samedi 30 décembre 2017

Feu, fi !

Non, je ne tire sur personne à boulets rouges ! Ce n'est qu'un vieux souvenir du temps où je lisais les aventures d'Oumpah-Pah. Je ne sais pas pourquoi, je n'ai jamais oublié cet ordre d'Hubert de la Pâte Feuilletée !

jeudi 28 décembre 2017

Vive la télé !

Il faut parfois zapper plusieurs fois avant de trouver une "bonne" émission. Ce soir-là, à l'atelier, nous en avons réalisé une, suivant trois consignes...

mardi 26 décembre 2017

lundi 25 décembre 2017

C'est Noël

A tous ceux qui viennent ici, ou s'y retrouvent au hasard des liens, je souhaite de belles et paisibles fêtes de fin d'année, avec une pensée particulière pour les oubliés de Noël, ceux qui sont seuls et/ou loin de leur famille, de leur pays, peut-être...


samedi 23 décembre 2017

Mode d'emploi

Ils vont peut-être trouver ce cadeau au pied du sapin, mais ce sera à vous de le mettre en marche... Comme il y a de fortes chances qu'il soit "Made in China" et que l'explication, très sommaire, contenue dans l'emballage, soit traduite à grands coups d'à peu près, je vous donne la marche à suivre :

mercredi 20 décembre 2017

Couleur

Et si vous étiez une couleur, laquelle choisiriez-vous ? Qu'évoque-t-elle pour vous ?

lundi 18 décembre 2017

La maison du pêcheur

Décrire une maison tirée au sort, puis introduire trois marches de pierre, une horloge, un bilboquet. La lumière s'éteint, la porte se referme...

samedi 16 décembre 2017

Aéroport

Un Homme au chapeau gris, un aéroport... Débrouillez-vous avec ça !

Juste en passant : pour patienter dans un aéroport, une gare, routière, maritime ou ferroviaire... n'oubliez pas d'emporter LE livre de circonstance : "Voyage" !

jeudi 14 décembre 2017

Changement de genre...

L'absurde. La personne qui animait l'atelier ce soir-là nous avait lu un texte de Roland Dubillard, à nous de faire "à la manière de...", sur ce que nous voulions. J'ignore ce qui m'avait motivée alors, mais ne déprimez pas, ce n'est qu'un jeu... puisqu'on y envoie des enfants...

mardi 12 décembre 2017

Week-end

Vous verrez qu'une fois de plus je suis "autre", pour ce voyage que deux personnages doivent préparer la veille, avec obligation à un certain moment d'utiliser les mots : carnet d'adresses, stylo et liste des courses...

dimanche 10 décembre 2017

Le temps perdu

Le thème de l'atelier de ce jour-là était : "le temps", celui que nous avons... ou pas.
Pour le premier exercice, il fallait utiliser "sous l'ombre de..." avec un adjectif décalé.


vendredi 8 décembre 2017

Destination rêve

Juste écrire un court texte, autour de l'extrait du poème "Là-bas"...



L’autre jour, en rentrant chez moi, j’ai vu, dans la vitrine de l’agence de tourisme du bout de la rue, une immense affiche qui étalait de l’or sur un bleu intense griffé de bambous verts et de mouettes blanches.

Cela a fait comme un éclair dans la grisaille de cette fin d’après-midi : là, devant mes yeux, il y avait un monde féerique, une terre de soleil, une promesse de plaisirs ; cette affiche était un passeport pour le rêve, un antidote à la tristesse de l’hiver, et je restai là, sur le trottoir brillant de la dernière pluie, sous les néons qui commençaient à zébrer la nuit naissante, et du fond de ma mémoire remontait ce souvenir d’école, ce poème de Vehaeren qui, déjà, me faisait franchir les murs de la classe :

« … des îles de nacre et des plages d’argent

Et des perles et des coraux et le bougeant

Saphir des étoiles, à travers les feuillages,

Et de roses odeurs et des roses de lait… »



Alors, sans plus réfléchir, j’ai poussé la porte et déclaré à la blonde derrière le comptoir, en pointant la photo du doigt : « Je veux aller là ! »


mercredi 6 décembre 2017

Libre(s)

Ce soir-là, il fallait s'imaginer en animal. Il arrive à cet animal de vouloir être un humain. Enfin imaginer un tête-à-tête entre l'animal que nous étions et l'homme qu'il souhaitait devenir.



Regardez-moi, je vole… Mieux, je plane, très haut au-dessus des cimes, là où la neige étincelle…
Dans l’air bleu et vibrant, j’étends mes ailes et me laisse porter. Que le monde est petit, dessous : le point rouge du village aux toits de tuiles, la rayure brune du rio au fond du canyon… Ne me parlez pas des hommes, je les ignore… Je vole.
Ils ont fait de moi un symbole, m’ont fait marcher en tête de leurs légions, m’ont crucifié sur leurs drapeaux. Je ne leur en veux pas, même si mes ancêtres y ont laissé quelques plumes dont certains se sont parés !
Moi, je règne sur le ciel. Je ne suis pas plus cruel que vous. Plus libre, sûrement. Je suis un aigle.
Parfois, pourtant, j’aimerais être l’un des vôtres. Mais lequel ? Vous passez votre temps à vous quereller, vous disputer le temps, l’argent, l’espace… Vous ne savez pas vivre, tout simplement. Ou peut-être… Oui, peut-être celui-ci, qui largue les amarres, laisse derrière lui les chaînes du quotidien, la pâle froideur de la routine et s’en va, vierge de son avenir, les yeux ouverts sur un futur qu’il va se forger, un aventurier, un baroudeur, un explorateur, un homme qui s’émerveille à chaque instant de vivre et de regarder vivre, qui apportera du rêve et empochera des souvenirs. Tant qu’à être un homme, être libre !

Libre ! Mot magique, mot mythique, mot leurre, mot mensonge…
Un jour la vie vous rogne les ailes, coupe votre élan, vous tombez sur plus fort que vous, ou plus vicieux, ou tellement plus faible qu’il vous faut renoncer à vous éloigner.
Et nous voici tous les deux, de chaque côté de cette grille. Pour l’un l’espace se limite à un plafond de béton gris, pour l’autre il monte à l’infini au-dessus des marronniers, se glisse entre les nuages, mais pour les deux la liberté n’est plus qu’un souvenir.

