mercredi 15 octobre 2014

Si j'étais riche Marocain

Voilà, je l'ai retrouvé, cet autre texte surgi de mon enfance... Il fallait juste prendre le temps de feuilleter cette merveilleuse (et dangereuse...) encyclopédie qu'est la toile !
Il est du (des) même(s) auteur(s) que le précédent, et il dit ce que j'aurais voulu dire à l'une de ces bêtes que je rêverais d'avoir. Comment résister à leur regard ?...



"Ane charmant, toujours déçu, toujours frappé, toujours meurtri, et pourtant si résigné, si gracieux dans son martyre !...


 ... Si j'étais riche Marocain, je vou­drais avoir un âne, mais un âne pour ne rien faire, un âne qui n'irait pas au marché, un âne qui ne tournerait pas la noria, un âne qui ne connaîtrait pas la lourdeur des couffins chargés de bois, de chaux, de légumes ou de moellons; un âne que j'aban­donnerais à son caprice, à ses plaisirs, sultan la nuit d'une belle écurie, sultan le jour d'un beau pré vert; un âne enfin pour réparer en lui tout le malheur qui pèse sur les baudets d'Islam et pour qu'on puisse dire : « II y a quelque part, au Maroc, un âne qui n'est pas malheureux...»"

 

14 commentaires:

  1. pauvres ânes qui portent bien des charges très lourdes c'est normal que parfs ils ne veulent plus avancer

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    1. Ils sont super costauds, mais quand même... J'adore ces bêtes, beaucoup moins leur braiment, dont le début m'a toujours fait penser à l'amorçage de la pompe à bras, dans le jardin de mon grand-père !!!

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  2. Je te lisais et un ancien poème me revient en mémoire...
    Je l'ai appris par coeur en classe de cinquième, là-bas, à Barcelone.

    "La tarde caía
    triste y polvorienta.

    El agua cantaba
    su copla plebeya
    en los cangilones
    de la noria lenta.

    Soñaba la mula
    ¡pobre mula vieja!,
    al compás de sombra
    que en el agua suena.

    La tarde caía
    triste y polvorienta.

    Yo no sé qué noble,
    divino poeta,
    unió a la amargura
    de la eterna rueda
    la dulce armonía
    del agua que sueña,
    y vendó tus ojos,
    ¡pobre mula vieja!...

    Mas sé que fue un noble,
    divino poeta,
    corazón maduro
    de sombra y de ciencia."

    Le poème est d'Antonio Machado... je le trouvais si triste à l'époque, et même ce poète qui bande les yeux de la mule pour qu'elle ne voie que ce qu'elle écoute, l'eau qui coule et qui pourrait être un ruisseau, une rivière, même la mer au loin... n'arrivait pas à me montrer autre chose que cette noria où l'homme avait enchaîné l'animal.

    Il y a des ânes heureux, je crois... je veux m'en persuader.
    Mais ils ne sont pas là-bas, ils sont chez nous, là où certains deviennent des animaux de compagnie.

    D'ailleurs... il pourrait y avoir un âne chez Marie.... il y a bien là-bas une mouche et une jument qui parlent. ;)

    Merci pour ce beau billet, Gabrielle. Bisous et douce soirée.

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    1. Tu sais, chez nous, tout est possible : notre région se nomme "la Côte des Légendes"... Je t'embrasse, en te remerciant pour la belle musique de ton poème.

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  3. Pauvre zânes en effet, ou tout au moins ils nous apparaissent comme tels...Mais qu'en est-il ? J'aime penser qu'ils ont aussi leur joie! Bises VITA

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    1. Ils sont un peu freinés dans leurs élans, les pattes arrières entravées ! Quel plaisir ce doit être pour eux lorsqu'ils sont débâtés...
      Autre chose : as-tu eu des problèmes pour t'inscrire à mes avis de publication ? Liza n'y arrive pas !

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  4. Et un âne qui dirait ses mémoires !

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  5. Nous les aimons, tant ! Ils le méritent et ont dans ces pays la vie dure !
    En Béarn ils sont heureux chez Xavier !

    http://marinezou.blogspot.fr/2014/04/deux-naissances-printanieres.html

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  6. Je viens d'aller faire une caresse virtuelle aux deux "ex bébés" !

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  7. ce paragraphe me rappelle les lectures de texte dans mes classes primaires avec une certaine nostalgie.Les souvenirs liés à mes instituteurs de l'époque en raison de leurs abnégation et qualités humaines me poussent à leur témoigner mon plus profond respect.

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    1. Du temps où enseigner était encore un genre de sacerdoce, au temps du respect, des dessins à la craie sur le tableau noir et des taches d'encre sur les doigts ?

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  8. Un grand merci pour m'avoir permis de retrouver ce texte qui était enfoui dans ma mémoire. Je l'avais appris à l'Ecole en algerie et je ne retrouvais pas touts les mots.
    Merci

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    1. Merci à vous d'être venu vous perdre aussi loin dans mes mots.

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