mardi 26 avril 2016

Atelier, deuxième !

Si vous entendez un "inactif" (comprendre un retraité, pour l'INSEE) dire qu'il a l'impression de ne rien faire, cela signifie qu'il a tant à faire, qu'il est tellement sollicité, qu'il n'a même pas le temps de se consacrer à ce qu'il avait décidé de faire aujourd'hui, qu'il avait déjà reporté hier et les jours précédents ! Vous suivez ? 
Voila pourquoi je vous livre aujourd'hui seulement la suite de notre dernière soirée d'écriture... C'est un peu le même genre d'exercice que le précédent, mais le support est suggéré : un restaurant. Au menu, une belle brochette de mots : zèbre, pistache, tambouille, vareuse, bigoudi, panaché, manuscrit, tintin, marionnette.

Moi, c'est Paulette, celle qui sert la tambouille du jour, qui lave le sol et la vaisselle, qui ramasse les engueulades de la rombière en bigoudis affalée derrière la caisse, celle qui subit les pince-fesses des routiers égrillards qui pointe du doigt mon décolleté en disant : "T'as une tache, pistache !", celle qui sert les panachés et les ballons de rouge mais ne touche pas de pourboires, bref, c'est moi la marionnette de service...
La seule lumière de ma triste existence c'est l'espèce de zèbre qui vient chaque semaine, le jour de la choucroute. Je le vois arriver de loin, avec les pans de sa vareuse qui se soulèvent quand il marche. C'est pas qu'il soit beau, mais lui il sent le propre, pas la sueur ou le cambouis. Lui, j'accepterais qu'il pose ses mains sur moi, mais tintin, je suis transparente... Il mange toujours en lisant un manuscrit, il paie, il s'en va...

*

Il y a des manuscrits qui sont publiés : ils contiennent les mots de gens qui ne se connaissent pas, ou à peine un peu, qui se côtoient souvent sur la toile, et qui un jour décident de faire oeuvre commune pour voir s'accomplir le rêve d'un enfant. Ce sont les écrivains des Anthologies Ephémères qui, aujourd'hui encore, ont permis à un jeune malade, sous le patronage de l'Association "Rêves", de s'évader un temps, comme si de rien n'était... 

 Et ce n'était pas un coup d'essai !

 

vendredi 22 avril 2016

Atelier, première...

Oh, ne vous attendez pas à un roulement de tambour, ou à une quelconque annonce qui changera la face du monde ! Non, il s'agit juste de la première consigne que j'ai donnée hier soir : Une porte (une photo tirée au sort par chacun, parmi quelques unes de ma "collection") raconte ce qu'elle soustrait aux regards. Bien sûr, il faut y ajouter trois mots : fardeau, pelure, incessant. 
Elle était pourtant relativement gaie, ma porte ! ?...


TOPLOU (Crète)

On n'entre plus depuis longtemps. Pourtant ils sont nombreux, ceux qui voudraient savoir sur quel univers je m'ouvre ! Leur curiosité ne se satisfait pas de ce que leur raconte le guide, ils veulent voir...
Voir le couloir étriqué et lugubre qui partage les deux rangées de cellules où des femmes ont dormi, prié, veillé. 
Pourtant il n'y a rien à voir, maintenant, dans ces réduits humides où un lit spartiate voisinait avec un tabouret. La règle était stricte, et tant pis pour celles qui réalisaient un jour qu'elle était un fardeau... Je ne tournais alors que dans un sens, pour les laisser entrer, mais ne les laissais jamais repartir.
Je suis la porte étroite d'un couvent où toutes ne sont pas venues de leur plein gré, le seul lien avec une vie qu'elles devaient oublier, la seule ouverture dans une muraille sensée les protéger des sollicitations incessantes de ce que la Dame Abbesse nommait "le Monde". Et pourtant, à l'intérieur, il y avait un autre monde que j'empêchais de rejoindre le premier, un monde de froissements de robes de drap noir, de chuchotements réglementés, de mains occupées à fabriquer des onguents, à pétrir le pain quotidien, quand elles n'étaient pas jointes pour les prières répétées et rythmées par les cloches de l'église voisine, celle qui a une si grande porte que deux hommes à cheval pouvaient la franchir de front.
Je suis la petite porte du couvent qui s'ouvrait pourtant dans l'autre sens, au milieu de la nuit, parfois, pour laisser passer un corps enveloppé dans une pelure de coton blanc. Retour inutile sur un seuil trop tard franchi...

mercredi 13 avril 2016

Un de plus !

Un anniversaire, ce n'est pas autre chose que de passer du jour au lendemain, non ?

Mais il est tout de même bien agréable de savoir que quelqu'un a pensé à vous, c'est du moins ce que je me suis dit en fabriquant ces deux cartes :
 Celle-ci d'après un tuto de Manou (papiers Kippers, tampon Stampin'Up)

Celle-là fortement inspirée, et pour cause, d'un carnet de voyage trouvé sur la toile (papiers Kippers, tampons Papiers de Pandore).