En toi, l’homme, j’ai le sentiment de respirer les grands espaces de ma jeunesse, la détermination farouche de ne dépendre de personne. Dans ton œil je vois des horizons lointains, une envie de voler, de t’envoler. Que fais-tu sur ce banc, homme qui me ressemble ?

Toi, l’oiseau, comment a-t-on pu te mettre en cage ? Tu as à peine la place de déplier tes ailes. Seul ton regard impose encore le respect. Je me retrouve en toi, comme toi enchaîné à la vie, celle des autres, celle de l’autre qui a supplié que je revienne… L’aventure est finie, l’oiseau. Mais je reviendrai te voir, tu me ressembles !


dimanche 3 décembre 2017

Sueurs froides

Les consignes de cet atelier et sa conclusion sont les premiers mots de chacun des trois paragraphes. A nos imaginations "tordues" de faire le reste !




Le silence régnait sur les lieux… La mort et la désolation aussi. Tout, autour de lui, n’était que ruines, gravats… Le ciel lui-même avait rejoint la terre dans sa couleur. L’ocre, le noir, le gris, étaient les seules harmonies de cette palette lugubre. Partant, il lui semblait aussi mesurer ses gestes, tant il avait peur du non-bruit qui l’entourait, le cernait, l’emprisonnait. Il lui semblait que la moindre ampleur de mouvement l’entraînerait dans un abîme où il serait seul à se débattre. Depuis plus d’une heure qu’il avait ouvert les yeux sur cette vision d’apocalypse, il n’avait perçu aucune trace de vie, qu’elle soit humaine, animale ou végétale. Et l’angoisse montait en lui comme une vase qui annihilait ses sens. Déjà sa gorge se nouait et il était sûr de ne pouvoir pas même émettre un soupir…

Le calme du cimetière était encore plus impressionnant dans cet univers démentiel. On aurait pu s’attendre à voir les squelettes émerger des sépultures éventrées, des os blanchis entrelacés aux ferrailles rouillées des ornements. Le décor était parfait pour une gigantesque danse macabre. Mais rien… Et encore moins que rien, si cela était possible. Ce n’était pas un silence de circonstance, ou un silence de recueillement. Il se souvenait de certains silences qu’il avait appréciés par-dessus tout, dans la douceur d’une chevelure après l’amour, ou dans cet instant fragile qui suit le point d’orgue d’une symphonie. Ces silences-là parlaient, avaient de l’épaisseur. Mais ce dans quoi il était à présent était d’une autre sorte, indéfinissable parce qu’inconnue. Il frissonna même en réalisant qu’il avait mentalement employé le terme de « calme » en regardant ce lieu bouleversé où, hier encore, ou était-ce tout à l’heure, il aimait venir se retrouver et lâcher la bride à son esprit saturé des choses du quotidien… Car avant cette horreur, le domaine des morts était un lieu privilégié pour méditer sur la vie. Les dalles blanches à l’ombre des saules ressemblaient à des pas japonais menant à un jardin d’éternité… Mais brusquement, aujourd’hui, l’éternité avait un autre visage, aux yeux creux, à l’énorme bouche béante, prête à engloutir le dernier déchet d’Humanité qu’il représentait. Il se disait que ça n’allait pas durer longtemps. Son cœur ne garderait pas à exploser.

C’est alors qu’il découvrit, au bout de sa chaussure, un trou dans la terre, de la largeur de son pouce. Il n’aurait su dire pourquoi la chose avait capté son attention alors qu’il était au cœur d’une multitude de trous bien plus grands. Il se baissa pour observer. Des trous comme celui-ci, il savait que ça allait par deux : les entrées d’un nid de guêpes. Il aimait les voir dessiner leur ballet géométrique, à midi, pour indiquer la piste des pollens, ou les regarder, le soir, rentrer les unes après les autres, la dernière faisant un large tour au dessus du repaire, comme pour s’assurer qu’il n’y avait pas de traînards, dans un vrombissement entêtant. Il commença à écarter doucement la terre, puis creusa au plus profond de la galerie pentue. Il dégageait de petits cadavres rayés de jaune, seules taches de couleur désormais. Il avançait doucement, sans réfléchir à ce qu’il faisait. De toute façon, ça n’avait plus aucune importance… Et tout à coup il suspendit son geste : là, au fond du conduit, un frémissement, un tremblement, une aile minuscule, puis une patte crochue et, avant qu’il ait pu réagir, une guêpe, LA guêpe, sortit en zigzagant des débris de son nid.

Les manchettes des journaux du lendemain titraient : « Pris d’hallucinations, un fossoyeur tue un agent de la Compagnie des Eaux occupé au nettoyage d’un regard. Le meurtrier qui, pour une raison encore inexpliquée, sortait d’un chantier de démolition, se prétend le dernier survivant de la race humaine. »


vendredi 1 décembre 2017

1er décembre

Ce matin, j'ai eu la surprise de voir débarquer ma fille avec ce coffret dans les mains :


Un calendrier de l'Avent ! Pour moi ! Mon premier ! Comme quoi tout arrive...
A midi, au moment du petit café, j'ai ouvert le premier sachet : il contenait un gros biscuit à la cannelle fait par l'aînée de mes petites filles. Je l'ai apprécié avec mon thé de l'après-midi :


Encore 23 petites attentions à découvrir... Je retombe en enfance. Retour vers le futur !

**
*

1er janvier

Pour la nouvelle année, une ordonnance à suivre à la lettre :

mercredi 29 novembre 2017

Au fil de l'eau

Avec l'eau comme fil conducteur, il fallait parler du pont d'Avignon, du pont Mirabeau et finir sur le pont...



