant de connaître le sujet du jour (tambour). Homophones admis.
J'ai choisi de garder les mêmes personnages pour les trois extraits.



Roman policier :

Tapi dans ce qui avait dû être le chœur de l’église, il entendait le sang cogner à ses tempes. La sueur coulait le long de son dos, ses mains, qui serraient le papier froissé, étaient moites.
Le cri perçant d’une corneille entrée par la rosace béante le fit sursauter. Il n’en pouvait plus de cette traque. Il en venait presque à souhaiter qu’on l’arrête, qu’on l’emmène dans un endroit où il serait à l’abri, au chaud. Il s’en foutait, Fred, qu’on croit ou non à son innocence, il avait assez de fric pour se payer un bavard qui saurait le défendre. Là, il voulait simplement pouvoir soigner cette saloperie de coupure au bras que lui avait faite Mado avec l’éclat de soucoupe qu’elle avait ramassé sur le carrelage, juste avant qu’il réussisse à s’engouffrer dans le tambour de la porte de l’immeuble.

Roman d’amour :

Allongée sur le piano, sa longue jupe fendue découvrant ses toujours superbes jambes gainées de soie, Mado chantait, de cette voix rauque qui avait séduit Fred.
Lui l’accompagnait, comme au bon vieux temps, quand il attendait qu’une rombière en mal d’amour vienne déposer un bifton dans sa soucoupe, histoire de l’inviter dans sa suite.
Mado n’était pas jalouse, elle avait aussi sa cour, et leurs extra mis en commun arrondissaient les fins de mois.
Mais les temps avaient changé, les années étaient passées et cette vie, qu’ils menaient tambour battant, s’était chargée de les assagir.
Pourtant, ce soir, il allait la surprendre : il voulait à nouveau voir flamber cette lueur toujours tapie dans ses yeux de chat persan… Il allait lui offrir son vieux cœur.

Roman de science-fiction :

Glissant sur le tapis roulant qui le menait au centre de contrôle, au cœur du vaisseau-mère, Fredix se posait d’étranges questions : ce tambour en bois, tendu d’une peau de chèvre, qu’il était chargé de remettre à Madox, avait appartenu à un prince persan, c’était ce que disait la puce qu’il avait scannée dans la soute. Il était aussi indiqué que ça servait à faire de la musique. Mais pourquoi se servir d’un objet, quand il suffit d’imaginer un bruit pour l’entendre ? Vraiment, les humains étaient des êtres bien attardés !...
Un peu plus tard, dans sa soucoupe, tandis qu’il regagnait sa base sur Terra 2500, il se dit que, quand même, il essaierait bien de produire des sons avec ses mains, juste pour savoir si ça lui procurerait ce, qu’avant, on appelait « une sensation ».


Jessica rabbit 
http://disney.wikia.com/wiki/Jessica_Rabbit

lundi 16 novembre 2015

Après...

Après la peur, la douleur, vient le temps des palabres pour les uns, de l'action pour les autres et de la haine, de la défiance qui se faufilent et s'infiltrent dans toutes les failles de notre raisonnement...

Et puis il y a l'Espoir, qui fait sourire les incrédules, mais sans lequel on ne peut pas continuer à vivre.
Alors, pour quelques minutes, perdez-vous dans ces regards d'enfants, et écoutez ce que fut écrit après un 11 Septembre tragique mais qui pourrait se chanter partout où, dans le monde, on assassine au nom d'une idéologie fumeuse et meurtrière...


"L'espoir a les yeux brillants" (Michel Bouthot)

mercredi 11 novembre 2015

Visages du Rajasthan

Un peu de scrap, aujourd'hui !
Venez, je vous emmène en voyage...

Je vous avais déjà montré le carnet de voyage que ma fille m'avait confectionné pour que je consigne mes impressions de ce voyage en Inde du nord.
Et puis je vous en avais parlé, sur mon autre blog.
J'ai encore la tête que résonne de tous ces bruits, la mémoire pleine de toutes ces sensations visuelles et olfactives, et j'ai pris beaucoup de photos, bien sûr ! Comment ne pas jouer au paparazzi...
Les gens sont d'une telle gentillesse que bien peu ont refusé d'être pris et très souvent, il m'ont demandé de poser avec eux, en retour, pour leurs propres clichés !
Qui sait, je suis peut-être dans l'album d'une scrapeuse quelque part, très loin...

Voici une petite galerie de portraits, qui sont autant de souvenirs pour moi, à voir ICI

Création de Manu'Elle

mardi 10 novembre 2015

Marcus

Semaine 46, nouveau défi chez Mil et Une !




