vendredi 30 décembre 2016

L'une part, l'autre arrive

Je souhaite que, pour ceux qui viennent se perdre du côté de mes mots, 2016 ait apporté quelques beaux, voire très beaux moments car, dans la mémoire collective, cette année ne sera pas des plus glorieuses, avec son lot de tragédies. Que nous réserve les pages du nouveau calendrier que nous allons feuilleter les douze mois prochains ? Attendre, et espérer... Il semblerait que, même si les Hommes de bonne volonté sont nombreux, une poignée d'autres suffisent à faire trembler le Monde...

A notre niveau lambda, gardons le moral et l'espoir de jours lumineux. Profitons d'un sourire, d'un regard, d'un air de musique sous un coin de ciel bleu, de quelques mots échangés, d'une rencontre, de toutes ces petites choses sans grande importance qui nous enrichissent.

Ce sont mes voeux pour vous, pour ceux qui vous sont chers comme pour ceux que je porte dans mon coeur.

Pour quelques uns, j'ai fabriqué des cartes plus personnalisées. Cette année encore, les "Chouettes Plumes"m'ont fait travailler en quinze exemplaires ! Heu... toutes les mêmes, quand même !!!



Mais j'en ai envoyé beaucoup d'autres, pour que le lien d'affection ou d'amitié ne soit pas rompu...

mardi 20 décembre 2016

T'as d'beaux yeux...

Je pianotais sur mon clavier, et d'info en info je suis tombée sur la nouvelle du décès d'une grande dame du cinéma, Michèle Morgan, qui avait joué dans le film "Remorque", en partie tourné à Brest

les escaliers du Cours Dajot

et sur la plage du Vougot, à quelques encablures de chez moi...


Elle était la jeunesse de mes parents, elle fut une artiste de mes séances ciné du jeudi...

lundi 19 décembre 2016

Pose

Défi de la semaine 51 chez Mil et une...

                                                                                                                                           Vermeer



Avec ta tranquille cruauté d’artiste, tu exiges de moi la soumission absolue, tu me modèles selon ta volonté, me fais courber l’échine ou cambrer les reins, mordre dans l’amertume d’un fruit trop vert, poser jusqu’au-delà des limites de la fatigue…
Lorsque je m’écroule le sommeil me fuit et, durant ces longs soirs d’insomnie où je ravale jusqu’à plus soif ma douleur et mes griefs, je te pardonne, simplement pour cet éclat de lumière dans tes yeux sombres, quand tu sais que tu tiens enfin ce que tu recherches, au bout de toutes ces heures qui me laissent pantelante.
Alors tu viens vers moi, relève une boucle, ajuste un pli et, sans un merci, tu murmures : « On continue »…

vendredi 16 décembre 2016

Révolte

Moyen Age,  joug, rapacité, incompris, chocottes, bascule, machin.

Donnez un mot, donnez-en sept, à placer dans l'ordre exact, et vous obtiendrez... des textes divers et variés, celui-ci par exemple !



- On n’est plus au Moyen-Âge ! hurle Julie. J’ai quand même le droit de dire ce que je pense, non ?

- Calme-toi, tempère Claudia en attachant ses bas résille à son porte-jarretelles, tu sais bien qu’il nous tient sous son joug et que tout ce que tu pourras dire ne servira à rien…

- Mais quand même, il pourrait nous laisser un peu plus sur les passes, non ? Il a fini de le payer, son claque, maintenant !

- Tu sais bien que sa rapacité n’a pas de limite. Et puis il faut qu’il graisse la patte aux flics, qu’il fasse rentrer de la bonne marchandise pour plaire à la clientèle, et c’est lui qui paie nos fringues…

- C’est ça, tu prends son parti maintenant ? Dis tout de suite que c’est un incompris pendant que tu y es !

- Non, je dis pas ça, mais quand même, t’as pas les chocottes qu’il apprenne que t’essaies de monter les filles contre lui ?

- Oh, tu sais, M’sieur Raoul, tant que je bascule sans moufter, il cherche pas plus loin ! Mais crois-moi, la prochaine fois que Machin vient…

- Machin ? Qui ça ?

- Ben, le Préfet, tu sais ! Léon, quoi ! Eh ben je lui déballe tout ce que je sais sur les comptes cachés de Raoul !...


Toulouse-Lautrec

jeudi 15 décembre 2016

Aujourd'hui j'enlève le "E" !

Un classique de l'exercice d'écriture, dont Georges Perec a fait tout un livre !