Un petit coin d’herbe fraîche, quelques chants d’oiseaux, un doux soleil de mai… Quel cadre enchanteur pour rêvasser au bord de la rivière… Sur une feuille, une libellule se pose doucement et surfe au gré des clapotis, entre les galets. Une grenouille paresseuse montre le bout du museau, juste le temps de happer un moucheron. Un bousier pousse à reculons sa récolte, reprenant son élan à chaque obstacle. Les éclats du soleil sur le miroir de l’eau se brisent et rebondissent, comme un collier de diamants brisé. Dans la faible profondeur du ruisseau, les herbes se courbent comme une chevelure peignée à l’infini. La pensée file au gré du courant, l’esprit s’alanguit, la torpeur arrive, insidieuse.

Et voguent les idées… Plus de contraintes, le temps est aboli. C’était quand, la dernière fois que je me suis réservée un petit coin d’éternité ? Il a fallu ce repos forcé, cette vieille douleur brusquement réveillée pour que je puisse à nouveau goûter au plaisir de ne rien faire. La mémoire est une boîte à souvenirs mystérieuse, elle livre en vrac des souvenirs enfouis… Ma première robe longue, ton sourire, les tortues que nous prenions dans les trous d’eau, le gâteau au citron de la semaine dernière, qui avait un goût d’enfance, les images des tablettes de chocolat que je collais sur l’album, celui des rondes enfantines où Cadet Roussel voisinait avec les belles dames sur le pont d’Avignon, le bouquet de roses que j’ai trouvé ce matin, sur la table de la cuisine… Souvenirs d’hier, souvenirs de demain chante l’eau qui ruisselle et cascade.

Rappelle-toi notre dernier rendez-vous, en octobre. Sur les quais l’automne commençait à rouiller les feuilles des platanes ; des enfants faisaient des ricochets sur la Seine, sous le pont Mirabeau les amoureux n’étaient pas seuls au monde. Il montait de l’eau une odeur un peu fade, et les traînées grasses dans le sillage des péniches n’avaient rien de vraiment poétique sous le soleil blafard. Puis la nuit est venue, les bruits se sont feutrés et la ville a mis son habit de lumières. Les bateaux mouches ont semé des éclairs sur le ruban noir de l’eau et, sous le pont, un accordéon a déplié sa mélodie.

Un papillon vient se poser tout près de moi. Sur une pierre chaude un lézard hiératique semble minéralisé. Le temps paraît avoir suspendu son cours. Pendant ma rêverie, une araignée a tissé sa toile entre deux ombelles. Les fils de soie tremblent dans la brise et, allez savoir pourquoi, je revoie tout ce monde sur le pont du bateau qui, lentement, quitte son berceau pour ses fiançailles avec la mer. La tache de champagne brille encore sur l’étrave et des flots de rubans semblent encore vouloir le retenir au port. Ce petit point qui s’éloigne, là-haut, c’est toi…



lundi 20 novembre 2017

Grosse légume



Toujours dans mes anciens textes, je dépoussière celui-ci : un légume parle de lui !
 
A peine sortie de mon trou, moi qui ne connaissais pas le monde, celui de l’art culinaire s’entend, j’ai été contente de ne pas m’enterrer dans un coin de jardin.
J’ai tout de suite appris que je peux avoir des tas de noms, plus flatteurs les uns que les autres : Belle de Fontenay est celui que je préfère. Il me confère une sorte de noblesse, avec un petit rien canaille qui s’accorde à ce qu’on attend de moi : qu’après un bain de vapeur j’ôte ma robe des champs pour offrir aux plus gourmets ma chair dorée, parfois rosée, toujours moelleuse.
Il m’arrive aussi de jouer la dure au cœur tendre, quand un bain d’huile m’a donné une frite d’enfer pour accompagner un beau morceau un peu vache ; on me dit alors blonde à croquer…
Je suis venue de loin pour me poser dans votre assiette, et j’apprécie que chacun veuille m’y inviter : je me fais légère en mousseline pour bébé, hachis pour sa maman, grenaille pour le soldat, même les plus cochons m’apprécient.
Franchement, j’ai la patate !


samedi 18 novembre 2017

Avant...




C’était mon jardin secret, mon pré carré, mon royaume, mon univers. Un espace de verdure presque sans limites où même le silence est bruit, où l’eau passe sans clapotis, seulement ridée par une vie plus profonde, plus lente et dangereuse pour qui s’approche de la rive, un temple où des arbres colossaux empêchent le soleil de filtrer mais dont les branches se parent de grappes fleuries aux lourds parfums, un lieu étrange, chuintant, crissant, où le pas s’enfonce dans les mousses, où l’oiseau déplace la feuille  et où l’insecte se fait feuille, un lieu de début du monde, fragile et fort à la fois, protecteur et hostile, impénétrable, et pourtant….
C’est là que je vivais. J’étais le seigneur redouté, le prédateur, l’oreille, l’œil et la dent, la cruauté si naturelle dans notre monde.
De ma gloire ne reste que quatre mots sur une planche, contre des barreaux : « Tigre royal du Bengale ».


mercredi 15 novembre 2017

En passant

Je ne scrape pas beaucoup en ce moment, mais j'ai pris le temps de faire une carte d'amitié, un clin d'oeil par-delà le virtuel...


lundi 13 novembre 2017

Légendes nouvelles (2)

A l'autre bout des alignements, il y a  un très vieux village. Entre la chapelle, le lavoir et la fontaine, il y a la sépulture du dernier villageois qui parlait aux pierres et savait les écouter. Pourquoi n'a-t-il pas de pierre tombale ?