Cela faisait plusieurs jours qu’on n’avait vu le vieux Marcus dans le quartier, mais personne ne s’en inquiétait. Ce vieux grognon n’attirait pas vraiment la sympathie : il chassait les chiens à coups de pierres, les enfants à coups de pieds, ne répondait pas au salut des rares passants qui ne le connaissaient pas et ne desserrait les dents que pour injurier Bonnie qui adorait vocaliser en étendant sa lessive sur la terrasse !
Ils étaient pourtant beaux, les chants de Bonnie, ils parlaient du ciel et de la mer, de liberté aussi, et quand les grands draps blancs claquaient au vent, le temps suspendait sa course et la voix nous emportait loin, très loin, vers ces pays d’où venaient nos ancêtres… jusqu’à ce que Marcus sorte de sa tanière pour saborder l’équipage !
Nul ne savait d’où il venait, ce qu’il avait fait, jamais il n’avait ouvert sa porte à quiconque, cette porte qu’il avait un jour peinte en jaune après avoir patiemment décoré sa façade de dessins malhabiles et touchants sans qu’un seul risque la moindre remarque, cette porte que je voyais de ma fenêtre, comme un soleil dans l’ombre de la ruelle sale. Comme beaucoup, sans doute, j’étais curieux de savoir ce qu’elle cachait…
Et puis, ce matin, à l’heure où les serins se réveillent, dans la grande cage posée sur une caisse devant l’échoppe de Matilda, en me levant j’ai vu ce qui était écrit sur la porte : « Sur la colline un banc le temps de s’arrêter et de contempler ». J’ai déchiffré les mots sans comprendre ce qu’ils voulaient dire, je ne suis pas savant, mais je ne sais pas pourquoi je suis aussitôt descendu, alerté. Il y avait encore autre chose écrit, plus bas, et Jonas qui partait vendre ses journaux là-bas, dans la grande ville, et qui sait mieux lire que moi, m’a dit que c’était un morceau d’autre chose. Mais il était pressé, il est parti.
Alors j’ai marché jusqu’à la porte et je l’ai ouverte, sans difficulté. Je suis entré dans une pièce unique, au sol de terre battue. Peu de meubles, un lit impeccablement fait, une table vide et deux chaises, une vieille commode avec deux cadres et au mur une grande affiche d’une belle femme au teint d’ébène qui était LE CHANT, par sa posture, par l’expression de son visage douloureux, de ses yeux pleins d’amour. La même femme qui souriait dans le cadre, sur la commode, à côté d’un homme jeune qui ressemblait un peu au vieux Marcus… Le couple était assis sur un banc, sur une colline qui dominait une ville… celle qui est de l’autre côté du fleuve, de l’autre côté de notre bidonville ! Dans l’autre cadre, un article de journal : « John Mitchell, le célèbre impresario et mécène, a épousé sa Perle noire ».
Dans le mouvement que j’ai fait pour me retourner, j’ai poussé du pied une boulette de papier, un article froissé annonçant la mort de Perle, il y a quelques jours…
Alors j’ai couru, couru jusqu’au sommet de la colline, couru à perdre haleine, le cœur douloureux des regrets plein la tête : il était là, sur le banc, le temps s’était vraiment arrêté, il semblait encore l’enlacer pour contempler la ville avec elle…  

lundi 2 novembre 2015

Apprendre à écrire, et à parler !

     Pour tous les amoureux de notre belle langue, voici un cours très "jouissif", que j'ai reçu récemment dans mon courrier, et je ne résiste pas au plaisir de le partager avec vous !



Graff sur film plastique - PAKONE - Lannilis 2011

dimanche 1 novembre 2015

Novembre



Telle Toussaint, tel Noël et Pâques pareil...

*

Respirer

A nouveau sujet, nouveau tableau, chez Mil et une !

John William Waterhouse



Mais qu’est-ce que je fiche dans cette galère ?... Cinq heures du mat’, à poil sous un déshabillé de dentelle et pieds nus dans la terre, tout ça parce que Machin a décrété que la luminosité est parfaite au lever du soleil… Si j’avais moins mal au crâne, j’aurais peut-être l’objectivité de reconnaître que cette lumière dorée et rasante sur les tuiles et les vieilles pierres, c’est plutôt sympa. Mais là, scotchée à mon mur depuis deux jours, à humer la même rose d’un air pénétré, j’en peux plus ! Enfin, la même rose, c’est vite dit… Parce qu’à force de la tripoter, la fleur, « à pleine main, non, du bout des doigts, non là on voit trop ton pouce c’est moche, un peu plus plié le petit doigt, et ta gauche, t’as de l’arthrose ou quoi… » ben la rose, au bout d’une demi-heure, c’était un artichaut après dégustation ! En plus, c’était la seule ! Alors Truc a pété les plombs, a menacé de me renvoyer, a balancé ses notes et nous a tous plantés là. Heureusement, Nina, sa bonne à tout faire, a dégoté des roses en soie dans une friperie, pas loin. Ça a ramené le calme et on a pu reprendre le travail. Seulement, avec la vraie, j’ai attrapé une rhinite allergique, mais c’était rien à côté de ce que j’encaisse comme poussière maintenant ! Et toujours avec le même air béat ! Au moins ça me permet de respirer par la bouche !
Tout ça pour un cachet de misère ! C’est pas avec cette pub que je vais réussir à me faire connaître, on ne voit même pas mon visage ! Et cette vache de Bidule qui m’a balancé que j’avais un cou de cygne et qu’il me verrait bien faire de la réclame pour des minerves ! M’énerve, oui !... Quand je pense à ce que cette affiche va faire vendre, et que moi, je pourrai même pas me le payer, leur parfum… « Renaissance… Des roses anciennes, la quintessence » !