vendredi 17 janvier 2020

Le trio infernal

Sur le dessin proposé précédemment, j'ai bâti une nouvelle histoire.










Petite, j’entendais la voisine dire à qui se plaignait de sa maladresse : « Que voulez-vous, j’ai deux mains gauches ! » Je n’avais jamais constaté par moi-même, mais je trouvais ça très logique, moi qui ai deux mains droites… Et je compatissais.
Qui n’est pas comme nous ne peut pas comprendre. Personnellement, ce n’est pas drôle : mes mains « basiques » m’obéissent la plupart du temps, avec plus ou moins de bonheur, je dois le reconnaître, pour la gauche. Mais mon autre main non seulement me complique la vie pour m’habiller (allez trouver une chemise ou un pull à trois bras !), pour vivre en société (je ne sors que revêtue d’une cape), mais surtout parce qu’elle semble régie par mon autre moi, cette part plus sombre que chacun porte en lui, en refusant bien souvent de l’admettre.
Enfant, c’était de peu d’importance même si ce n’était pas facile, mais en grandissant ça a pris des proportions : cette deuxième droite réduit plus qu’à son tour sa jumelle au silence pour faire les choses à sa place et à sa façon, qui me convient rarement. C’est une usurpation d’identité sans violence, la plus faible n’ayant pas une amplitude de mouvements suffisante pour faire opposition. Mais ma pauvre main gauche ! Rien de ce qu’elle peut faire ne trouve grâce auprès de la dextre, qui va parfois jusqu’à essayer de l’étrangler ! La première fois que je l’ai vue faire, j’ai été attendrie en pensant qu’elle se souciait de la santé de sa compagne en prenant son pouls, mais quand j’ai vu mes doigts devenir blancs et glacés, j’ai du faire appel à toute ma volonté pour faire lâcher prise à cette enragée. Et la pauvre autre droite qui tremblait d’impuissance devant ce coup de force… Malheureusement, cette épreuve se répète, même si j’essaie d’éviter les conflits en ne donnant pas trop de tâches à senestre, mais je ne peux pas non plus tout faire avec deux seules mains droites ! Et mon horizon n’est pas près de s’éclaircir. Cette mauvaise main, « Il faudrait sur le champ que je me l’amputasse » aurait écrit Monsieur Rostand.
Ah, vraiment, tournez cent fois votre langue dans votre bouche quand vous aurez envie de dire : « Je n’ai pas quatre bras » ou « Je voudrais être Vishnou », ou n’importe laquelle des divinités poly-brachiales ! Ce n’est pas la panacée.


10 commentaires:

  1. sourire ! inconscients que nous sommes !avons nous jamais pensé à ce que serait notre vie avec quatre bras, déja avec trois tu nous montres bien combien c'est galère, alors quatre !je compatis, promis et du fond du coeur. De plus il faut nourrir cette bouche supplémentaire...pardi ce bras supllémentaire et j'ai entendu dire qu'une bouche de plus ça coute un bras ! En bref gauche ou droit apprécions ce que nous avons ! :-) bonne soirée

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    1. Le seul avantage, c'est pour ceux qui comptent sur leurs doigts ! ;) Bisous.

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  2. Et que dire de ceux qui ont une main devant et une main derrière. Bises VITA

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    1. Si le bras est livré avec, c'est bien pratique pour se gratter le dos ! Mais s'il y a un poil dedans...

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  3. Je suis de ceux qui a deux mains gauches et en plus je suis gaucher!

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    1. Mon pauvre, je te plains ! Mais on dit les gauchers plus sensibles que les autres. Ceci peut compenser cela ?

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  4. J'ai souvent rêvé avoir plusieurs mains, plusieurs bras... mais je ne m'étais jamais demandé ce qui se passerait s'ils ne s'entendaient pas.
    Je ne sais lequel de tes deux textes je préfère... les deux me plaisent beaucoup. Mais j'ai plus angoissé avec l'autre.
    Bravo pour les deux.
    Bisous et douce journée.

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    1. Tu vois, il faut beaucoup réfléchir aux conséquences de tels voeux ! Merci pour tes appréciations, j'ai le délire assez facile, attention !

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