Ecoutez, vous qui passez dans ce chemin creux… Je vous parle mais vous croyez entendre le vent dans les branches, je vous souris mais vous croyez voir le soleil jouer à travers les feuilles. Et partout le calme, et l’ondulation des herbes folles dans le grand champ…
Je suis l’homme qui parlait aux pierres et pourtant, dans le village, j’ai été le seul à ne pas en avoir une sur le ventre le jour de ma mort.
J’avais demandé qu’on m’en dispense, par souci de moi, en hommage aux pierres, si brutes, si lourdes de tous les secrets qu’elles renferment. Je les connais à peu près tous, j’y ai ajouté les miens.
Les pierres sont là pour construire des murs qui protègent la foi, des cimentières qui gardent le souvenir, des maisons pour abriter les familles. Moi j’ai les croyances des druides, je n’ai pas de famille et j’ai refusé de rester prisonnier d’une dalle pour l’éternité. J’ai voulu fusionner avec la nature, me dissoudre dans la terre nourricière et, plutôt qu’un carré gravé pour se recueillir, j’ai souhaité que mon âme erre en liberté dans ces lieux qu’elle a aimés. Et toujours vous essaierez de me retrouver… Peut-être suis-je ici, peut-être là ? Demandez aux pierres, elles savent !


dimanche 12 novembre 2017

Légendes nouvelles

Dans mon tri, j'ai sélectionné deux textes écrits le même jour il y a quelques années. Pour clôturer la saison d'écriture, nous avions passé la journée à Erdeven, à nous balader, rire beaucoup et écrire un peu ! Pour cela, nous nous étions d'abord rendus sur le site mégalithique de Kerzerho où chacun s'était "approprié" un bloc et avait déliré sur lui. Pour l'anecdote, il y avait là un touriste indien, turban et moustache en crocs, à qui son accompagnateur a commencé à traduire la première lecture avant de comprendre que nous étions un peu fêlés !!! Nous nous sommes sentis obligés d'expliquer ce que nous faisions...
J'avais jeté mon dévolu sur un dolmen, rond comme une gigantesque brioche :

Il était une fois… Il y a des années-lumière, sur la planète XYZ du troisième soleil, un vieil homme qui prétendait que, par-delà les étoiles, existait un monde peuplé de pierres. Bien sûr, personne ne l’écoutait, puisque personne ne savait ce qu’était la pierre.
Alors il se mit en tête de leur prouver ce qu’il disait, et il commença à préparer un engin spatial pour un long voyage. Il embarqua par une belle nuit où Pluton luisait là-bas, très loin dans le ciel.
Après plusieurs années il sortit, frais et dispos, de son caisson cryogénique et constata avec une immense fierté que ses calculs étaient exacts : juste dans l’axe de son vaisseau il avait la Bretagne (c’est comme cela qu’il avait baptisé ce coin de planète). Il fallait donc maintenant décélérer jusqu’à la zone rouge sur le compteur, marquée « Morbihan » (une autre de ses trouvailles) et là se poser en douceur dans une toute petite clairière, en coupant les gaz. Puissance zéro. L’homme venait de prendre pied dans son rêve, qu’il nomma tout naturellement « Kerzerho ».
Et comme personne, là-haut, ne le croyait, il décida de rester là, de se fondre dans ce paysage enchanteur, de s’y installer.
Donc ce que vous prenez aujourd’hui pour un gros bloc de granit buriné par le temps est en fait une soucoupe volante minéralisée. Si, si, regardez dessous… Vous verrez, elle est juste posée, un peu en biais.
Peut-être, un jour, repartira-t-elle ?...

 La suite au prochain numéro. Kénavo !

vendredi 10 novembre 2017

L'atelier d'écriture

Quinze ans d'atelier, ça représente quelques cahiers. J'ai entrepris de trier les textes pour ne garder que les miens. Comme eux, les autres, écrits à plusieurs mains, sont tous dans la version reliée remise à chacun en fin de saison.
Vous savez qu'il n'est pas simple d'écrire. 
Voici le texte final d'un exercice qui consistait à décrire très simplement une situation, d'y ajouter des sentiments, puis des couleurs, enfin de la gourmandise et aussi de la sensualité... Dernières consignes pas très évidentes compte-tenu du thème que j'avais choisi !



Comme tous les quinze jours, ils se retrouvent autour de la table de chêne clair, dans un joyeux brouhaha, pressés de connaître la consigne d’écriture du jour. Des mains se serrent des bises claquent sur les joues rosies par le froid, les blousons gris, marron ou verts vont rejoindre les écharpes colorées dans un coin de la pièce et, petit à petit, chacun s’installe, se recueille, regroupe mentalement les idées possibles qu’il s’est promis de développer sur le futur thème, suçote en pensée le petit mot incongru, la tournure de phrase inusitée qui va pimenter son texte, comme un cuisinier recense les ingrédients qui feront d’une banale recette un chef d’œuvre de nouvelle cuisine ! Tout est prêt.
La consigne est donnée : simple, carrée, laconique, ne laissant pas vraiment de place à l’imagination.

La stupeur, puis une sorte d’abattement, se lisent sur les visages. Des doigts se crispent sur un crayon, des stylos restent sur la table. Ça et là, quelques mots naissent, bleus, noirs ou violets sur le vide d’une page, vite raturés, et de nouveau les plumes comme les esprits restent en suspens. L’imagination a quitté la salle, s’est retirée traîtreusement du jeu.
Quelques uns pourtant ont fini par se jeter dans l’eau blanche de leur feuille et, au sourire qui, sans atteindre la bouche, détend chaque trait de leur visage, on devine qu’ils vont bientôt arriver sur l’autre rive de la consigne. Les autres les regardent de côté, envieux, déçus… Déçus comme le seraient des gamins accrochés à la vitrine du pâtissier, heureux des trois sous qui tintent dans leur poche, et qui verraient brusquement disparaître la dernière part de gâteau qu’ils s’étaient promise sous leurs yeux incrédules. Ceux-là sont frustrés.
Mais il ne vont pas laisser ainsi passer l’occasion d’avoir, ce soir encore, ce petit frisson créatif, ce plaisir sensuel de manier les mots, de les rouler, de les tordre jusqu’à parfois leur faire dire leur contraire !
Alors ils font le vide en eux, ferment les yeux et laissent remonter du fin fond de leur mémoire des sensations, un feu d’artifice de petits riens qui vont lentement s’ordonner et, apaisés et pressés de rattraper le cours du temps, ils vont enfin broder sur le papier ces signes tant espérés qui vont faire naître un nouveau personnage, une nouvelle histoire, en même temps qu’ils vont dévoiler, très pudiquement, un peu d’eux-mêmes, encore une fois.


mercredi 1 novembre 2017

Vulfran

Il y a quelques temps, Vulfran rêvait, mais je ne pouvais pas encore vous révéler qui il était...
Maintenant que LE livre est paru, voici l'un de ses "héros". N'hésitez pas à découvrir les autres en achetant cet ouvrage qui, vous le savez, a été co-écrit pour aider à réaliser un rêve d'enfant malade !