Sans aller aussi loin, et outre la contrainte de ne pas employer cette voyelle, il fallait rédiger une liste, voici la mienne :



- Voyons ton sac :

Pantalons (sans boutons)
Caraco gris
huit slips blancs
Cinq tricots fins
Un pull jacquard
Gros collants
Bottillons cuir
Blouson à capuchon
Gants
Chaussons
Pyjama chaud
Savon...
Ah ! du parfum aussi !

Voilà qui paraît parfait, tu n’auras pas froid au ski. Mais la nuit tombant, tu dormiras ici, tu partiras lundi matin. 

mercredi 14 décembre 2016

Petits bricolages

Je scrape toujours... mais je ne finalise pas toujours ! Je culpabilise juste un peu, pour avoir la conscience tranquille ! 😇

Pourtant j'ai tenu à apporter ma touche au cadeau symbolique que les tous petits bénéfices des ventes de nos "oeuvres" permettent de faire, cette année, aux Chouettes Plumes qui participent, ou ont participé, à l'écriture de nos livres annuels. J'espère que ce sera pour elles un bon souvenir :

J'ai aussi apporté ma contribution au "calendrier" de l'Avent pour une gentille copine aimée de beaucoup. Comme elle ne vient pas ici, je peux vous montrer ce qu'elle découvrira au jour défini : une carte-livre qui contient une guirlande de jolis mots incluant son prénom !

Et puis deux cartes d'anniversaire, qui commence à dater, puisqu'elle étaient pour Octobre et Novembre...


lundi 12 décembre 2016

Passage rapide

Il y avait longtemps que je n'avais rien déposé chez Mil et Une. Alors, en semaine 50, je leur ai juste fait un petit coucou, en forme de haïku... Et pour la consigne, je lui ai donné un titre !



Lumière de mes yeux

Frisson de la soie
Sur le satin de ta peau
Emoi de mes sens

*

samedi 26 novembre 2016

Chanson d'automne

Non, ce n'est pas moi qui sanglote ! Juste le temps, le temps d'automne qui pourtant, parfois, ose un sourire à travers ses larmes. Et le vent fou peut avoir des rigueurs de balayeur municipal quand il canalise les feuilles des platanes...

Les sanglots longs
Des violons
De l'automne
Blessent mon coeur
D'une langueur
Monotone.

Tout suffocant
Et blême, quand
Sonne l'heure,
Je me souviens
Des jours anciens
Et je pleure

Et je m'en vais
Au vent mauvais
Qui m'emporte
Deçà, delà,
Pareil à la
Feuille morte.
 
                                                                                Verlaine encore, toujours...


dimanche 20 novembre 2016

Il pleure dans mon coeur

Poème de saison et de circonstance météo, chez nous !

Il pleure dans mon coeur
Comme il pleut sur la ville ;
Quelle est cette langueur
Qui pénètre mon coeur ?

Ô bruit doux de la pluie
Par terre et sur les toits !
Pour un coeur qui s'ennuie,
Ô le chant de la pluie !

Il pleure sans raison
Dans ce coeur qui s'écoeure.
Quoi ! nulle trahison ?...
Ce deuil est sans raison.

C'est bien la pire peine
De ne savoir pourquoi
Sans amour et sans haine
Mon coeur a tant de peine !
Verlaine 
 

mardi 15 novembre 2016

La star

Quand on parle beaucoup d'elle, la lune finit par se prendre pour une étoile !

 

jeudi 10 novembre 2016

Retour

Finalement, c'est ici que je vais mettre ce qui aurait dû être le début de ma nouvelle de cette année pour l'atelier. Je me suis aperçu que ça ne collerait pas avec les différentes consignes, surtout quand une histoire est écrite à plusieurs mains.

Les possibles restent ouverts pour une suite plus tard, dans une autre vie sûrement, bien que je ne sois pas encore entrée dans la peau d'un chat, du moins ici !