*
  « Coucou, Octave ! » C’est Adeline, lumineuse de blondeur, nattes dans le dos, qui s’arrête sur le chemin le temps d’agiter sa menotte dans ma direction. Sur ses talons arrive Max, « coiffé avec les pieds du réveil » comme dit Marguerite, la bonne du curé. « Max la menace » n’a apparemment jamais appris à se servir d’un peigne mais sait, en général, ajuster ses tirs quand il lance un caillou sur quelqu’un ou quelque chose, je le sais d’expérience… Aujourd’hui, il se contente de me tirer la langue, et presse le pas car il est suivi par l’institutrice. Il n’a pas vraiment envie de commencer sa journée en se faisant houspiller, sans doute !

« Salut Hector ! » lance Timothée en courant comme un dératé. Pourquoi est-il si pressé ? Ce gamin a dû courir et sauter avant de savoir marcher !

« Bonzou Monsieur ! » Celle-ci, c’est ma chouchoute ! C’est Zélie, la dernière de Marie et Clément, que j’adore. Comme pour les autres, je ne réponds pas, mais pour elle j’agite le bras dans le léger vent printanier, et je souris, intérieurement. Elle n’a sans doute pas vu mon geste, elle est déjà captivée par un papillon qui virevolte au-dessus d’elle. Heureusement que sa mère lui tient la main ! Marie m’a souri aussi, il ne m’en faut pas plus pour être heureux !
Seuls ou par petits groupes, tous les enfants du village passent devant moi, et peu m’ignorent. Ils m’affublent de prénoms différents, selon leur humeur, selon les jours. Moi, imperturbable, je les écoute babiller, plaisanter, brailler, chanter, se quereller… comme le faisaient leurs parents avant eux. Serai-je encore là pour voir passer leur progéniture ? Je supporte de plus en plus mal la chaleur et les hivers me semblent interminables, même si j’aime ce coin de terre que je suis chargé de surveiller.
En fait, je m’appelle Vulfran. Hé oui ! Pas banal, n’est-ce pas ? Vulfran Paindavoine, très exactement. C’est Marie qui m’a baptisé ainsi. Elle avait dix ans et venait de lire « En famille » d’Hector Malot. Si elle avait versé des larmes sur le sort de la jeune orpheline, elle avait trouvé des excuses au vieillard bourru et rigide qui était le grand-père. Aussi, quand le propre grand-père de Clément m’a construit et planté droit comme un piquet au milieu de son potager – les deux petits ont toujours été inséparables – elle a décidé que j’avais un maintien digne d’un chef d’entreprise, et que ce nom me convenait particulièrement ! Il faut dire que j’avais de la prestance en ce temps-là ! Vous ai-je dit que je suis un épouvantail ? Non ? Oh, pardon ! Voilà qui est chose faite… Donc, à l’époque, mon brêlage de chanvre me promettait un avenir serein et des fagots de belle paille odorante me dessinaient un torse conquérant. Bien sûr, vous avez du mal à me croire, avec mon épaule basse, ma poitrine creuse et ma tête de guingois, rafistolée de bandes collantes trop souvent décollées. Mais je suis comme vous, je vieillis.
Longtemps mes petits amis ont veillé sur ma mise, dégotant dans le grenier de quoi m’habiller, voire même me déguiser pour leurs jeux de l’été. J’étais un personnage à part entière dans leurs mises en scène. Ainsi j’ai veillé des poupées, jugé en toute équité un délicat partage de bonbons, subi une danse du scalp avant de devenir le confident des premiers soupirs et le témoin silencieux des premiers baisers. Puis ils sont partis, longtemps, et les oiseaux riaient de moi et pillaient des lambeaux de vêtements pour en garnir leur nid. Je servais du moins à ça. Une fois quand même, Grand-père m’a donné un vieux manteau pour cacher ma misère. Je dépérissais. Et un jour mes amis sont revenus, se sont mariés et se sont installés dans ce nouveau lotissement, juste au bout de ce chemin si pratique pour rejoindre le centre du village. Depuis Marie veille à ce que je sois correctement vêtu et elle m’a confié il y a quelques jours, en faisant mine de prendre une salade à mon pied, qu’elle envisageait sérieusement de me refaire une tête et d’y ajouter, pourquoi pas, une moustache ! Je ne sais pas trop si cela m’ira, mais je la laisse décider, je suis si bien depuis qu’elle est là. Si les enfants ne me font plus participer à leurs jeux, je suis sûr que c’est parce qu’ils savent le respect qu’on doit à un vieillard, sauf Max, bien trop content de trouver une victime !
Mais j’ai un rêve, depuis longtemps, que je n’ai confié qu’à une mouche de passage qui, un jour, m’a raconté avoir assisté au mariage de Marie et Clément, quand moi j’ai du me contenter d’entendre les cloches carillonner… Je rêve d’avoir deux jambes et de pouvoir enfin voir le monde au-delà du jardin, au-delà du village, pour savoir si tout ce que j’entends raconter est vrai, pour connaître ce qui pousse les enfants à partir et parfois à revenir, pour rencontrer d’autres épouvantails, peut-être ? Ce n’est qu’un rêve, mais… « rêver c’est déjà ça ! »

 

lundi 30 octobre 2017

Produit de saison

Pour la cinquième fois maintenant, l'annonce de l'automne rime avec l'arrivée d'un nouveau recueil des Anthologies éphémères, ce collectif d'anonymes qui fait chaque année sa "rentrée littéraire" en publiant un livre dont les bénéfices de la vente sont reversés à l'Association "Rêves" pour réaliser celui d'un enfant ou d'un adolescent gravement malade et hospitalisé.