Plus d’un an enfermé dans une case de torchis, forcément, ça laisse des traces…
Quatre cent vingt jours exactement, sans autres contacts que les visages indifférents, parfois haineux ou les regards fuyants de geôliers qui s’attardaient le moins possible près de moi, sans autre distraction que de graver les barreaux de ma liberté perdue sur la paroi, de voir l’ombre d’un eucalyptus se balancer sur l’écran blanc d’un mur borgne en face de la minuscule ouverture de mon cachot ou de surprendre, à la tombée de la nuit, la silhouette furtive et équivoque d’une hyène…
J’avais fini par m’habituer à cette semi obscurité. On s’habitue à tout, dit-on. Si bien que j’ai à peine eu le temps de capter l’étonnement dans les yeux des soldats avant de fermer les miens sur le soleil aveuglant qui s’est coulé dans le réduit quand ils ont fracturé la porte à coups de crosse. J’étais à nouveau libre mais je peinais à distinguer les choses et les gens autour de moi. Puis, peu à peu, l’ocre du pisé, le rouge de la terre, le vert kaki des treillis, le bariolage de beige des véhicules sont venus compléter les couleurs claquantes des vêtements qui séchaient, les boubous des femmes qui serraient des enfants apeurés contre elles et les visages d’ébène des hommes rassemblés sur la place, sous le bleu pur du ciel. Ce fut une des dernières images que j’ai emportée d’Afrique, la même, à peu de chose près – les militaires – que celle qui m’avait été offerte à mon arrivée, cinq ans auparavant, comme géologue d’une exploitation minière plus haut dans le nord du pays. Les luttes tribales, puis d’autres intérêts, avaient détourné le cours de mon histoire pour faire de moi un otage.

Plus de deux mois que je suis rentré en France. Dans ma famille, d’abord. Mais je n’ai pas été long à m’agacer des airs compatissants, faussement ou inutilement compréhensifs des voisins, des amis, de leur curiosité aussi que je pouvais comprendre, mais pas supporter, de l’affection étouffante dont ma mère m’entourait, des tentatives repoussées de la presse locale pour gonfler une information basique et sans beaucoup de relief. J’ai préféré retrouver l’anonymat de mon quartier parisien. J’avais gardé mon appartement comme pied-à-terre pour les séjours professionnels que je faisais une ou deux fois l’an et qui me permettaient de rassurer mes parents sur ma forme physique. Le reste du temps, je passais mes temps de repos à visiter les pays voisins. J’avais noué quelques solides amitiés avec des gens de toutes origines, de toutes religions, dont nombre d’expat’ comme moi. Où sont-ils aujourd’hui ? Deux ont été tués dans l’échauffourée où j’ai été pris, certains courriers me sont revenus et d’autres sont restés sans réponse. Je parle de tout ça avec le psy qui m’a été dévolu, on m’a dit que c’était le protocole appliqué à tous les gens dans mon cas.
Ici, je suis un individu lambda qu’on croise dans la cage d’escalier ou au tabac-journaux du coin. Je n’ai pas été suffisamment présent pour que les gens gravent mon image dans leur mémoire et fassent le lien avec la photo de l’homme amaigri et barbu qu’ils ont vu dans les quotidiens ou entraperçu au journal télévisé.
Cela me convient parfaitement. Á quarante ans, je suis plutôt un « taiseux », comme on dit chez nous, et ça a été un handicap, dans ma jeunesse, auprès des filles surtout. Je n’ai jamais été de ceux qui mettent l’ambiance et je participais un peu trop calmement aux débordements juvéniles pour qu’on m’invite souvent. Une femme, pourtant, s’en est accommodée et a fait un bout de chemin avec moi. Mais elle avait sa carrière ici, on m’a proposé un poste en Afrique, et voilà… J’ai vu une pointe de regret et beaucoup de tendresse dans ses yeux lorsque nous nous sommes dit « adieu ». C’était pareil pour moi. Il faut croire que nous avions confondu confort et amour. Nous nous sommes écrit, deux fois en cinq ans, au tout début, et puis plus rien. Je suis revenu mais je ne chercherai pas à la revoir.

Aujourd’hui je dois sortir. Je n’aime pas beaucoup mettre le nez dehors, en dehors des courses indispensables – que je me fais livrer la plupart du temps – et de mon footing matinal et quotidien, à l’heure des voitures-balais et de l’ouverture des premiers bistrots. Au toubib qui me demandait « Pourquoi si tôt ? », j’ai répondu que je voulais passer inaperçu, que je n’étais pas encore prêt pour le contact. Il a gribouillé sur son calepin sans dire un mot de plus. Bien sûr, c’est dans ma tête, tout ça, mais comment expliquer que je suis encore prisonnier de ce silence qui m’a été imposé trop longtemps, même pour moi ?
Donc aujourd’hui, je dois me rendre au siège de mon employeur pour continuer à démêler une situation administrative un peu complexe. Personne ne m’a proposé un nouveau poste. La mine où je travaillais a été nationalisée et de nombreux employés ont été rappelés de différents sites et recasés sur d’autres, plus sécurisés, moins éloignés. Moi, je n’étais pas là le jour de la distribution. La Direction est « profondément désolée », elle « comprend bien » - ah oui ? – « mais il faut que je comprenne, aussi ! »…
Ils n’en ont rien à foutre de moi mais trop faux-culs pour me le dire clairement, et pourtant ça se voit comme le nez au milieu de la figure ! Je dois pourtant les rencontrer, jusqu’à ce que mon dossier soit clair et que je puisse sereinement envisager un autre job. L’avocat que j’ai pris pour m’épauler est confiant : avec mon expérience, je trouverai.
Je médite là-dessus en regardant les minuscules grains de poussière qui dansent dans le premier rayon de soleil reflété par la vitre de ma baie. Si je rechigne à sortir, je ne supporte pas une fenêtre fermée. Heureusement que cette fin de printemps est douce et qu’on peut espérer un été digne de ce nom ! Depuis que je suis rentré, je vis avec les portes-fenêtres ouvertes de jour comme de nuit même si, comme cette semaine, des travaux de canalisation sur le boulevard génèrent certaines nuisances. J’habite au second, heureusement. Ils sont jolis, ces grains de poussière… si légers, si fragiles, irisés par la réfraction… Ça me rappelle le kaléidoscope de mon enfance, celui que j’ai ouvert pour savoir « comment ça marche » et qui, du coup, n’a plus jamais fonctionné !
Je parcours distraitement le journal que j’ai pris dans ma boîte en rentrant de ma virée dans le parc tout proche. Attentats, joutes politiques, malversations, fermeture d’une usine… Je pourrais aussi bien relire un canard d’avant ma « parenthèse ». Rien de nouveau. J’avale deux tartines beurrés et un café après mon jus d’orange en faisant les mots fléchés de la dernière page, juste sous le bulletin météo : légères pluies en fin de journée. Clouée au sol, la poussière.

8h30 déjà. Seulement. Je vais prendre ma douche et mettre la chemise que j’ai achetée hier en rentrant de chez le toubib. Blanche à fines rayures grises, pour aller avec le pantalon en tergal léger que j’ai retrouvé dans le fond de ma penderie. J’avais bien fait de laisser quelques fringues ici. Quelqu’un, je ne sais pas qui, m’a fait parvenir par le biais de l’Ambassade mon ordinateur, des livres, des photos et quelques vêtements entassés dans une valise qui ne m’appartient pas. Aurais-je voulu remercier que je n’en ai pas eu envie. Je croise mon reflet dans la glace : un type au cuir un peu tanné – le look baroudeur semble plaire aux femmes, elle se retournent parfois sur moi – les tempes à peine dégarnies, quelques cheveux blancs – argentés, qui rassurent et donnent du chic, m’a dit le coiffeur à qui je ne demandais rien – une silhouette qui ne me fait pas encore rougir… Oui, je devrais encore pouvoir plaire…

vendredi 4 novembre 2016

La plume et le pinceau...

Notre maîtresse de cérémonie, hier soir, est restée dans le domaine de la peinture, avec Renoir que, personnellement "je kife grave" !
Il s'agit du "Déjeuner des canotiers", un tableau aux multiples personnages qui, tous, sont identifiés. Ils étaient numérotés et nous en avions  la liste, à charge pour nous de faire vivre ce tableau en pensant ou en dialoguant, selon le cas. Voilà que je suis tout à coup devenue, par tirage au sort, "le petit chien" d'Aline Charigot !
Et, de fait, le tableau s'est réellement animé, plein de pensées plus ou moins coquines, de badinages, de réflexions douces-amères et de potins parisiens...
 