Cette fois-ci, c'est une gracieuse montgolfière, toute gonflée du souffle créatif de ses 113 auteurs et/ou illustrateurs, qui est venue se poser chez moi. Je devrais plutôt dire un vol de montgolfières, comme des papillons, car elle était accompagnées d'autres de ses semblables destinées à quelques personnes qui ont répondu à mon appel !

Pour avoir une fois encore participé à l'aventure, j'ose me montrer très fière du travail collectif et de son rendu. Puisse ce livre suivre son chemin et continuer à abonder la cagnotte du (des) rêve(s) !

Vous le trouverez, ainsi que ses aînés, sur le site de l'éditeur. Je vous en souhaite une bonne lecture !


mardi 24 octobre 2017

Une envie de scrap

Il y a quelques années, ma fille m'a scrapé un très joli calendrier des anniversaires auquel je me réfère chaque mois, mais pas à date fixe, et souvent je réalise une carte dans l'urgence ! Alors j'ai pris le temps de composer ces quatre-ci pour avoir un peu d'avance, et la violette est déjà partie cet après-midi, direction le sud et le soleil...






dimanche 15 octobre 2017

Princesse Nini


Nouveau sujet chez Mil et Une...



Nini, qu'elle s'appelle. Mais dans la rue c'est Princesse. Pas qu'elle soit plus fière ou mieux née que les autres, mais parce que son mec, c'est le Prince, un caïd fils de caïd, que jamais personne ne penserait à contester son territoire, qu'il avait du reste bien étendu depuis que son paternel s'était fait étendre, lui... Peut-être à cause de ça, d'ailleurs, comme qui dirait pour venger sa mémoire...
Ca lui faisait encore plus de rues à arpenter, à Nini, vu que la théorie de Fernand - pardon, du Prince - c'est que le personnel doit tourner, pour pas lasser le client et pour pas que ta tronche s'imprime trop vite dans la rétine des poulets. Ca finissait quand même par arriver, mais le Prince arrosait suffisamment large pour éteindre les braises quand ça sentait le cramé.
Nini, elle est pas née dans le milieu. Du temps où elle s'appelait Aline, elle vivait comme tout le monde, avec un père qui ramenait chaque mois sa paie d'honnête ouvrier mal payé et une mère qui travaillait au noir pour boucler un budget mort le quinze. Dans leur vie médiocre, ils avaient eu la chance de n'avoir qu'une fille. Ils n'auraient jamais pu allonger une thune de plus pour un autre gosse.
Nini avait grandi sans démonstrations d'affection mais sans taloches. Elle avait l'esprit vif  et savait tourner sa langue dans sa bouche avant de l'ouvrir. Elle suivait à l'école et se voyait bien travailler dans un bureau, loin de l'usine qui faisait survivre son patelin. A seize ans son paternel lui avait permis d'aller au bal le samedi soir, avec sa copine Yvette chaperonnée par son frère aîné, plus occupé à chahuter avec ses copains qu'à garder un oeil sur sa frangine qui, elle, perfectionnait sa technique du tango avec tous les boutonneux du coin en mal de chaleur humaine.
Un soir qu'elle s'ennuyait ferme dans un coin de la salle des fêtes en sirotant un jus d'orange tiédasse, Aline avait décidé de rentrer chez elle sans attendre Yvette. Il pleuvait, elle avait couru et perdu une chaussure dans une flaque. Un mec était descendu d'une bagnole garée sous un réverbère, il avait ramassé la grole, l'avait épongée sur son futal avant de se pencher pour la glisser au pied trempé d'Aline, transportée d'un coup dans l'univers féerique des bouquins qu'elle dévorait quand elle était môme. Il était prévenant, regard de braise sous le large bord de son Borsalino chocolat. Sa gabardine fleurait le tabac blond et sa bouche disait qu'elle était belle comme une sirène avec ses cheveux bouclés où s'accrochaient des perles de pluie. 
Il avait proposé de la raccompagner. Il était revenu, souvent, jusqu'à ce que ses parents s'habitent et se laissent embobiner pour lui permettre de partir à la ville. Sans dire quelle ville. Elle ne les a jamais revus. Lui n'était plus ni tendre ni même poli. Elle était devenue Nini et n'avait plus connu que les trottoirs des bureaux, à partager avec d'autres filles aussi paumées qu'elle. Et puis son homme avait pris du galon et son surnom à elle avait changé, mais pas sa condition.
Ce soir elle en a marre. Marre de se faire exploiter, tabasser, marre d'arpenter le bitume, de devoir sourire quand elle a envie de pleurer. Dire qu'il y a des secrétaires qui font la gueule en se posant tous les matins devant leur machine à écrire...
S'assoir, rien qu'un instant, histoire de masser ses pieds douloureux, voler quelques minutes de répit à la vie...
Une voiture s'arrête, une vitre se baisse : "Alors, Princesse, on abdique ?" grince une voix ironique...

jeudi 12 octobre 2017

Raisonner la raison



Chez Mil et Une en semaine 41, un grand sujet de réflexion...


Écrire
Mène à lire
Pire
Se relire…

Mais est-ce une raison

Pour arrêter de dire
Ce qui inspire
Nous fait médire
Ou séduire
Ce qui de nous transpire 

Sans raison

Juste pour le plaisir
Une chance de saisir
La couleur d’un désir
L’espace d’un soupir

Est-ce déraison ?

Je donne ma langue au chat !


vendredi 6 octobre 2017

Le rêve de Vulfran




 Être
Ou paraître
Peut-être naître
Disparaître
Et puis renaître
Oublier sa forme
Difforme
Portant haut-de-forme
Énorme
Penser être roi
Avoir des droits
Voir des endroits
Moins étroits
Vivre autrement
Avoir des sentiments
Être un homme
En somme.

Aucune illustration aujourd'hui, pour ménager le suspense. 

Qui est Vulfran ? Pour le savoir, il suffit juste d'acheter le nouveau livre des Anthologies Ephémères, édité par "The Book Editions" et vendu au profit de l'Association "Rêves", pour réaliser le rêve d'un enfant ou d'un adolescent gravement malade...  

Ce texte ne fait pas partie de ceux figurant dans le recueil.

jeudi 5 octobre 2017

Ca faisait longtemps...