   Elle est marrante, Aline, quand elle est un peu grise ! Elle me fait des "scrountch-scrountch", elle m'embrasse sur le museau et elle rit aux éclats quand je lui donne un coup de langue sur la bouche. Et depuis le temps que nous faisons ça, je commence à être pompette aussi ! Entre absinthe, rouge, blanc, rosé et petite poire, elle a les lèvres sacrément imbibées, la patronne ! 
   Quand même, je voudrais bien qu'elle me lâche un peu, je commence à en avoir marre d'avoir le postérieur posé dans son assiette, sur la part de gâteau qu'elle n'a pas terminée... En fait, je crois qu'elle a bu aujourd'hui pour oublier qu'Auguste va voir ailleurs, depuis quelques temps. Elle s'est mise en bout de table sous le prétexte que j'ai besoin de me dégourdir les pattes de temps en temps, mais je suis un alibi bien pratique pour l'éloigner de son jules et de sa nouvelle conquête.
   Et que je te secoue, et que je te tasse l'arrière-train dans la crème au beurre... Je ne vais pas tarder à grogner et à retrousser les babines, moi ! Pas pour la mordre, bien sûr, mais qu'elle me lâche, nom d'un chat ! Et puis j'ai envie de pisser, et si je ne peux plus me retenir et que je mouille sa robe, elle va se mettre à pleurer, cette grande marmule d'Hippolyte va se moquer d'elle, ça va dégénérer et foutre l'ambiance en l'air !
   En même temps, je pourrai m'éclipser, ni vu ni connu... J'irais bien piquer une tête dans la Seine, ça me rafraîchirait les idées et me nettoierait le poil... Et puis je me sens un peu ballonné avec tout ce qu'on m'a filé sous la table...
   C'est tous les dimanches pareil : ils dansent, ils boivent, ils mangent, ils refont le monde, parlent d'art, de politique, s'aiment, se détestent mais finalement ne se quittent jamais. Ca piaille ou ça chuchote, ça s'embrasse dans les coins sombres, et moi ils me prennent pour un jouet en peluche, ou une poupée, un bébé aussi, parfois, j'ai l'impression... Vivement ce soir que je retrouve mon panier.
   Bon, allez, maintenant ça suffit ! Tu me lâches ou je leur perce les oreilles avec mes aboiements les plus aigus !


lundi 31 octobre 2016

Question de couleurs

Notre dernier atelier a été très coloré ! Nous avons commencé par une courte phrase sur ce que représentaient pour nous, sur le moment, les couleurs élémentaires d'abord, secondaires ensuite (en évoquant le mélange dont elles sont issues). Que je vous raconte mes divagations...

BLEU : Je suis le pistil de la pervenche, calice de mon parfum.

JAUNE : Citronnier, pourquoi tes fleurs blanches donnent-elles des fruits jaunes ?

ROUGE : Voile rouge de la colère qui monte et enfle, voile rouge sur ta poitrine. Adieu…

VERT : Visage dépité de l’enfant qui a peint le ciel trop près de la plage… Regarde, tu as créé la mer !

ORANGE : Dans la lumière dorée, qu’il est frais le jus de l’orange sanguine !

VIOLET : Paraphe à l’encre bleue,
                   Sentence d’un crime de sang,
                   Trace violette de la corde sur le cou.

* Nous devions ensuite raconter l'arc-en-ciel à un enfant : 

Vois les grandes flaques après la pluie… Le soleil pointe, il voudrait sortir et pousser la lourde tenture grise, si triste ! Mais s’il se mouille les pieds, il risque de s’éteindre… Alors les oiseaux, ceux que tu as vu raser le sol tout à l’heure, ramassent des lambeaux de ciel bleu, cueillent ici un coquelicot, là une jonquille, quelques brins d’herbe tendre. La violette leur offre ses pétales et le souci, qui s’en fait toujours beaucoup, un peu de sa collerette. Et les oiseaux tissent la plus jolie, la plus aérienne des passerelles pour que l’astre d’or traverse son royaume.
Quoi ? Tu n’en vois qu’un petit bout ? C’est parce que tu es sur le côté de la scène ! Mais tu sais quoi ? De l’autre côté des nuages, il y a un autre enfant qui voit l’autre bout du pont !

* Enfin, et pourquoi pas, il était logique que nous bavardions avec un peintre au sujet d'une (reproduction de) toile choisie dans ce qui était proposé...
 


Je sais, Bernard, que derrière tous ces clowns que tu peins il y a toi, tes doutes et tes angoisses, ta crainte du regard des autres. Au début, tu ressemblais étrangement à tes compositions, joues creuses et visages allongés. Mais aujourd’hui, tu as du trouver ton équilibre ? Et tu t’es quelque peu empâté, alourdi ! Pourquoi tes personnages sont-ils restés anguleux, incisifs ? Et celui-ci ! Avec un tel nœud pap’ il va nous jouer les hélicoptères ! Non, ne hausse pas les sourcils comme ça, tu vas m’intimider ! Déjà que tu me regardes fixement à travers ton tableau, comme si j’avais une verrue sur la joue ! Tiens, je vois que je viens de te donner une idée ?! Deux verrues ? Tu es sûr ? Attention, ton clown va finir par faire peur aux enfants, et tu sais que, sans eux, les parents ne traîneront pas par ici… J’en reviens au nœud : ne serait-ce point Annabel qui te l’a suggéré ? De grandes boucles d’organza, comme sur les robes des grands couturiers… Désolée pour toi, mais moi j’y vois sa patte !
Pourquoi lui as-tu mis ce chapeau ? Haut-de-forme-cheminée pour cerveau en ébullition ou chapeau claque à colombes blanches qui s’envoleront quand il saluera ? Je sais, je t’énerve avec toutes mes réflexions, mais tu es suffisamment poli pour ne pas me dire qu’elles sont saugrenues… Ça y est ? Tu as fini ? Tu signes tes toiles comme tu griffes la vie !




lundi 24 octobre 2016

Nous nous cherchions

Voilà un bail que je n'avais pas trouvé pris le temps d'aller chez Mil et Une...




Chacun a recollé
Les morceaux de sa vie
Les éclats de son coeur
Et fragile s'est reconstruit
En espérant une autre chance.
Ainsi, emboîtant nos différences
Et gommant les brisures
Nous vivons au diapason
Ce qu'il nous reste d'existence
L'un à l'autre accrochés.
Et quand il faudra bien
Pourtant un jour se séparer
Contre ta bouche et lèvres closes
C’est mon amour que je dirai.


*

samedi 22 octobre 2016

La vie est belle !

Ce matin, dans le journal, il est question de la doyenne des Français, NOTRE doyenne, puisqu'elle est bretonne ! 
Elle est charmante, Honorine, et ça vaut le coup de se poser quelques minutes avec elle. J'ai trouvé ce reportage bien fait, aussi je voudrais le partager avec vous...


lundi 10 octobre 2016

D'égout et des couleurs...

  J'ai reçu cette info, je voudrais la partager :

Un nouveau concept de street art venu… des plaques d’égouts !


Street art & sérigraphie


La mode est au street art… et notamment à l’art textile urbain. Le crochet était déjà très présent avec le Yarn Bombing, aujourd’hui c’est la sérigraphie qui s’invite en ville.

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Un collectif allemand de Berlin Raubdruckerin (que l’on pourrait traduire «Raubdruck» par impression pirate. Ce nom désigne habituellement une œuvre reproduite sans autorisation) a eu ainsi la géniale idée de sérigraphie des T-Shirts et des sacs avec des plaques d’égouts. Ils utilisent ces plaques d’acier comme des planches de sérigraphie.


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En servant de tampons d’impression, les plaques de bouches d’égout montrent de petits détails, des formes géométriques et des typographies surprenantes. Ils utilisent aussi d’autres plaques avec des dessins comme celle-ci à Berlin, Lisbonne, Amsterdam et même Paris.
Les T-shirts et autres sacs réalisés sont ensuite vendus sur la boutique internet.

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Voici en vidéo ce que fait Raubdruckerin :

Leur objectif est de parcourir le monde à la recherche des plus belles plaques de bouches d’égout. Et ils vont en trouver notamment au Japon où les plaques sont de véritables œuvres d’art.

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Pensez, quand vous marcherez sur une plaque d’égout, que c’est une future œuvre artistique !

samedi 24 septembre 2016

Partir du bon pied...

Délirer sur un article récent de "Sciences et Avenir"...




- Ah, tiens ! Y a au moins une chose de sûre, Marcel, c’est pas de toi qu’on parle dans l’article d’aujourd’hui !



- Quoi ? Qu’est-ce que tu racontes ?



- Y disent que « Seul un français sur cinq effectue 10 000 pas quotidiens », et ça, tu les fais certainement pas, Marcel !



- Ben… je vais chercher le pain, je descends la poubelle et je vais voir le courrier tous les jours…



- Ah ouais ? Et ça fait combien de pas, ça, Monsieur ?



- Si tu crois que je compte ! On n’est pas à l’armée, ici !



- De toute façon, t’as pas beaucoup marché non plus pendant ton service militaire, planqué dans ton bureau ! C’est sans doute à cause de gars comme toi qu’ils répètent sans arrêt : « Une, deux, une, deux » !



- Ouais, ben tu peux bien te marrer, tu l’as jamais fait, toi, le service. Et des pas, t’en fais pas beaucoup non plus, t’es toujours accroché au comptoir à picoler et t’as qu’à traverser le trottoir pour poser ton cul dans ta voiture, alors la ramène pas ! Et toi, Ludo, t’en fais beaucoup, des pas ?