... que je n'avais pas aligné les mots, chez Mil et une, faute d'être disponible. Et puis le sujet ne fait pas toujours "tilt"... Aujourd'hui, c'est venu comme je vous le livre ici :




VOUS ME CONNAISSEZ TOUS

Méchante. Je suis méchante, et cela depuis toute petite. Je n’y peux rien, c’est dans ma nature. Et en grandissant, ça a empiré, je suis devenue odieuse, parfois vicieuse. Je m’adapte, sans chercher à changer. Certains sont pour d’autres comme le sel de la vie. Moi, je serais plutôt leur grain de poivre, celle qui les fait tousser à en perdre le souffle et pleurer à s’y noyer. 
Je ne possède pas une once de diplomatie. A quoi me servirait de ménager tel ou tel, voire d’être simplement polie ? Je n’ai jamais non plus éprouvé la moindre jalousie pour les gentilles, ces mièvres qu’on oublie sitôt qu’on s’en éloigne. Les méchantes, par contre, on ne les oublie pas, et elles finissent toujours par revenir de leur exil, aussi loin qu’on les expédie !
Avec le temps, on dit de moi que j’enfle, c’est mon côté baryton, ma voix grossit en proportion et elle accompagne dignement mes propos, couvrant toute protestation, éclipsant toute tentative de conciliation.
Vous l’aurez compris, j’adore mettre mon nez dans les affaires des autres, dans toutes les fentes de leur existence que j’élargis à grands coups de dent féroces, sans me départir de ce sourire qui sait mettre en confiance, et ma bouche pulpeuse peut déverser sa dose de poison dans l’oreille la plus compatissante sans que nul n’en ait pleinement conscience.
Je m’enveloppe d’une aura sulfureuse, acide, caustique, létale parfois… Je passe sans me retourner sur les dégâts que j’engendre, sans état d’âme et sans émotions, froide, distante, indifférente à tout ce qui n’est pas moi.
Beaucoup ont essayé de me faire taire, mais il aurait fallu me tuer dans l’œuf, moi, la fille de Médisance et On-dit, moi qu’on nomme la Rumeur.

 Norman Rockwell - The gossips

mardi 3 octobre 2017

Ils sont formidables !

Oui, TBE a fait très fort pour que notre livre soit à nouveau visible à la vente très vite : quelques heures ont suffit pour valider la version corrigée, au grand soulagement de tous !

Donc, maintenant, y'a plus qu'à !


Voyage

Nouveau
Recueil composé de 118 récits, poèmes, nouvelles et images, conçus par 113 auteurs et illustrateurs (dessinateurs, peintres, photographes) dont le plus jeune...

La suite est ici :https://www.thebookedition.com/fr/voyage-p-353426.html

lundi 2 octobre 2017

"Faisons un rêve"

"Faisons un rêve", proposait Sacha Guitry en son temps... Mais ce rêve était basé sur la tromperie, le mensonge, ce n'était qu'une illusion.

Rêver, vraiment, c'est sérieux, surtout pour un enfant. C'est une bulle de bonheur et d'espoir. Et quand il se trouve que cet enfant est malade, hospitalisé, rêver devient une nécessité, une force qui porte.

Cela, les amis virtuels de la blogosphère l'ont compris depuis longtemps, et quatre fois déjà ils se sont unis pour mettre du soleil dans les yeux, un sourire sur les lèvres de jeunes qu'ils ont parrainés par le biais de l'Association "Rêves", en donnant un peu de leur temps, de leur talent et de leur coeur pour façonner un livre dont les bénéfices ont été utilisés avec bonheur : 





Cette année encore, le "gang des Anthologies éphémères" a frappé, pour la bonne cause : pas moins de 113 auteurs et illustrateurs (dessinateurs, peintres, photographes) menés par Quichottine, se sont embarqués pour un VOYAGE dont ils espèrent beaucoup, grâce à la générosité de tous et chacun

 

Il coûte 15 euros. Ceux et celles qui me connaissent et habitent près de chez moi peuvent le commander par mon intermédiaire, à condition de le faire avant le 10 octobre. Après cette date, où si vous êtes loin, ou si vous voulez vous débrouiller tout seul, c'est ici :

https://www.thebookedition.com/fr/voyage-p-353426.html

Attention : à la date d'aujourd'hui et pendant quelques jours, le site indiquera que cet ouvrage est indisponible, tout simplement parce que nous voulons qu'il soit le plus beau possible et que deux ou trois petites coquilles sont en cours de correction. Il n'y en a pas pour longtemps, l'escale sera de courte durée, ne vous découragez pas !

Voilà, n'est-ce pas tout simple de semer du bonheur là où le rêve a servi de terreau ? Alors oui, tous ensemble, faisons le rêve d'en réaliser un !

samedi 16 septembre 2017

Parce que c'était l'été

Du moins sur le calendrier, et pour quelques jours encore, que le fameux challenge de scrap distillait ses dernières consignes, je me suis penchée sur les photos de l'an dernier, si lumineuses...

Onzième page : des fleurs, tamponnées, découpées... autres que celles figurant éventuellement sur le cliché.
J'ai choisi ces petites graminées qui dansent dans le vent au bord de nos côtes, et qui parfois partagent, une trop courte saison, un peu de leur maigre terre avec les coquelicots qui reviennent, lentement mais sûrement, poser leur sceau dans les champs.


Et pour la douzième et dernière page, il suffisait que son titre commence par un "A". Puisque c'était la fin, j'ai tiré ma révérence dans un large sillon d'écume... (Dis Mamy, pourquoi c'est blanc alors que la mer est bleue ?)


Allons, les devoirs de vacances sont maintenant finis ; ils m'auront permis d'associer mes coups de coeur aux différentes consignes. Je n'ai rien gagné à ce petit jeu, que la satisfaction d'avoir répondu en temps et en heure à un défi ludique et le plaisir de revivre des instants.

Pour conserver les différentes pages de ce carnet d'un été, je les ai reliées dans cette couverture toute simple :




lundi 21 août 2017

Coucou !