- Tu rigoles ?! Moi, c’est mes gagneuses qui marchent pour moi ! Je veux pas qu’elles restent comme des piquets à attendre le client. Si j’leur laisse un peu d’fric pour qu’elles se paient des tatanes, c’est pour qu’elles s’en servent !



- D’ac, mais tu les équipes pas de podomètres, tes michetonneuses, alors tu peux pas savoir combien de pas elles font !



- Le jour où elle s’ront payées pour déambuler, je compterai et tu seras l’premier informé !



- Bon, c’est pas tout, les gars ! Qui vient me donner un coup de main pour trimballer les fûts de bière ?



- Heu… Ça dépend… C’est loin ?



lundi 19 septembre 2016

Recette pour un voyage réussi (ou pas !)



Pour un voyage réussi, prendre une grande valise, à roulettes pour plus de commodité.

Y entasser, selon la saison, pulls ou t-shirts, roulés de préférence pour éviter qu’ils s’agglomèrent.

Sur un côté, enfoncer délicatement une trousse de toilette dans laquelle on aura pris soin de bien visser les bouchons des flacons.

Déposer ça et là, dans les creux, quelques paires de chaussures.

Si la valise a une poche extérieure, vous pourrez y incorporer quelques documents sur le trajet que vous suivrez.

Vous pouvez, si vous le désirez, agrémenter la poignée d’un ruban, voire d’un morceau de tissu de couleur vive, ou tout autre signe distinctif que vous jugerez bon.

Partant du principe généralement admis qu’une valise bien faite est une valise bien pleine, pensez à la préparer longtemps à l’avance, en laissant reposer une couche un jour ou deux avant de la recouvrir d’une autre.

Attention toutefois : cette recette, qui connaît plusieurs variantes, ne convient pas à tous les types de voyages. Elle est à réserver à des séjours en hôtels avec ascenseur, sous peine de faire de votre escapade un véritable calvaire si vous êtes logé dans les étages !


vendredi 16 septembre 2016

Chacun son chemin

C'était le thème du premier exercice de l'atelier de reprise des Chouettes Plumes, en quatre paragraphes débutant par : lorsque, pourtant, mais déjà, et depuis !



Lorsqu'il est arrivé dans le village, le temps s'est comme suspendu. Celle qui parlait a retenu le mot, celui qui allait ouvrir la portière de sa voiture a gardé la main sur la poignée, tel qui sortait de l'épicerie s'est arrêté sur le trottoir... Tous le regardaient. Qu'avait-il de particulier ? Rien, pensai-je. Ou plutôt tout ! Il ne ressemblait pas aux hommes d'ici, dans notre montagne, trapus, larges d'épaules, les mains calleuses et le regard sombre. Lui était grand et mince, un rire dansait dans ses yeux bleus et les doigts accrochés aux bretelles de son sac à dos étaient longs et fins. Attaché à son paquetage, un étui à violon. Ce fut lui qui rompit le charme en saluant à la cantonade et en demandant où trouver Monsieur Charles, le directeur de la scierie. Comme si la baguette magique tombait une seconde fois, chacun retrouva l'usage de ses mots et de ses gestes et on lui montra le chemin.
   Pourtant il n'avait rien d'un bûcheron, mais je ne pouvais même pas l'imaginer enfermé dans un bureau. Il était de cette race qu'on ne retient pas, trop droit, le regard trop clair qui semblait voir au-delà de nous, plus loin que les sapins de la plus haute cime. En le regardant on avait envie de savoir d'où il venait, où il allait, de l'écouter raconter la vie, la sienne ou celles qu'il avait croisées, assurément. On sentait que le village frissonnait : enfin quelque chose d'inhabituel arrivait avec cet étranger, déjà il était le nouveau sujet de conversation tandis qu'il grimpait prestement les marches qui menaient au centre névralgique de notre communauté, là où se décidait le bien-être de chacun dans ce coin perdu où l'emploi est si rare. Que venait-il chercher ?
   Mais déjà il redescendait, le pas lourd, passait devant moi avec, sur les lèvres, comme un sourire d'excuse, une souffrance retenue, et dans ses yeux la lumière s'était éteinte. Je notais les talons éculés de ses bottes, le blouson de cuir fatigué, les bords usés de la boîte à musique. Je voyais le dos plus si droit et la main qui se crispait sur du vide. Il s'éloignait et il me manquait déjà, lui que je ne connaissais pas. Il disparut au bout du sentier caillouteux, dans le grand virage qui mène vers des ailleurs que je ne verrai peut-être jamais. L'air était plus lourd et le soleil moins brillant.
   Et depuis je pense à lui, le passager du vent, le voleur de mes rêves, le cheminot qui a partagé notre vie, l'espace de quelques minutes... 

 Montage à partir de photos du net

dimanche 17 juillet 2016

Juste en passant...

Il fait beau, il fait bon, on se laisserait même aller à penser qu'on frôle la canicule, après tous ces jours gris... Serions-nous enfin en été ?

Juillet a commencé avec deux anniversaires pour lesquels, bien sûr, j'ai fait des cartes : la première pour ma "grande petite-fille", la seconde pour une copine.



Allez, je n'abuse pas de votre temps, et le mien est compté, car il me faut préparer mon prochain départ avec ma fille, une escapade à deux longtemps rêvée...
Oh, un tout petit bout seulement, mais j'ouvrirai grands les yeux, promis !

vendredi 1 juillet 2016

Juste un coucou !

Pour montrer que je suis toujours là, à peine moins occupée depuis que j'ai posé un point sur la dernière ligne du travail de l'atelier de cette saison... Les Chouettes Plumes vont avoir le loisir d'aller sécher sous d'autres cieux, parce qu'ici, comme inscrit sur le Bulletin municipal de la semaine :

Evit kaout amzer vrav N'eus ket nemet gortoz

Ce qui veut tout "simplement" dire :

"Pour avoir du beau temps, il suffit d'attendre"

Non, mais quel humour ! L'Ouest va être déclaré Champion du Monde de la patience ! 

 

lundi 20 juin 2016

Chouette alors !

Une Chouette Plume, correctrice émérite et bienveillante, m'a offert hier ce paillasson !


Pour "l'oiseau à lunettes qui veille tard" que je suis, c'est parfait !

dimanche 19 juin 2016

Amitié

La saison d'écriture s'est achevée jeudi dernier pour notre atelier, et notre doyenne a tenu à fêter, avec un peu d'avance, ses 85 ans. En juillet, il n'y aura pas grand monde dans le secteur, et elle tenait à nous dire le plaisir qu'elle a à venir à nos rendez-vous.
Bien sûr, pour moi, il n'était pas question de lui souhaiter déjà son anniversaire, mais je tenais à ce qu'elle sache combien j'apprécie son entrain et sa bonne humeur. Cette carte est son reflet : le noir pour le respect qui lui est dû, le rose "flashy" pour son excentricité, et les noeuds pour la petite fleur bleue qu'elle est restée. A l'intérieur, un slam très personnel qui a eu l'heur de faire rire la compagnie...
Plioir de gaufrage et die noeud "Marianne Design", papiers et brads, le tout chez Kippers Creatif.

samedi 18 juin 2016

A, B, C...

Classique d'atelier, rédiger une histoire dont chacune des 26 phrases commence par une lettre différente, dans l'ordre de l'alphabet :

- As-tu vu passer le fils du roi ?
Bel enfant, dis, l’as-tu vu ?

- Combien me donnerez-vous, gente dame ?
Demander ainsi a un prix !

- Et que veux-tu échanger contre un simple mot ?
Franchement tu abuses maraud !

- Gardez-vous de menacer, la belle,
Habit doré ne fait point loi.
Iriez-vous jusqu’au coup pour un oui ?

- Jeune impudent, voyou, maraud,
Korrigan te fais pour te punir !

Le gnome alors vers la forêt s’enfuit…
Maudissant l'arrogante.
Nul désormais n’aura pitié :
Oubliés ses bienfaits, restent ses méfaits.
Pour un instant de colère,
Quelques mots sans réponse,
Ridée, chenue, la belle devint.

Sur le chemin passa le carrosse
Tiré par six chevaux blancs.
Un prince y souriait,
Vieille point ne regarda.
Wladimir, son laquais russe,
Xénia, sa maîtresse blonde
Y veillaient : seule comptait la beauté.
Zélés serviteurs qui savaient se taire !
                                       

mercredi 15 juin 2016

Encore un !




Je vous avais parlé, en son temps, d'une balade en forêt encadrée faite l'an dernier.
Si je vous en avais montré des photos je n'en avais pas scrappées. C'est maintenant chose faite, dans ce petit album fabriqué la semaine dernière, toujours avec Manue.



Nous avions déjà fait une promenade guidée dans cette forêt, mais complètement à l'opposé. Je vous en avais parlé ICI...
J'ai renoncé à la sortie de cette année, c'était le même circuit que celui-ci.