Nouveau défi, l'antépénultième ! Hum... quel bonbon, ce mot qu'on n'a pas souvent l'occasion d'employer ! Donc il fallait mettre le mot "Hello" dans le titre de la page du jour. L'anglais est une belle langue qui a adopté certains mots de français, dont le très romantique "rendez-vous", mais j'aime autant l'éviter quand je parle dans ma langue, ce qui n'est pas forcément évident en scrap où on parle de "brads" pour désigner des "attaches parisiennes" ou de "twin" pour une fine cordelette bicolore ! Passons...

L'anglais étant la seconde langue officielle de l'Inde, j'ai choisi trois enfants attrapés au vol, qui me rappellent comme j'aimais faire "coucou" aux voitures qui suivaient notre 4CV quand j'étais petite, agenouillée sur le siège arrière... La ceinture de sécurité ne faisait probablement même pas partie des projets des constructeurs de l'époque ! C'était aussi le jeu de l'été, avec mon cousin et ma cousine, assis sur le talus au bord de la petite route de campagne. Nous avions de la patience, ce n'était pas l'affluence ! Mais que de plaisir quand on nous répondait. Alors, même les passagers des trains agitaient la main dans notre direction. Le TGV ne brouillait pas l'image... Aussi, maintenant, quand l'occasion m'en est donnée, je réponds toujours aux petites mains qui s'agitent...

Tout ça pour dire que quelques mots d'une chanson se sont imposés à moi, que j'ai honteusement inversés ! Pardon, les gars !


samedi 19 août 2017

Pour dire...

Pour dire que ça serait l'été, et que Papa et Maman nous auraient emmenés à la plage... Tu sais, celle qu'on atteint par le sentier côtier, la plage d'un des bouts du monde... Au loin, tout là-bas, un porte-conteneurs se découperait sur l'horizon, pas plus gros que ces bateaux que tu emportes dans la baignoire... Il n'y aurait que nous sur le sable, parce qu'il faut vouloir venir jusqu'ici, avec tout le barda ! Papa aurait planté le parasol juste là, un peu incliné, pour que nous soyons tous à l'ombre (bien sûr, il ferait chaud), mais pour lui qui  emporte toujours son chapeau de paille fatigué, il installerait le fauteuil ici, pour "faire la vigie" comme il dit ! En fait, nous savons bien qu'il finirait par piquer du nez sur son journal, une petite dizaine de minutes seulement, comme chaque fois. Maman nous regarderait avec un sourire complice en posant un doigt sur sa bouche et nous, nous partirions en courant rejoindre l'eau, juste après la barrière de varech visqueux et odorant. Nous pourrions alors agiter les bras pour dire bonjour au grand phare de granit qui veille sur nos nuits, même si nous savons que plus personne ne l'habite.  L'océan viendrait paresseusement nous lécher les pieds, comme un bon gros chien, et nous nous amuserions à suivre la dentelle d'écume blanche et pétillante déposée sur la grève, juste à la limite des ultimes vaguelettes...
Derrière nous, Papa et Maman arriveraient, main dans la main, et nous regarderaient rire, et nous éclabousser, et tomber dans l'eau bleue-verte "par hasard", et nous relever en assurant qu'elle est froide mais en y retournant, encore et encore...
Pour dire que ça serait l'été, qu'ils seraient encore là, et que nous serions toujours des enfants...


Pour dire aussi que la neuvième consigne était de mettre des flèches sur notre page !

vendredi 4 août 2017

Partir

Comment ne pas céder à la tentation quand on passe tous les jours devant ce poteau ? Je pourrais tourner autour et me fixer comme objectif de visiter chacune des villes indiquées ?... C'est déjà fait pour certaines.
Quand la nouvelle consigne de scrap est tombée, ce matin, j'ai tout de suite pensé à cette photo. Pourquoi ? Manque de soleil ? Ce n'est pas terrible aujourd'hui mais mieux que les jours derniers. Les semelles qui démangent, alors ? Sans doute, mais ce n'est pas dans mes priorités du moment, donc autant agiter mes petits doigts.

Mettre trois tags sur la prestation du jour... Dans le vocabulaire du scrap, un tag est une étiquette, style étiquette à bagages de "l'ancien temps", du temps d'avant le plastique, certains se souviendront... On peut les découper dans du kraft, les tamponner, les décorer, y coller des photos, c'est quasi incontournable dans le petit monde des papiers-ciseaux !
J'ai choisi les tampons "détourés" (découpés tout autour - j'arrête, vous avez sûrement votre overdose d'info !)


Partir en voyage, bien sûr, c'est aussi revenir, avec autant de plaisir qu'on en a eu à préparer le départ, c'est du moins ce que je ressens et ce que j'entends dire autour de moi. Il avait raison, Monsieur du Bellay...

Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage,
Ou comme cestuy-là qui conquit la toison,
Et puis est retourné, plein d'usage et raison,
Vivre entre ses parents le reste de son âge !

Quand reverrai-je, hélas, de mon petit village
Fumer la cheminée, et en quelle saison
Reverrai-je le clos de ma pauvre maison,
Qui m'est une province, et beaucoup davantage ?

Plus me plaît le séjour qu'ont bâti mes aïeux,
Que des palais Romains le front audacieux,
Plus que le marbre dur me plaît l'ardoise fine :

Plus mon Loire gaulois, que le Tibre latin,
Plus mon petit Liré, que le mont Palatin,
Et plus que l'air marin la doulceur angevine.

dimanche 30 juillet 2017

Quand souffler peut être jouer

Thème du nouveau challenge, un titre qui commence par "S". Plein de mots viennent à l'esprit, mais il faut faire un peu original, et surtout trouver la bonne photo... Stockée dans mon tiroir aux souvenirs, j'ai retrouvé cette suite de la plus jeune de mes petites filles concentrée sur la fabrication de bulles de savon !


Elle avait 3 ans. A l'époque, je lui avait même composé cet acrostiche :

                                                               Bouche arrondie sur
                                                               Un souffle
                                                               Lentement exhalé
                                                               Libère la bulle...
                                                               Envolée !